3 questions à Christophe Schranz

“Il est crucial de définir avec intelligence sa stratégie digitale et de créer les bonnes synergies entre ses actions pour créer de la valeur pour ses clients. Et ainsi espérer avoir un retour sur investissement intéressant.

– Christophe Schranz, spécialiste en marketing digital et fondateur de Hulk Agency

 


Chaque semaine, Swiss Marketing Léman interroge des experts en marketing et communication afin de prendre le pouls de cette discipline. Les réponses de ces différents spécialistes dressent le panorama concret des pratiques et outils de marketing en Suisse romande.


Selon vous, quel est l’état du marketing digital en Suisse romande? 

Il faut dire ce qui est : une grosse partie des entreprises à qui nous parlons chez Hulk Agency pensent que le marketing digital s’arrête à la refonte de leur site web et la publication d’un post par semaine sur les réseaux sociaux.

C’est loin d’être suffisant.

Bien sûr, le quotidien d’un entrepreneur est mouvementé et ses préoccupations sont souvent à 10’000 lieues du marketing digital – c’est normal.

Néanmoins, ce manque de connaissances tend de plus en plus à se répercuter sur les opportunités d’affaires de ces entreprises.

Et même si cette épidémie les a poussées à s’intéresser de plus près au marketing digital, le chemin est encore long pour arriver à un bon niveau d’appréhension.

À mon sens, la situation du COVID n’a fait que creuser le fossé déjà existant entre les 2 typologies d’entreprises que nous rencontrons au quotidien :

  • Celles qui n’y connaissent (quasiment) rien – et pour qui la refonte de site est la principale (voire seule) activité du marketing digital
  • Celles qui sont éduquées – qui connaissent des stratégies avancées comme l’Inbound Marketing ou la génération de leads, et qui ont (ou pas) de réelles compétences en interne

Mais ce n’est pas tout.

Même si de plus en plus d’entreprises comprennent l’importance du digital et tendent à l’utiliser, mon impression est qu’une problématique plus globale touche les PME de Suisse romande :

celle d’approcher le marketing digital sans vision stratégique, dans le seul but “d’être présent” ou “gagner en visibilité”.

La vérité, c’est que ce manque de sensibilité stratégique court-circuite l’implémentation d’actions de marketing digital vraiment efficaces.

À la place de chercher à créer un maximum de valeur pour leurs prospects et leurs clients, des actions hasardeuses et déconnectées sont mises en place – comme si on faisait du marketing digital pour “en faire”.

Dans les erreurs typiques que nous voyons le plus, on retrouve notamment :

  • La refonte de site web, pour qu’il soit “plus beau” – alors que le problème réside dans les fondamentaux du marketing (proposition de valeur faible, discours commercial bancal, offres peu attrayantes, etc.)
  • La publicité hasardeuse – en amenant ses visiteurs vers la page d’accueil de son site ou vers des pages qui ne sont pas à jour
  • Les posts peu (ou pas) pertinents sur les réseaux sociaux – alors que la plupart de ses prospects n’en ont strictement rien à faire

Qu’il s’agisse de marketing traditionnel ou digital, d’Outbound Marketing ou d’Inbound marketing, la fonction première de la discipline reste à mon sens de créer de la valeur pour ses clients. Et cela ne se ressent souvent pas.

En résumé, voir le marketing digital comme un gros sac à bonbons dans lequel on peut choisir ses prochaines actions selon ses envies n’apportera pas de bons résultats. Au contraire.

J’adore la citation de Zig Ziglar à ce propos (Vendeur, marketeur et auteur célèbre) : “Si vous ne visez rien, vous le toucherez à tous les coups”.

Il est crucial de définir avec intelligence sa stratégie digitale et de créer les bonnes synergies entre ses actions pour créer de la valeur pour ses clients. Et ainsi espérer avoir un retour sur investissement intéressant.

 

Pour vous, quel est le levier le plus puissant du marketing digital?

À mon sens, ce sont les données qui rendent le marketing digital aussi puissant. Pas les nouvelles approches ou techniques qui sont apparues. Je m’explique.

Avec la démocratisation d’Internet et l’arrivée de nouvelles tendances comme les réseaux sociaux, le comportement des consommateurs a drastiquement évolué (autant en B2C qu’en B2B). Cela ne fait aucun doute.

Par conséquent, les entreprises ont dû réagir pour s’adapter à ces nouveaux processus de décision d’achat. Et même si de nouvelles stratégies ont été mises au point et affinées comme l’Inbound Marketing, la discipline du marketing en soi n’a (à mon sens) pas vraiment changé.

Les mêmes fondamentaux qui étaient valables il y a 50 ans le sont toujours aujourd’hui – seules les technologies, les stratégies et les formats ont changé.

Et pour cause : le marketing est lié à l’humain – donc à la psychologie.

Vous seriez surpris de voir à quel point notre cerveau n’a pas évolué depuis que nous sommes apparus sur terre : nos réflexes et nos schémas de pensées sont exactement les mêmes qu’il y a 2000 ans.

Au fil des siècles, l’Homme est passé par de multiples révolutions comme l’imprimerie, la radio et Internet. Toutes ces innovations ont impacté la manière dont les entreprises font du marketing, c’est certain.

Mais en soi, aucune d’entre elles n’a fondamentalement transformé la discipline.

Vous pouvez prendre n’importe quelle technologie, n’importe quelle stratégie ou n’importe quel format, les mêmes concepts universels s’appliquent.

C’est un peu comme un jeu dans lequel les pions évoluent et s’adaptent au fil du temps, mais où les règles ne changent pas.

Tout cela nous amène aux données.

Et à la raison pour laquelle je pense qu’il s’agit du levier le plus puissant du marketing digital.

Comme le dit si bien Philip Kotler, auteur et marketeur de renom : “Le marketing est le travail que nous faisons avant d’avoir un produit”.

En d’autres termes, il s’agit avant tout d’avoir la meilleure connaissance possible de son marché – en définissant par exemple de bons personas. Pas d’avoir le plus joli site web, d’utiliser le nouveau format à la mode ou le dernier “hack” venu des US.

Parce que lorsqu’une entreprise connaît vraiment son marché sur le bout des doigts, c’est à ce moment-là que la magie opère :

  • Elle peut cibler ses prospects ultra-précisément en adaptant ses messages pour chaque étape du parcours client
  • Elle est capable de proposer des produits/ services qui répondent parfaitement aux besoins de ses utilisateurs
  • Elle sait comment mettre en avant ses produits/ services et de quelle manière construire ses discours commerciaux
  • Elle sait exactement comment se positionner face à sa concurrence
  • Elle peut améliorer en continu ses offres en ayant un feedback direct de son marché

Et c’est en cela que le digital est si puissant :

Les données permettent d’en savoir beaucoup plus sur ses clients cibles tout en optimisant ses actions marketing jusque dans les moindres détails.

Prenez l’exemple de l’email marketing. Entre les possibilités de segmentation et de personnalisation, vous pouvez construire une relation personnalisée avec des centaines d’abonnés en même temps – en plus de pouvoir optimiser en continu le contenu de chaque email !

Autre exemple avec les pages d’atterrissage (ou landing pages). Les données recueillies lors de tests A/B nous ont permis de décupler le taux de conversion d’une page d’atterrissage pour l’un de nos clients – le faisant passer de 7% à 18,5%!

Idem avec la publicité en ligne. Utiliser les données nous a permis de plus que doubler le taux de clics des publicités LinkedIn de l’un de nos clients – le faisant passer de 1,1% à 2,33%!

Alors qu’il faut souvent des semaines pour mesurer l’efficacité d’une campagne de marketing traditionnel (et ce n’est parfois tout simplement pas possible), le marketing digital permet de (presque) tout mesurer. De tout analyser. Et de maximiser le retour sur investissement de chaque action.

C’est en cela que les données sont si puissantes : elles offrent la possibilité de comprendre plus facilement ce qui se passe dans la tête de nos clients pour mieux les aider à résoudre leurs problèmes.

Vous connaissez probablement cette fameuse “règle” formulée par Charles Kepner : le bon produit, au bon moment, au bon endroit, à la bonne personne, au bon prix, en bonne quantité et avec la bonne information.

Et bien les données offrent la possibilité de se rapprocher plus que jamais de cet idéal.

 

Pour vous, quelle est la prochaine grande tendance à surveiller ?

Pour moi, il y en a deux : l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les activités marketing et l’utilisation croissante des données dans les processus de réflexions stratégiques des PME.

La première impactera nos activités en tant que marketeurs et la deuxième influencera la manière d’approcher la discipline.

Commençons par l’intelligence artificielle.

Ce n’est plus un secret : l’IA gagne du terrain de jour en jour.

En pleine expansion aux États-Unis, il est déjà possible de l’utiliser pour rédiger des articles de blogs, optimiser des campagnes publicitaires ou analyser des données.

Et même si certains sont sceptiques quant à la pertinence de ces technologies, je pense personnellement qu’elles transformeront le cahier des charges des marketeurs – car elles sont bien meilleures que nous pour certaines tâches.

Prenons l’exemple de l’analyse de données. Présenté devant un jeu de données plus ou moins complexe, une IA est capable d’analyser, identifier et synthétiser des informations implicites en quelques minutes – chose impossible à faire pour un humain.

Idem pour l’optimisation publicitaire : une IA peut tester des milliers de combinaisons de textes, de visuels et d’appels à l’action, analyser les données récoltées et trouver les combinaisons qui fonctionnent le mieux en un temps record. Cela prendrait des mois (voire des années) à un humain pour arriver aux mêmes résultats.

En termes économiques, cela représente un impact positif sur les dépenses marketing des entreprises : elles seront capables de définir les meilleures annonces publicitaires d’une campagne beaucoup plus rapidement. De quoi optimiser leurs budgets publicitaires à 200%.

Par conséquent, je vois les activités du marketing se diriger encore plus vers la gestion opérationnelle et les réflexions stratégiques – délaissant ainsi une grosse partie des actions “manuelles” (sans valeur ajoutée).

Conclusion : La machine bat l’homme à (presque) tous les coups. Enfin… pour les tâches mathématiques. Car pour ce qui est des concepts ancrés au plus profond de la nature humaine comme les émotions, la psychologie ou la communication, je suis convaincu que nous serons toujours meilleurs qu’elle.

Du moins, je l’espère sincèrement…

La deuxième tendance à surveiller selon moi est l’utilisation croissante des données dans les stratégies de marketing digital.

Je le disais dans la rubrique précédente, le levier le plus puissant du marketing digital est l’accès aux données (à mon sens). Mais faut-il encore savoir quelles données récolter et comment les utiliser.

Même si aujourd’hui de nombreuses entreprises sont encore à un stade “expérimental”, leur niveau de compréhension des enjeux digitaux s’améliorent de jour en jour. Et très vite, elles se rendront compte que la “data” est la clé de voûte du marketing digital.

Dès lors qu’elles commenceront à vraiment exploiter les données (comme cela s’est produit aux États-Unis), je pense que l’on verra une belle transformation du paysage économique romand – et notamment chez les PME.

 

QUESTION BONUS/ Quels outils digitaux utilisez-vous tous les jours ?

Avoir de bons outils, c’est bien. Mais c’est ce qu’on en fait qui importe vraiment.

Un petit conseil que j’aurais aimé recevoir à plusieurs reprises : ne perdez pas des heures pour choisir l’outil “parfait” ou tester toutes les possibilités. Choisissez-en un qui réponde à vos besoins. Et passez à l’action.

Voici ma boîte à outils complète :

 

 

Plus d’infos sur: hulk.agency

Propos recueillis par Raphaëlle Boissicat, présidente de Swiss Marketing Léman et fondatrice de Moderne Attraction

 

 

3 questions à Léanne Dejeu

Ce qui va particulièrement progresser, c’est l’expérience d’achat depuis les réseaux sociaux. Il sera possible d’acheter directement via les interfaces des réseaux sociaux, sans avoir besoin de quitter la plateforme.

– Léanne Dejeu, Strategic planner & Digital specialist à L’Agence Trio

 


Chaque semaine, Swiss Marketing Léman interroge des experts en marketing et communication afin de prendre le pouls de cette discipline. Les réponses de ces différents spécialistes dressent le panorama concret des pratiques et outils de marketing en Suisse romande.


Selon vous, quel est l’état du marketing digital en Suisse romande? 

Le marketing digital a énormément évolué ces deux dernières années en Suisse romande.

De plus en plus, les annonceurs prennent conscience que le digital n’est pas seulement le médium privilégié pour toucher les « jeunes ». Ils savent qu’il s’agit d’un canal indispensable pour compléter leur stratégie marketing et communicationnelle.

Évidemment cette tendance de fond a été grandement accélérée par la crise sanitaire. Les annonceurs ont déporté une partie de leurs budgets normalement alloués aux médias traditionnels pour les attribuer au digital.

Finalement, cette crise a permis de réaliser de belles réussites dans ce domaine. Nos clients nous ont fait confiance pour utiliser ces budgets intelligemment, et les ont renouvelés pour les années qui suivent.

 

Pour vous, quel est le levier le plus puissant du marketing digital?

Pour moi, le levier principal du marketing digital c’est les data. Aujourd’hui tout est data, on les utilise au quotidien quand on veut mesurer nos performances sportives grâce à notre montre connectée, regarder la qualité de l’air sur la météo de notre smartphone, analyser son poids sur notre balance connectée… Elles sont donc devenues constitutives de notre environnement alors qu’auparavant elles semblaient trop complexes et impalpables.

Désormais, grâce aux nombreuses plateformes de marketing digital, nous avons accès à des données lisibles très facilement et nous sommes capables de prendre des décisions pertinentes grâce à ces data.

Je pense que ces décisions « data driven » sont très intéressantes d’un point de vue stratégique. Elles permettent également de rassurer le client et de lui donner des recommandations très précises pour optimiser ses différentes campagnes grâce à un suivi quotidien.

C’est le côté « test and learn » qui est également très appréciable avec les données. On teste ce qui fonctionne le mieux, on ajuste et on améliore, en quelques clics !

 

Pour vous, quelle est la prochaine grande tendance à surveiller ?

Forcément si je vous dis qu’il faut regarder de près les réseaux sociaux, ça ne va pas vous étonner.

Pour moi, ce qui va particulièrement progresser, c’est l’expérience d’achat depuis les réseaux sociaux.

D’ici à quelques années (voire l’année prochaine ?), il sera possible d’acheter directement via les interfaces des réseaux sociaux, sans avoir besoin de quitter la plateforme.

Ça a été testé aux États-Unis et cela permet de réduire considérablement les frictions, c’est-à-dire d’éviter que l’expérience client soit entachée et ne conduise pas à l’achat.

Grâce à ces nouvelles expériences d’achats in-app, il sera également possible de mieux tracker les conversions et d’optimiser nos achats d’espaces publicitaires. C’est une très bonne nouvelle pour les annonceurs !

 

 

QUESTION BONUS/ Quels outils digitaux utilisez-vous tous les jours?

À l’Agence Trio, nous utilisons une multitude d’outils digitaux au quotidien pour répondre aux différents besoins de nos clients :

    • Facebook Business Manager : pour gérer les campagnes digitales sur Facebook et Instagram.
    • Canva : pour optimiser le processus créatif des posts sociaux et créer des templates qui s’alignent à l’identité de marque.
    • Google ads : pour suivre et optimiser nos campagnes search, display et Youtube ads.
    • Google data studio : pour créer des rapports dynamiques qui facilitent la lecture des KPIs à nos clients.
    • Google Analytics : pour analyser les retombées de nos actions directement sur les sites de nos clients.
    • Notion : pour organiser nos process en interne, avoir une vue d’ensemble de tous les livrables à réaliser et ainsi dérouler nos plans d’action dans le respect des délais.
    • Miro : pour créer des wireframes et monter des outils collaboratifs à remplir durant les workshops.
    • Réseaux sociaux : Facebook, Linkedin, Instagram et Twitter évidemment pour donner des nouvelles de l’agence au quotidien à notre communauté.
    • Sharepoint : pour améliorer le suivi de projet et la co-création avec nos clients
    • Alerti et Swissdox : pour la veille concurrentielle et stratégique sur nos clients ainsi que pour les revues de presse de notre département RP

 


 

Nous avons développé des formules pour aider les entreprises à peaufiner leur stratégie digitale ! À découvrir ici.

Propos recueillis par Raphaëlle Boissicat, présidente de Swiss Marketing Léman et fondatrice de Moderne Attraction

 

 

3 questions à Sacheen Sierro

 

“À mon sens, sans l’ombre d’une hésitation, les mots sont ce qui permet de faire la différence entre un contenu et un autre pour augmenter sa visibilité, et donc le développement de son entreprise.

– Sacheen Sierro, consultante marketing et fondatrice de Sémantisseo, accompagnement en référencement éditorial

 


Chaque semaine, Swiss Marketing Léman interroge des experts en marketing et communication afin de prendre le pouls de cette discipline. Les réponses de ces différents spécialistes dressent le panorama concret des pratiques et outils de marketing en Suisse romande.


Selon vous, quel est l’état du marketing digital en Suisse romande? 

Le marketing digital progresse et se développe dans notre région, indéniablement. Les entreprises ont pris conscience de l’importance de posséder une présence numérique.

Toutefois, nous pourrions aller tellement plus vite. Je constate que beaucoup d’entreprises négligent encore cette partie de leur réflexion marketing et de leur communication globale. Leurs sites internet sont peu travaillés, parfois encore anciens et lents, sans optimisation au niveau de leur SEO.

Donc largement sous-potentialisés, tandis que le secret de leur visibilité se trouve justement là. Le marketing digital pourrait leur amener un fort levier de croissance de chiffre d’affaires.

Une récente étude de l’Ifop, menée auprès de petites entreprises françaises suite à la crise sanitaire, conclut en disant que “si une petite majorité de TPE comprend l’importance que revêt le numérique, elles sont peu nombreuses à vivre le numérique comme une opportunité et à déployer de réels efforts pour se digitaliser”. Avec notamment une impression de subir la digitalisation, puisque “67% des répondants ne sont pas très enthousiastes quant à la nécessité de digitaliser leur structure”.

Bien que cette étude ait été menée sur un marché voisin, je trouve que cela sonne vrai. J’ai ainsi le sentiment que certaines de ces données pourraient être extrapolées et appliquées à notre région également.

Je ne souhaite pas généraliser bien entendu, car il existe de grandes disparités selon les domaines d’activité, la taille des entreprises et les industries concernées. Mais j’audite et décortique chaque semaine plusieurs entreprises locales, notamment leur présence digitale, où le travail d’optimisation n’a pas encore été fait. C’est ainsi que je peux affirmer que la marge de progression est énorme.

Car il ne suffit pas d’avoir un site ou de publier sur les médias sociaux pour potentialiser son marketing digital. C’est un travail qui se fait en profondeur pour que le site en question serve véritablement la croissance et le développement de l’entreprise. Qu’il génère du trafic, des visiteurs intéressés, qui aboutiront à des demandes d’offres, des commandes ou des prises de rendez-vous. La présence digitale devient alors un outil commercial et de prospection à part entière, et d’une grande puissance.

 

Pour vous, quel est le levier le plus puissant du marketing digital?

Sans aucune hésitation, les mots.

Nous parlons depuis de nombreuses années de marketing de contenu. Parmi ces contenus se trouvent notamment les contenus écrits et rédigés. Des textes de sites internet, articles, blogs, jusqu’aux fiches-produits des boutiques e-commerce ou aux descriptions des vidéos YouTube.

Le consommateur, lorsqu’il cherche de l’information, va commencer par taper une requête dans la barre de son moteur de recherche. Une association de mots qui décrit la question qu’il se pose. Horaires d’ouverture de sa boutique préférée, recherche d’un restaurant ou d’un cours de salsa, d’un ostéopathe ou d’un itinéraire. Recettes de cuisine ou remèdes de grands-mères. Nous nous adressons plusieurs fois par jour à Google et les autres moteurs de recherche pour leur poser une multitude de questions. Et ceci passe par des mots, ou par la synthèse vocale – mais qui traduit de la même manière une expression de recherche.

Cela fait 10 ans que je me penche sur les algorithmes afin de comprendre leur fonctionnement. Ce qu’ils attendent, comment ils sélectionnent les contenus qui seront proposés en priorité dans les résultats de recherche. En d’autres mots : comment prendre sa place en première page de Google, voire même avoir son article en position zéro – c’est-à-dire la vignette proposée directement par le moteur de recherche, le fameux Graal du featured snippet.

Car les chiffres sont ahurissants : le premier résultat de Google recueille à lui seul 36% des clics des internautes. Les trois premiers résultats combinés récoltent de leur côté deux tiers des clics. Et sans surprise : 90% des clics se font sur la première page. Ainsi, pour être visible et obtenir le trafic, les rendez-vous et les achats de nos prospects, le secret réside dans l’efficacité de son référencement éditorial.

Pour rapidement expliquer ce principe qui semble encore méconnu, le référencement éditorial est l’un des piliers du référencement naturel ou SEO. C’est-à-dire la manière d’attirer de manière naturelle ou organique – donc sans publicité – les internautes sur nos contenus, nos articles, les pages de notre site. Il faut pour cela répondre à de nombreux critères, parmi lesquels : 

  1. Le SEO technique, c’est-à-dire la manière dont le site est conçu. 
  2. Le contenu rédactionnel, autrement dit le travail sémantique et lexical, sa richesse, la manière dont les textes sont écrits. Cela inclut les titres, les balises, les mots-clés et leur densité. 
  3. La stratégie de netlinking, soit lorsque des sites de qualité proposent des liens, ou backlinks, vers notre site. 

Je parle donc ici du point deux, la partie écrite, le contenu. 

Mon constat est que la meilleure manière de devenir vraiment visible est de correctement travailler et enrichir ses textes écrits. Avec évidemment certaines règles à respecter et une méthodologie qui permettra au moteur de recherche concerné de bien comprendre notre texte. De quelle thématique traite-t-il, avec quelle richesse, précision, cohérence ou expertise le sujet est-il abordé ?

En d’autres termes, c’est un jeu assez fin. D’un côté nous devons rédiger des textes qui parlent de notre marque avec nos mots, notre cœur, avec de l’émotion et un bon storytelling. Et en parallèle, proposer des textes qui respectent les préceptes qui permettront à Google de bien appréhender et comprendre le texte en question.

L’objectif n’est nullement ici de se plier aux exigences des robots, en perdant son style et sa personnalité, quitte à dénaturer son contenu. Au contraire ! Ces deux éléments ne sont pas antinomiques et se complètent tout à fait. Lorsque l’on rédige, lorsque l’on raconte, il faut avant tout rester vrai, rester soi. Notre principale priorité reste et restera toujours l’internaute, le lecteur. C’est à lui que le texte s’adresse, c’est à lui qu’il doit plaire. Les entreprises pourront toujours écrire et communiquer de manière naturelle, vibrante et authentique. Mais en ajoutant quelques subtiles astuces qui sauront plaire et faciliter la compréhension pour l’algorithme. Nous cherchons à satisfaire les quelques exigences qui lui permettront simplement d’interpréter correctement et aisément les textes que nous proposons.

Et à mon sens, sans l’ombre d’une hésitation, les mots sont ainsi ce qui permet de faire la différence entre un contenu et un autre pour augmenter sa visibilité, et donc le développement de son entreprise.

Bon, évidemment, c’est devenu mon métier et ma spécialité, donc j’en parle avec beaucoup d’enthousiasme. Parce que j’y crois fermement et passionnément ! Mais si je me suis penchée dessus, c’est justement car j’ai compris qu’il y avait beaucoup de secrets à percer et une belle vitrine à offrir aux entreprises et aux marques qui veilleront à capitaliser sur leur trafic organique. Vous l’aurez compris, j’y crois davantage que la publicité payante et l’achat d’Adwords et autres mots-clés, car c’est un travail dont les résultats se remarquent immédiatement, et qui porteront leurs fruits sur le long terme également.

 

Pour vous, quelle est la prochaine grande tendance à surveiller ?

La manière dont le référencement naturel et la vidéo parviendront à se combiner et mutuellement se renforcer.

En effet, ce sont deux tendances en pleine expansion, mais elles ne se nourrissent pas encore suffisamment l’une de l’autre.

Je m’explique.

Les internautes consomment énormément et de plus en plus de contenus vidéos. Que ce soit pour s’informer, apprendre, établir leurs décisions d’achat ou dans leurs moments de loisir et de détente.

À côté de cette tendance, se trouve celle du référencement naturel qui permet aux moteurs de recherche de proposer le contenu qui répond à la demande de l’internaute.

Mais aujourd’hui, Google et les autres moteurs de recherche ne savent pas encore comprendre une vidéo, une photo ou une image sans les termes et mots qui l’expliquent et la décrivent.

Lorsque l’on sait que 20% des recherches sur Google se font à travers l’image. Et que 90% des sites que j’audite chaque semaine n’ont pas pris soin de bien décrire leurs contenus visuels et illustrés… Ce sont autant d’opportunités manquées chaque jour !

Ainsi, lorsque nous n’aurons plus besoin d’expliquer les vidéos au travers des mots, les internautes recevront encore plus de contenus pertinents pour répondre à leurs attentes.

Et en attendant, je me régale en décrivant les contenus visuels avec les bons mots pour offrir aux sites de nos clients une longueur d’avance sur les résultats de recherche. 

 

QUESTION BONUS/ Quels outils digitaux utilisez-vous tous les jours ?

Évidemment, en tant que marketeuse, je suis une grande fan d’outils pour analyser et comprendre le marché, les tendances. J’adore jongler entre graphiques et statistiques.

Et comme mon objectif principal est de développer la visibilité en ligne de mes clients, je ne quitte jamais des yeux les données de trafic de Google Analytics et de la Google Search Console.

Plus spécifiquement, depuis que je me suis spécialisée en SEO rédactionnel, j’utilise de nombreux outils dédiés au référencement naturel pour travailler les mots-clés, la richesse de contenu, comprendre les expressions de recherche et auditer la concurrence. Mes préférés au quotidien : Semrush, TextOptimizer, Ubersuggest, TextFocus, SEOMinion, Yooda. Vraiment, il y en a tellement, je jongle sans cesse de l’un à l’autre car chacun apporte un regard différent et analyse sous un autre angle. Ainsi, j’arrive à avoir beaucoup de pertinence dans mes contenus.

En termes d’outils de visibilité pour nos clients, LinkedIn et Google My Business sont mes chouchous. Simplement car je pense avoir saisi le fonctionnement de leurs algorithmes, et donc j’obtiens de jolis résultats. Je tente depuis peu de percer celui de Pinterest, et notre principal chantier au niveau du référencement reste YouTube.

Pour terminer, bien entendu WordPress et tous les plugins qui lui sont rattachés, parmi eux SEOpress, Yoast et Squirrly. Nous sommes d’ailleurs en train de démarrer le développement de notre propre outil qui se spécialise dans le référencement éditorial. Ça risque de prendre du temps, mais j’aimerais apporter des fonctionnalités spécifiquement dédiées à la partie éditoriale du SEO.

Et pour la plateforme de notre programme de formation La visibilité par les mots, j’utilise Gurucan, une plateforme en ligne qui offre une super expérience aux étudiants.

La liste est longue, oh là là. Vous aurez compris que je suis une fan inconditionnelle d’outils digitaux de tous types. Car j’ai appris au fil des ans à me fier autant à mon intuition qu’à la force de la donnée et la précision qu’apportent les outils. C’est la combinaison des deux qui améliore la qualité de mon marketing. Et comme il en sort sans cesse des nouveaux, et que je suis curieuse, je suis constamment en train de tester les derniers arrivés sur le marché. 

Pour conclure, le marketing digital a ceci de passionnant qu’il évolue et se renouvelle sans cesse, et qu’il est une source inépuisable de connaissance et d’enrichissement. Malgré mes 20 ans de métier, je continue à apprendre et à découvrir chaque jour avec toujours autant d’enthousiasme. Et je sens que ce n’est pas terminé…

 


 

Plus d’infos sur Sacheen Sierro sur son site et son profil LinkedIn ainsi que sur le site de Sémantisseo.

Propos recueillis par Raphaëlle Boissicat, présidente de Swiss Marketing Léman et fondatrice de Moderne Attraction

3 questions à Emeline Besson

“Beaucoup de marques dépensent des fortunes en acquisition sans travailler leur image de marque ni leur relation client, pourtant c’est complémentaire et absolument nécessaire si elles espèrent être prospères et pérennes.

– Emeline Besson, experte en growth marketing

 


Chaque semaine, Swiss Marketing Léman interroge des experts en marketing et communication afin de prendre le pouls de cette discipline. Les réponses de ces différents spécialistes dressent le panorama concret des pratiques et outils de marketing en Suisse romande.


Selon vous, quel est l’état du marketing digital en Suisse romande? 

Ça se met à la page suite à la pandémie !

De plus en plus de petites et moyennes entreprises qui étaient exclusivement hors ligne comprennent l’intérêt du digital et se l’approprient.

Après, globalement, le marché reste très traditionnel et frileux à tenter de nouvelles choses.

J’ai parfois du mal à convaincre que la publicité Facebook fonctionne pour le B2B ou que TikTok n’est pas un réseau uniquement pour ados. Certains préjugés ont encore la vie dure et c’est dommage car il y a une multitude d’opportunités qui ne demandent qu’à être saisies.

Mais 2020 a été une année pleine de rebondissements pour tout le monde et, petit à petit, certaines entreprises changent d’avis.

 

Pour vous, quel est le levier le plus puissant du marketing digital?

Selon moi, il faut vraiment s’attacher au parcours client dans sa globalité, notamment en utilisant le funnel AARRR: Acquisition, Activation, Rétention, Revenus, Recommandation.

Beaucoup de marques dépensent des fortunes en acquisition sans travailler le côté organique, répondre aux commentaires ou développer une vraie stratégie de rétention. Or les régies publicitaires ne sont plus un océan bleu. Une entreprise doit travailler son image de marque et sa relation client si elle veut espérer être prospère et pérenne.

Trop se focaliser sur l’acquisition revient à remplir une baignoire percée.

 

Pour vous, quelle est la prochaine grande tendance à surveiller ?

Alors la vidéo sans aucun doute, notamment avec :

  • le format de publicité Reels désormais disponible sur Facebook
  • l’annonce du CEO d’Instagram indiquant que l’algorithme de la plateforme n’allait plus privilégier les photos mais les vidéos pour faire face à la concurrence de Youtube et de Tik Tok

Je suis aussi très présente sur LinkedIn et les contenus sur l’écologie prennent de plus en plus de place. On commence à se rendre compte que s’impliquer n’est plus une option. Il y a clairement une place à prendre pour les marques qui s’emparent du sujet. Je pense aussi que les consommateurs vont devenir de plus en plus regardants sur l’engagement de chaque entreprise.

 

QUESTION BONUS/ Quels outils digitaux utilisez-vous tous les jours ?

  • Bannersnack pour créer des bannières ou simplement récupérer des icônes.
  • Miro, parfait pour les workshops ou le travail à distance. On l’utilise beaucoup chez Enigma où on peut importer directement les posts-it de notre brainstorming et les retrouver en ligne.
  • Google Data Studio pour optimiser les campagnes de performance ainsi que pour partager les résultats aux clients en direct.
  • Ausha, l’hébergeur de notre podcast Allo Fiston.

 


 

Plus d’infos sur LinkedIn ou sur le podcast Allô Fiston

Propos recueillis par Raphaëlle Boissicat, présidente de Swiss Marketing Léman et fondatrice de Moderne Attraction

 

 

3 questions à Lucien Meylan

 

“A travers la vidéo, nous pouvons intégrer toute une série de leviers émotionnels qui viennent embellir le support et augmenter la performance d’une stratégie digitale”

 

 

Lucien MeylanDirecteur de SPURRING, agence de communication

 


Chaque semaine, Swiss Marketing Léman interroge des experts en marketing et communication afin de prendre le pouls de cette discipline. Les réponses de ces différents spécialistes dressent le panorama concret des pratiques et outils de marketing en Suisse Romande.


Selon vous, quel est l’état du marketing digital en Suisse Romande?

Si on prend l’exemple des hôteliers qui est un secteur que j’affectionne particulièrement et qui illustre bien la problématique – je pense qu’il y a deux catégories en Suisse romande : ceux qui touchent les millennials avec leur marketing digital et ceux qui n’ont encore rien mis en place. Le terme « mettre en place » ne relève pas d’une simple présence sur les réseaux sociaux mais bel et bien d’une stratégie adéquate. Pourtant, tous sont conscients de l’importance et surtout de la nécessité de communiquer l’expérience de leur établissement à cette génération Y qui partage (souvent) naturellement ses aventures, ses voyages et ses découvertes. 

À mon avis, la clef est de positionner son hôtel dans une expérience globale et régionale. Depuis toujours, les offices du tourisme sont les meilleurs alliés des hôteliers mais j’ai l’impression qu’ils n’exploitent pas assez visuellement l’étendue des activités dont pourrait bénéficier un prospect. Les hôteliers sont des prescripteurs pour leurs clients et il est nécessaire aujourd’hui de plus valoriser leur expertise en communiquant de façon émotionnelle sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Instagram.

Grosso modo, il en est de même pour toutes les activités.

 

Pour vous, quel est le levier le plus puissant du marketing digital ?

Sans aucun doute, la vidéo

80 % des gens se rappellent d’une vidéo qu’ils ont regardé dans les 7 derniers jours. Désormais, la vidéo est le support de communication qui permet de passer le plus de messages en y intégrant, plus ou moins bien, une certaine émotion. En effet, selon moi, il n’est plus permis de produire une vidéo sans y intégrer un storytelling, autrement dit d’y ajouter cette notion narrative. De plus, beaucoup de gens oublient l’importance de la musique et même d’une voix-off

Pour résumer, à travers la vidéo, nous pouvons intégrer toute une série de leviers émotionnels qui viendront embellir le support et augmenter la performance d’une stratégie digitale.

 

Pour vous, quelle est la prochaine grande tendance à surveiller ?

TikTok car je pense que les entreprises suisses déjà bien implantées sur Instagram et celles qui se mettent maintenant sur TikTok vont creuser un écart encore plus grand avec leurs concurrents qui n’ont pas de stratégie sur les réseaux sociaux

Cependant, ce canal requiert plus de créativité et une volonté de toucher rapidement un public cible plus jeune. 

Je suis admiratif des marques qui mettent des choses en place à ce niveau-là.

 

Et notre question bonus: quels outils digitaux utilisez-vous tous les jours ?

Majoritairement les réseaux sociaux car ils donnent un accès direct à d’immenses ressources et permettent de communiquer sur nos activités en permanence. 

Par ailleurs, j’invite les directeurs, managers, vendeurs, commerciaux, ou même assistants de direction, à se former à LinkedIn pour bien communiquer sur leurs activités. 

Nous sommes à la recherche d’authenticité, de transparence et je souhaite que tous les professionnels en Suisse aient les ressources et les compétences pour donner du sens à leur travail et le communiquer de manière sincère et optimisée.

 

Plus d’infos sur Lucien Meylan sur son profil LinkedIn

Propos recueillis par Raphaëlle Boissicat, présidente de Swiss Marketing Léman et fondatrice de Moderne Attraction

3 questions à Blaise Reymondin

3 questions à Blaise Reymondin

 

Il manque de la créativité
mise au service de la croissance,
la mise en place de mécanismes de génération de valeur
qui utilisent intelligemment la technologie. ”

 

 

Blaise Reymondinexpert en performance marketing


Chaque semaine, Swiss Marketing Léman interroge des experts en marketing et communication afin de prendre le pouls de cette discipline. Les réponses de ces différents spécialistes dressent le panorama concret des pratiques et outils de marketing en Suisse Romande.


Selon vous, quel est l’état du marketing digital en Suisse Romande?

Le marketing digital reste très moyennement développé et adopté en Suisse romande. 

On sent que la culture du numérique a investi les entreprises et que les spécialistes en marketing ont désormais acquis le “vocabulaire de base”, mais cela reste souvent très scolaire avec des intégrations souvent fragmentaires.

On utilise certaines tactiques, ou certains outils, trop souvent par effet de mode ou parce qu’on n’en connaît pas d’autres… On reste trop souvent dans la communication pour “communiquer”, sans réel objectif business.

Il manque de la créativité mise au service de la croissance, la mise en place de mécanismes de génération de valeur qui utilisent intelligemment la technologie. 

 

Pour vous, quel est le levier le plus puissant du marketing digital?

La génération de données que permet le numérique, afin de valider des modèles, des hypothèses, et de pouvoir les faire évoluer, de porter des expérimentations à large échelle après avoir validé le succès sur un échantillon représentatif.

 

Quels outils digitaux utilisez-vous tous les jours?

La suite Google Marketing (Google Ads, Analytics, Tag Manager) et Unbounce pour créer des pages à haute efficacité de conversion.

Les outils sont dans tous les cas un moyen et pas une finalité. Ce ne sont pas les outils qui feront à eux seuls une stratégie d’acquisition de clientèle.

 

Plus d’infos sur : www.blaisebruno.com

Propos recueillis par Raphaëlle Boissicat, présidente de Swiss Marketing Léman et fondatrice de Moderne Attraction