Vous voulez savoir ce que veut votre client? Eh bien, demandez-le-lui!

L’expérience client est aujourd’hui au cœur de toute stratégie commerciale. Connaître les besoins et les souhaits des clients est devenu incontournable. Le point avec Marc-André Müller, directeur adjoint au Groupe Mutuel. 

Les relations commerciales se nourrissent aujourd’hui essentiellement de deux sources: celle de l’accent mis sur la standardisation pour accroître l’efficience et celle de la personnalisation pour vivre l’expérience client.

Groupe Mutuel: Standardiser et personnaliser, deux injonctions contradictoires?

Marc-André Müller: De prime abord peut-être, mais il s’agit justement de les concilier pour simplifier, jour après jour, la vie du client. Qui ne s’est pas une fois retrouvé devant une page blanche pour imaginer, à la place du client, son besoin et en y apportant «sa» réponse?  Mais l’essentiel est de comprendre ses réels besoins. Une technique, pour ce faire, est très utile, c’est celle des sondages, aussi directs et pratiques que possible.

En matière d’assurance entreprise, on parle aujourd’hui d’«Onboarding». De quoi s’agit-il?

L’«Onboarding», c’est le moment du début du partenariat, quand il s’agit d’accueillir dans les meilleures conditions chaque nouveau client, en s’adaptant à lui, et d’accompagner ses premiers pas dans ses relations avec l’assureur.

Le dialogue se poursuit, au fur et à mesure des différentes étapes…

Il y a par exemple la phase où l’assureur entend des personnes en incapacité de travail, pour leur demander ce qu’elles attendent de l’assureur en termes d’informations et de soutien dans le cadre de leur parcours de guérison et en vue de la reprise du travail.

Être proche du client et l’écouter, c’est l’essentiel…

C’est le début de tout. Ecouter les clients, collecter leurs avis et leurs conseils, sont des actions non seulement utiles, mais aussi indispensables. Les résultats des mesures prises peuvent ensuite être jaugés à l’aide d’indicateurs pertinents comme le «Net Promoter Score» (NPS) ou le «Customer satisfaction» (CSAT).

Seule l’excellence est assez bonne, dites-vous…

L’excellence n’est jamais acquise, elle s’acquiert sans cesse et je dis qu’en effet il faut y tendre en permanence. L’assureur se veut être un partenaire de référence tout au long de la vie du client, qu’il soit un individu ou une entreprise. Au Groupe Mutuel nous avons décidé de nous consacrer pleinement à l’humain pour répondre à tous ses besoins et attentes en matière d’assurance de personnes, tant dans la santé qu’en prévoyance.

L’expérience client a été parfois mise à rude épreuve lors de la pandémie

La pandémie a engendré un nombre important d’annonces de sinistres. Mais ici, au Groupe Mutuel, cette situation inédite nous a permis – paradoxalement – de nous rapprocher de nos clients et partenaires et de dialoguer encore plus étroitement avec eux. On ne le répétera jamais assez: c’est une chance et un privilège que le client prenne le temps d’écrire à son assureur pour lui faire part de son sentiment, de lui dire aussi ce qui ne lui convient pas. Ainsi, celui-ci est en mesure de s’améliorer.

L’un ou l’autre conseil pour conclure?

Profitez de rencontrer votre client, de revoir son visage, son sourire et ses expressions. Prenez le temps d’écouter et de comprendre ses paroles et parfois aussi ses silences. Le partage sera toujours au rendez-vous. Nos clients doivent pouvoir se consacrer pleinement à leur cœur de métier et à leurs activités essentielles. Pour eux, comme le dit notre dernier slogan de campagne, la vraie vie, c’est… pouvoir se consacrer à son entreprise!

 

L’expert de ce blog – Marc-André Müller

Directeur adjoint au Groupe Mutuel, Marc-André Müller est expert diplômé en assurance-maladie. Il a complété son cursus par une formation en économie et administration de la santé auprès de l’Université de Lausanne. Il a rejoint le Groupe Mutuel il y a plus de vingt ans en exerçant différentes fonctions. Il assure aujourd’hui le bien-être des clients stratégiques. Il est également responsable du centre de services de Lausanne, fort de quelque 350 collaboratrices et collaborateurs. Il a été actif dans différentes commissions techniques de l’association suisse des assurances ASA et siège au conseil de fondation de la caisse supplétive LAA.

Prendre un congé non payé tout en restant bien couvert

Faire le tour du monde? Réaliser un vieux rêve? Ou tout simplement prendre du temps pour soi? C’est possible, grâce au congé non payé. Mais en matière d’assurances et de prévoyance, le congé non payé obéit à des règles bien précises. Tour d’horizon.

Vous avez envie de parcourir le globe ? De réaliser un projet personnel? De vous livrer à l’une de vos passions? Pour cela, le congé non payé est une intéressante possibilité offerte à celles et ceux qui entendent sortir – pour un temps – de leur quotidien et se lancer à la poursuite de leurs rêves. Pour autant bien sûr que l’employeur soit d’accord.

Simon, 42 ans, graphiste dans une agence de publicité à Genève, marié, sans enfants, a beaucoup travaillé depuis ses débuts dans la profession. Cette fois c’est décidé, il va partir avec sa femme pour un long voyage autour du monde, jusqu’en Amérique, en Afrique, en Asie et en Australie.

Par chance, son employeur est d’accord de lui accorder un congé non payé de six mois. Et puisque durant cette pause exceptionnelle, Simon et sa femme ne seront pas à l’abri d’un accident, la préparation de ce congé inclura bien entendu la gestion des assurances.

Car si partir c’est bien, partir couvert, c’est encore mieux.

Assurance complémentaire pour les voyages à l’étranger

En règle générale, le risque maladie est couvert par l’assurance obligatoire des soins (LAMal). Mais un séjour dans des pays lointains peut être source de lacunes de couverture.

Dès lors, il est recommandé de conclure une assurance complémentaire pour les voyages à l’étranger. Simon peut le faire directement auprès de sa caisse-maladie. Cette assurance offre une couverture optimale pour des voyages dans les pays où les prestations médicales sont très onéreuses comparées à la Suisse, comme aux Etats-Unis par exemple.

Assurance accident par convention

L’assurance accidents obligatoire (LAA) dont bénéficie Simon par le biais de son employeur s’éteint 31 jours après le dernier jour de travail ou le dernier versement du salaire. Pour prolonger cette protection, il peut soit conclure, auprès de l’assurance accidents de son dernier employeur, une assurance par convention pour une durée maximale de six mois, soit réactiver le risque accident suspendus dans son assurance obligatoire des soins.

Simon se voit recommander le premier cas qui permet de couvrir, en plus des prestations médicales, les prestations en espèces telles que l’indemnité journalière accident ainsi qu’une rente régulière en cas d’invalidité par exemple.

Indemnités journalières en cas de maladie

La pause professionnelle de Simon durant plus d’un mois, il doit aussi réfléchir aux indemnités journalières en cas de maladie et à la prévoyance.

Car si comme Simon vous prenez un congé non payé, votre droit au maintien du paiement du salaire ou à des indemnités journalières en cas de maladie s’éteint. Cependant, si votre employeur a une assurance indemnité journalière maladie, la couverture d’assurance peut aussi être maintenue pendant le congé non payé, selon les conditions du prestataire qui la propose.

Prévoyance professionnelle

En fonction des besoins, de la situation financière et de la caisse de pension, différentes solutions s’offrent aux assurés LPP pour leur éviter de mauvaises surprises dont des lacunes de cotisation qui poseraient problème par la suite.

Si le voyage de Simon durait moins d’un mois, il n’aurait pas d’autre question à se poser: il resterait légalement entièrement assuré contre les risques de vieillesse, d’invalidité et de décès consécutifs à une maladie ou un accident. Simon reste soumis à la Loi fédérale sur la prévoyance professionnelle vieillesse, survivants et invalidité (LPP) après ce premier mois, mais les prestations d’assurance seront réduites. Les caisses de pension sont très peu nombreuses à accorder le maintien de la couverture de prévoyance pendant un congé de longue durée.

Que se passerait-il si Simon tombait subitement gravement malade pendant son congé? Et quelles sont les conséquences de son congé sur sa future rente de vieillesse?

Plusieurs possibilités s’offrent à Simon en fonction de la caisse de pension. Les variantes les plus courantes sont les suivantes:

  1. Simon peut rester assuré sans changement et continuer d’accroître son épargne pour la vieillesse, qui servira plus tard à financer sa rente ;
  2. Il peut interrompre le processus d’épargne pendant son absence tout en maintenant les versements réguliers pour les risques de décès et d’invalidité. De cette manière, il percevrait quand même des prestations en cas d’invalidité et ses survivants seraient protégés ;
  3. Simon renonce entièrement à la couverture d’assurance réglementaire et aux versements de prévoyance réguliers mais reste dans le groupe des assurés pendant son congé, ce qui lui permet de poursuivre son assurance LPP sans formalité après son congé.

Entièrement assuré dans la prévoyance professionnelle pendant le congé

Simon opte pour la première variante et reste donc complètement assuré dans la prévoyance professionnelle et serait entièrement couvert en cas d’invalidité pendant son congé. Ses éventuels survivants seraient alors également couverts. Avec cette variante, le graphiste a la garantie de se constituer un avoir de vieillesse sans changement.

 

L’expert de ce blog – Florian Theytaz

Directeur adjoint au Groupe Mutuel, Florian Theytaz est responsable de la gestion clientèle & underwriting pour les Clients Entreprise. Il a travaillé à Zurich de 1993 à 2000 dans le domaine de  la LPP, avant de rejoindre le Groupe Mutuel et d’y être actif également dans le domaine de la prévoyance. De 2017 à 2018, il est responsable du département Vie, avant d’assumer ses fonctions actuelles. Florian Theytaz est titulaire d’un brevet fédéral de spécialiste de la prévoyance en faveur du personnel et d’un brevet fédéral de spécialiste en assurances sociales.

 

 

Des opportunités se dessinent (2/2)

Quelle synthèse tirer de l’évolution financière et des placements en 2021? Et qu’attendre de 2022? Après un premier bilan de l’année 2021, Gérald Mayoraz, directeur de Groupe Mutuel Asset Management, se tourne vers l’avenir et évoque les coûts de «verdissement» de l’économie, l’évolution des taux et les opportunités qui se dessinent.

 

S’agissant de l’économie, vous dites que son «verdissement» aura un coût…

Un exemple très frappant nous vient de Chine. Ce pays a défini un plan de désinvestissement des énergies fossiles et d’amélioration des infrastructures spectaculaire. Avec des investissements à hauteur de USD 266 milliards dédiés uniquement à la transition énergétique en 2021, le gouvernement chinois avance à pas de géant, il annonce ce qu’il fait et fait ce qu’il annonce. Cela va modifier considérablement l’impact de la Chine sur l’environnement. Une transformation du mix énergétique des matières fossiles vers une électrification  «verte» de la société, va certes coûter en termes de matières premières, de développement technologique et de transformation de l’habitat mais les entreprises polluantes vont disparaître petit à petit. La Chine se projette aujourd’hui jusqu’en 2060, avec un calendrier précis. Elle estime que le pic de pollution sera atteint entre 2027 et 2030 et que ce n’est qu’après qu’elle pourra enregistrer une baisse d’émissions de CO2 très rapide. L’Europe n’est pas à la traîne non plus sur ce plan, ce sont plutôt les Etats-Unis qui ont encore un temps de retard.

 

Que peut faire la Suisse, la minuscule Suisse, qui se positionne souvent en bonne élève?

La Suisse est en effet une bonne élève, que ce soit en termes de projets d’infrastructure et de transformation des bâtiments, ou en termes de consommation d’énergie. L’amélioration de l’approche climatique en Suisse est plutôt basé sur le comportement du consommateur. Le dernier volet de la transformation énergétique et de l’amélioration climatique, c’est l’action du consommateur, qui doit se rendre compte de ce qu’il fait ou ne fait pas en faveur du climat.

 

Sommes-nous au début d’une nouvelle ère, avec une hausse des taux d’intérêt inévitable?

Je n’exclus pas que l’on connaisse la fin de plus de 30 ans de taux orientés à la baisse,  et que nous nous retrouvions dans un environnement où les taux d’intérêt seraient plus élevés. A nouveau, il faut porter un regard attentif sur la Chine, l’indice des prix à la production de ce pays  donnant la tendance de l’indice des prix à la consommation dans les pays développés. Ce n’est pas un problème en soi, si cette hausse s’effectue de manière coordonnée, sans choc d’inflation et baisse importante du pouvoir d’achat.

 

Or il est très important que ce pouvoir d’achat soit maintenu et que la consommation soit soutenue…

Tout le défi étant de savoir comment nous allons consommer (réd. sourires). Mais nous n’en sommes pas encore là.

 

A quoi êtes-vous attentif aujourd’hui en particulier en matière de placements? Sur quoi misez-vous?

Dans le cas d’une augmentation des taux, nous aurons la problématique de la valorisation des entreprises à «duration longue» – comme les plateformes internet ou de paiement, les entreprises technologiques, dont les résultats futurs sont potentiellement lointains et escomptés à un taux d’intérêt très bas.

Lorsque les taux augmentent, la valorisation de ces entreprises baisse. Le deuxième point d’attention concerne la désaffection des investisseurs par rapport à des entreprises qui ne font pas l’effort d’adapter leurs business modèles aux exigences climatiques.. Je ne parle pas ici seulement d’une approche ESG mais bien aussi du risque de rester engagé dans des types d’entreprises qui ne veulent pas s’adapter ou qui ne le peuvent pas.

 

Et les opportunités?

Elles sont bel et bien là, dans le contexte de la transformation du mix énergétique, de l’amélioration des infrastructures et de l’électrification de l’économie.

 

Des raisons donc d’être plutôt confiant?

Tout à fait. Les possibilités de générer du rendement sont encore existantes, mais sans doute pas de manière aussi spectaculaire qu’en 2020 ou 2021. Il faudra simplement que l’adaptation du marché à la baisse du bilan des banques centrales et la hausse des taux d’intérêt à court terme soient menées de manière coordonnée.

 

Au Groupe Mutuel, le bilan financier et des placements en 2021 est-il satisfaisant?

Oui. Il s’élève à un peu plus de 4% pour les assureurs maladie, qui mènent une politique de placement très prudente et défensive, régie par l’ordonnance sur les assureurs-maladie et à environ 7% pour le secteur de la Prévoyance et des assurances complémentaires.

 

Le mot de la fin?

L’année 2022 sera sans doute un peu plus chaotique que 2021. Sur un horizon à plus long terme, la tendance lourde d’une adaptation des instruments d’investissement dirigés vers la transformation du mix énergétique à travers le monde permettra de mener des politiques plus favorables en termes de climat et sera probablement source de rendement.

 

L’expert de ce blog – Gérald Mayoraz

Après avoir travaillé à Genève, Zurich et Toronto dans le domaine bancaire de l’asset management, Gérald Mayoraz est revenu dans son Valais natal. Titulaire d’un diplôme fédéral d’analyste financier et de gestionnaire de fortune, il est actuellement CEO de Groupe Mutuel Asset Management SA, société dédiée à la gestion de fortune des entreprises du Groupe Mutuel. A ce titre, il conduit le département de gestion des capitaux de l’entreprise.

Une année 2021 de disruption (1/2)

Quelle synthèse tirer de l’évolution financière et des placements en 2021? Et qu’attendre de 2022? Les grandes tendances de l’économie vues par Gérald Mayoraz, directeur de Groupe Mutuel Asset Management SA. Première partie aujourd’hui, avec la disruption des chaînes d’approvisionnement et de distribution, une inflation forte et la résilience de l’économie suisse. Et seconde partie dans trois jours, avec un regard tourné vers l’avenir, les coûts de «verdissement» de l’économie, l’évolution des taux et les opportunités à venir.

2021 a vu les vagues de Covid se succéder. Comment décrire les grandes scansions et tendances de l’année écoulée?

Nous pouvons parler ici de l’impact que ces différentes vagues ont eu sur le système économique en général. Une des grandes nouveautés de 2021 aura été la disruption des chaînes d’approvisionnement et de distribution, dont l’effet sur l’économie en général a été spectaculaire. Une disruption qui a vu les matières premières et les produits finis – des semi-conducteurs aux métaux – devenir de plus en plus difficiles d’accès.

 

Cela s’est en particulier ressenti dans la seconde partie de l’année chez le consommateur lui-même…

Le consommateur a souvent dû attendre pour acheter sa voiture, son canapé ou construire ou rénover sa maison. L’impact de cette disruption, qui d’ailleurs dure encore, s’est traduit par une augmentation des prix. Une augmentation qui n’a pas été enregistrée seulement du côté de l’énergie – le pétrole et le charbon ayant beaucoup progressé en 2021 – mais aussi dans les biens de première nécessité, comme le café, le jus d’orange, le bois, le loyer, le prix des maisons, si bien qu’on aura observé dans la deuxième partie de 2021 une forte accélération de l’inflation – qui s’est élevée à quelque 7% aux Etats-Unis pour l’année 2021 (y compris énergie et transport).

Une situation qui pourrait devenir problématique?

Je dirais plutôt une situation qui peut être contenue si elle reste temporaire. On peut noter dans ce contexte qu’en 2021, les banques centrales américaine et européenne ont délivré un message selon lequel cette inflation serait justement temporaire et que nous allions bientôt revenir à des niveaux sensiblement plus bas. Or pour le moment ce n’est pas le cas. La réaction du consommateur, elle, aura été assez prompte. Aux Etats-Unis, on enregistre par exemple un nombre de grèves déclenchées en vue d’une augmentation des salaires qui n’avait plus été atteint depuis plus de quarante ans. Les salaires ont effectivement commencé à croître à partir de la mi-2021, ce qui bien entendu a compliqué la situation des entreprises, qui d’un côté ont vu les matières premières se renchérir et de l’autre les charges salariales augmenter.

 

Une spirale inquiétante?

Potentiellement oui, et qui inquiète en effet les banques centrales. A la fin janvier 2022, la Banque Fédérale américaine a ainsi  annoncé qu’elle allait augmenter les taux d’intérêt et diminuer ses rachats d’actifs, c’est-à-dire cesser d’injecter de la liquidité dans les marchés. Cette situation peut ouvrir un nouveau contexte dans lequel la bonne performance boursière de l’année 2021 pourrait ne pas se répéter en 2022.

 

La situation des entreprises européennes est-elle  comparable à celle des entreprises américaines?

Nous sommes un peu décalés, toutefois le taux d’inflation en Allemagne s’élève à 5%, un taux que nous n’avions plus connu depuis des décennies. L’écart du taux d’inflation entre les pays européens et la Suisse – ou l’inflation de base se situe à environ 1% – a eu pour conséquence un renforcement du franc suisse, l’euro se retrouvant à 1,03 environ.

La Suisse s’en sort donc plutôt bien…

Effectivement. En 2020 et 2021 nous avons eu la preuve d’une économie suisse très résiliente. Les entreprises ont bénéficié des RHT, ce qui a été une excellente décision et ont pu se repositionner sur les marchés internationaux par le fait de la qualité de leurs produits et leur admirable capacité d’adaptation, malgré un renforcement du franc suisse et des taux d’intérêt à la hausse – ce qui ne s’était plus vu depuis 2018 environ.

 

Et pour la suite?

Plus tôt les restrictions imposées hors de Suisse en rapport avec le Covid seront levées, plus rapidement les chaînes d’approvisionnement et de distribution recommenceront à fonctionner de manière satisfaisante. Ce relâchement des restrictions devrait éviter le risque de spirale inflationniste, véritable cauchemar des banques centrales.

 

On note qu’un autre élément contribue lui aussi à l’inflation, ce sont les investissements selon les critères ESG…

Tant aux Etats-Unis qu’en Europe des montants gigantesques ont été validés par les différents parlements et sont maintenant à disposition pour « verdir » l’économie. Ce phénomène provoque également une demande de matières premières nécessaires à l’amélioration des infrastructures et pousse l’inflation à la hausse. Cet effort d’amélioration des infrastructures avec un impact climatique et social est toutefois nécessaire

 

Quand vous parlez d’impact social, c’est quoi?

L’impact social concerne l’accès à l’éducation, la financiarisation des petites entreprises dans les pays émergents, le développement des transports publics, l’accès facilité aux soins, toutes choses qui amélioreront le bien-être de la population.

 

Retrouvez la suite de cette interview le 18 mars 2022. 

 

L’expert de ce blog – Gérald Mayoraz

Après avoir travaillé à Genève, Zurich et Toronto dans le domaine bancaire de l’asset management, Gérald Mayoraz est revenu dans son Valais natal. Titulaire d’un diplôme fédéral d’analyste financier et de gestionnaire de fortune, il est actuellement CEO de Groupe Mutuel Asset Management SA, société dédiée à la gestion de fortune des entreprises du Groupe Mutuel. A ce titre, il conduit le département de gestion des capitaux de l’entreprise.

La digitalisation, c’est bien. L’humain aussi

La digitalisation gagne et s’étend aujourd’hui à des secteurs de plus en plus nombreux de nos activités, tant au niveau de nos vies professionnelles que de nos vies privées. Mais le facteur humain, quant à lui, reste essentiel. C’est notre conviction au Groupe Mutuel.

A l’instar de toutes les entreprises, et au Groupe Mutuel aussi, les programmes de digitalisation sont au centre des projets prioritaires développés au sein des équipes de développements informatiques.

Des réflexions au long cours, beaucoup de brainstormings et d’intenses séances font converger les besoins sur une thématique identique: Digitaliser! Digitaliser!

Cela parce qu’aujourd’hui, il est bien évidemment nécessaire, voir capital, d’être en mesure d’automatiser un maximum de tâches et de profiter de nouvelles opportunités que nous offre l’intelligence artificielle, notamment pour faciliter, accélérer et parfaire les travaux répétitifs et sans valeur ajoutée.

Ainsi, aujourd’hui, effectuer une annonce de sinistre, transmettre de manière sécurisée des reportings, enregistrer de nouveaux assurés ou transmettre des données constituent des tâches qui ne nécessitent plus forcément une intervention humaine.

Sécurité maximale

Et il va de soi que l’ensemble des processus digitalisés doivent être entièrement sécurisés et cryptés pour certaines données sensibles comme la transmission des données salariales.

Mais dans ce contexte de services rendus par la digitalisation, il convient de rappeler que tout ce qui relève du conseil au client ou à l’assuré ne peut être effectué par un robot ou une machine.

Car une réalité demeure: quand nous demandons à nos clients, respectivement à nos partenaires, ce qui compte le plus pour eux, c’est bien le contact humain, le conseil personnalisé, qui reviennent le plus souvent!

Certes les assurés et partenaires demandent de pouvoir bénéficier d’outils permettant des transmissions et dialogues aussi pratiques et efficients que possible. Mais ils nous rappellent tous leur besoin de rencontres réelles et d’échanges en live avec des personnes physiques.

L’humain est essentiel

Si la machine et le numérique sont en mesure de rendre des services et de faciliter des interactions, ils ne sauraient remplacer l’humain.

Le marché, en effet, a besoin de réel. Les regards, les échanges francs et sincères en présentiel, la tonalité des voix constituent encore et toujours la clé du succès dans le commerce.

C’est pourquoi, au Groupe Mutuel, nous avons choisi de développer nos outils informatiques et numériques tout en valorisant et mettant l’accent sur les contacts humains. Cette voie, j’en suis convaincu, est celle qui nous rapprochera encore plus de nos assurés et de notre clientèle.

 

L’expert de ce blog – Pascal Collaud

Pascal Collaud est Head Relationship Manager pour les assurances Entreprise au Groupe Mutuel depuis le 1er avril 2020. Il a assumé la direction commerciale suisse du réseau de vente du Groupe Mutuel pendant plusieurs années. Il concentre son activité actuelle dans le domaine des assurances Entreprises où il est en charge de la relation avec les partenaires courtiers et les principaux clients. C’est le conseil aux entreprises et l’échange avec les courtiers qui le passionne et auquel il consacre la majeure partie de son activité professionnelle.

 

Congé parental: les pères ont le vent en poupe

La récente modification de la loi fédérale sur les allocations pour perte de gain (LAPG) offre aux papas l’occasion de vivre au mieux et au plus près cette période si particulière de la vie. A l’heure où le rôle des pères est reconnu et valorisé, tour d’horizon des nouveautés proposées par le Groupe Mutuel pour ces mêmes papas, en compagnie de Florian Theytaz, directeur adjoint et responsable de la gestion clientèle & underwriting pour les clients Entreprise. 

Groupe Mutuel: Florian Theytaz, qui dit modification, dit adaptation: le rôle des pères, comme celui des mères, évolue et s’adapte aux temps eux-mêmes changeants. Dernier événement en date à l’échelle suisse, le 27 septembre 2020, le peuple helvétique approuvait à 60,3% à un congé paternité payé de 2 semaines. Il est vrai qu’une naissance, pour un papa aussi, constitue un événement exceptionnel.

Florian Theytaz: L’attente aura été longue en effet: 9 mois, avant que le bébé tant attendu soit enfin là! L’arrivée d’un enfant forme bien entendu un événement émotionnellement très puissant, mais recèle en lui quelques appréhensions. Aussi magnifiquement heureuse que soit une naissance, celle-ci redistribue en quelque sorte les cartes dans le quotidien des parents.

Aussi pour les papas?

Mais bien sûr! Chacun doit désormais trouver sa place et s’adapter à ce nouveau mode de vie. Les papas aussi. Pour ceux-ci, les quelques jours de répit introduits par la loi pour retrouver ses marques dans une nouvelle constellation ne sont pas de trop.

Les mères activent professionnellement sont au bénéfice d’un congé maternité payé de 14 semaines. Les pères, eux, étaient jusqu’ici un peu les laissés-pour-compte.

Pourquoi les papas ne mouilleraient-ils pas leur chemise eux aussi et ne goûteraient-ils pas également aux délices des premières nuits blanches, biberons et couches? Plus sérieusement, si vous venez d’entrer dans le monde merveilleux de la parentalité, ou que vous êtes sur le point d’y entrer, et que vous soyez employeurs ou employés, il vaut la peine de considérer l’ensemble des prestations aujourd’hui disponibles en la matière.

Du nouveau est à signaler pour les pères aussi…

Depuis le 1er janvier 2021 donc, la loi fédérale sur les allocations pour perte de gain prévoit un congé paternité de 14 jours, à prendre en bloc ou en journées isolées dans les 6 mois suivant la naissance de l’enfant, et payé à hauteur de 80% du salaire, cela jusqu’à un maximum de 196 francs par jour. Le Groupe Mutuel propose quant à lui aux entreprises une couverture supplémentaire pour leurs employés, de manière à ce que ceux-ci soient en mesure de profiter de leurs premiers instants de paternité dans les meilleures conditions. Effectif dès le 1er janvier 2022, ce complément prévoit jusqu’à deux semaines supplémentaires de congé et couvre jusqu’à 100% du salaire AVS.

Les mamans, elles aussi bien sûr, sont également couvertes.

Pour les mamans, depuis 2005, la LAPG prévoit 98 jours de congé maternité dès la naissance de l’enfant, un congé couvert à hauteur de 80 % du salaire, et cela jusqu’à un maximum de 196 francs par jour. Or toute entreprise assurée au Groupe Mutuel peut compléter cette couverture en faisant bénéficier ses employées de 6 semaines de congé supplémentaires payées jusqu’à 100% du revenu et sur le salaire AVS.

Il y a aussi du nouveau sur d’autres fronts…

En effet. Depuis le 1er juillet 2021, la LAPG comble une lacune dans le système d’assurance suisse en introduisant une nouvelle prestation. Cette dernière prévoit une allocation pour les parents prenant en charge un enfant gravement atteint dans sa santé en raison d’une maladie ou d’un accident. Cette modification prévoit 98 jours à prendre sur une période de 18 mois et couvre jusqu’à 80% du revenu, cela à un maximum de 196 francs par jour.
Dans ce contexte, le Groupe Mutuel propose une prestation inédite et gratuite, incluse dans la couverture indemnité journalière collective en cas de maladie. Cette nouveauté complète les prestations versées par la LAPG, durant la période de 98 jours, jusqu’à concurrence de la couverture maladie souscrite, soit potentiellement jusqu’à 100% du revenu (salaire AVS).

Enfin, rappelons que certains cantons prévoient un congé en cas d’adoption, c’est exact?

Oui. Dès le 1er janvier 2022, si vous avez souscrit aux compléments maternité/paternité dans votre couverture indemnité journalière collective, le Groupe Mutuel complètera de la même façon les prestations en cas d’adoption. Toutes ces nouvelles prestations mises en place par nos soins doivent permettre à vos employées et employés de vivre plus sereinement ces périodes à la fois merveilleuses et exigeantes de leur vie de famille.

 

L’expert de ce blog – Florian Theytaz

Directeur adjoint au Groupe Mutuel, Florian Theytaz est responsable de la gestion clientèle & underwriting pour les Clients Entreprise. Il a travaillé à Zurich de 1993 à 2000 dans le domaine de  la LPP, avant de rejoindre le Groupe Mutuel et d’y être actif également dans le domaine de la prévoyance. De 2017 à 2018, il est responsable du département Vie, avant d’assumer ses fonctions actuelles. Florian Theytaz est titulaire d’un Brevet Fédéral de Spécialiste de la prévoyance en faveur du personnel et d’un Brevet Fédéral de spécialiste en assurances sociales. Il est également chargé de cours dans le cadre des formations menant aux examens du Brevet Fédéral de spécialiste en assurances sociales.

Concilier travail et maternité

Depuis sept ans, le Groupe Mutuel propose aux employées enceintes d’être accompagnées par deux infirmières sages-femmes qui assurent le soutien et le suivi de leur grossesse, directement sur leur lieu de travail. Explications.

Tout d’abord, précisons que la loi veille à ce que les PME aménagent des conditions de travail pour les femmes enceintes de façon à protéger leur santé comme celle de l’enfant à venir. À ce titre, les assureurs ont un rôle actif à jouer en accompagnant non seulement les employées mais aussi les entreprises ainsi que le milieu médical.

Pendant une grossesse, la survenue de complications limitant le travail ou incompatibles avec sa poursuite n’est pas rare. Cette situation peut avoir un coût élevé pour les PME. Dans de tels cas, une assurance d’indemnités journalières couvre le risque et protège l’entreprise des dommages financiers en assurant le paiement des salaires.

Autre possibilité: une entreprise assurée au Groupe Mutuel peut faire appel à nos deux infirmières sages-femmes et qui interviennent en tant que Case Manager pour conseiller les employées enceintes. En cas de problèmes de santé au travail, la sage-femme peut intervenir en temps voulu et mettre en place des aménagements. Elle connaît également les droits et devoirs des femmes enceintes et les conseille en termes d’alimentation, de détente et de repos, ainsi que sur toute autre question en lien avec la grossesse.

Un congé maternité ne devrait pas poser problème à une entreprise

Un des moments clés du processus intervient à l’annonce par l’employée de son statut de femme enceinte et de l’accueil par le ou la manager de cet heureux événement. Dans ce contexte, le Groupe Mutuel a mis en place un guide à l’usage des femmes enceintes et des managers et forme également les équipes en ce sens.

Et quand une  entreprise respecte les femmes et accueille leurs grossesses avec toute la bienveillance qu’il convient, elle en retire de nombreux bénéfices. L’entreprise devient plus attractive sur le marché, elle a donc de meilleures chances de recruter des employées qualifiées. En se montrant compréhensive vis-à-vis des futures mères et en les protégeant au-delà de ses obligations légales, l’entreprise augmente également la loyauté de l’ensemble de ses collaborateurs et collaboratrices.

Favoriser le retour au travail

Les précisions de Nicole Stadtmann, Case Manager sage-femme du Groupe Mutuel.

Combien de femmes conseillez-vous aujourd’hui?

Chaque année, j’accompagne environ 300 femmes. Ce qui se traduit dans la plupart des cas par une rencontre avec la femme enceinte à son domicile ou, encore mieux, sur son lieu de travail. De cette façon, nous pouvons conseiller l’employeur et la femme enceinte, de manière à ce que le poste de travail soit adapté selon la loi en vigueur en Suisse. Puis je reste à disposition pour la suite.

Les employeurs souhaitent garder les femmes enceintes en poste le plus longtemps possible. En tant que sage-femme et spécialiste de la santé, comment gérez-vous ce défi?

Pour moi, il est essentiel de veiller au bon déroulement de la grossesse et au bien-être de l’enfant à venir afin que la future mère se sente bien. L’objectif est que la femme enceinte conserve son emploi et l’employeur sa collaboratrice. Souvent, les femmes me confient qu’elles ont été contentes de pouvoir continuer à travailler pendant leur grossesse, se sentant parfois isolées la maison.

L’exemple de Fabienne, employée au Touring Club Suisse

Pendant sa grossesse, Fabienne, planificatrice au Touring Club Suisse (TCS), a ainsi pu renoncer aux équipes du soir et de nuit et réduire sa charge de travail à 70%, en concertation avec son employeur, jusqu’à un mois avant la naissance de son fils. «Grâce aux conseils de la sage-femme, je me suis sentie en sécurité et appréciée par l’entreprise», relève-t-elle.

En savoir plus: dès l’annonce d’une absence, le Groupe Mutuel se charge de toutes les étapes et vous libère de toute contrainte. Vous bénéficiez ainsi des mesures adéquates qui favorisent le retour et le maintien au travail des employées. Le Case Management constitue une partie importante du programme CorporateCare. Pour plus d’informations: www.corporatecare.ch

 

 

L’expert de ce blog – Nicolas Caloz

Responsable CorporateCare et cadre supérieur au Groupe Mutuel, Nicolas Caloz compte 20 années d’expérience dans le domaine de l’assurance. Spécialiste breveté en assurances sociales et passionné par le domaine de la santé, il est titulaire d’un CAS en économie et politique de la santé de l’Université de Lausanne. Une prochaine formation en management de la santé complétera bientôt son parcours académique. L’intérêt pour la branche, la bienveillance, un esprit pragmatique et le souci des actions concrètes et du détail guident ses réflexions au quotidien.

 

 

 

Les investissements durables et écologiques (2/2)

La politique d’investissement des sociétés administrées par le Groupe Mutuel est axée sur la prise en compte de l’environnement, des aspects sociaux et de la gouvernance d’entreprise (critères ESG ou Environnement, Social et Gouvernance). En avril 2021, le Groupe Mutuel a d’ailleurs obtenu une très bonne note pour ses placements financiers lors d’un audit externe indépendant. Le point avec Gérald Mayoraz, directeur de Groupe Mutuel Asset Management SA, société gérant les avoirs des entreprises du Groupe Mutuel.

 

Gérald Mayoraz, quels sont au Groupe Mutuel les critères de choix et la manière dont vous répartissez les risques en matière d’investissement?

Deux axes principaux nous guident. Le premier est celui de sortir peu à peu et de manière régulière des énergies à production de CO2, en particulier fossiles, et d’exclure de nos portefeuilles tout ce qui relève de l’ordre des armes. Cet axe inclut également de s’engager dans un dialogue actionnarial avec les entreprises sujettes à caution et d’aborder les investissements de manière à identifier les entreprises qui modifient d’ores et déjà leurs business modèles pour s’adapter à la régulation à venir.

Et le second axe?

Ce qui pour moi est très important est d’investir dans des entreprises ayant un impact, c’est-à-dire celles en mesure de créer, par exemple au niveau technologique, des solutions pouvant aider les entreprises dans ces phases de reconversion. Nous investissons également dans des entreprises ou des fonds ayant un impact social, situées dans des pays à bas taux de PIB par tête, cela pour contribuer à la création de micro-entreprises au niveau local et d’aider ainsi les personnes à se «financiariser» c’est-à-dire à s’intégrer dans un réseau de crédit et d’investissement. Cela permet d’influencer directement le bien-être de populations fragilisées par la pandémie et le dérèglement climatique.

Peut-on définir la part ou la pondération des placements durables par rapport à l’enveloppe globale?

C’est tout le défi. Nous sommes en train d’analyser des fournisseurs de « notes », qui doivent être indépendants, pour savoir à quelle notation correspondent chacun de nos investissements, au niveau de la production de CO2 et de l’impact sociétal. Nous aurons ainsi une image très claire du niveau auquel nous nous trouvons. L’objectif, dans les investissements à impact, est d’arriver à 15% environ de la fortune sous gestion.

Par ailleurs, l’objectif relatif à la production de CO2 est de respecter les conventions signées par la Suisse en termes de lutte pour le climat, soit les Accords de Paris.

Un mot sur la situation ESG des portefeuilles et les performances réalisées des placements de ces dernières années au Groupe Mutuel?

La situation des portefeuilles en termes de critères ESG est bonne. Nous avons un ratio de A sur une échelle allant de A+ à D. Cela ne veut pas dire que nous sommes arrivés au but, mais il s’agit d’une base qui doit nous permettre de nous améliorer encore sur ce chapitre. De manière générale, nous affichons des performances tout à fait en ligne avec ce que nous pouvons attendre des différentes stratégies de placement appliquées dans les sociétés gérées par le Groupe Mutuel.

En savoir plus sur la note ESG du Groupe Mutuel dans cette vidéo:

De bonnes nouvelles donc. Tout cela est conduit et géré par des hommes et des femmes bien réels, peut-on s’en faire une image? Qui sont-ils?

L’équipe en charge de la gestion des capitaux est composée de 9 personnes au sein de Groupe Mutuel Asset Management SA. Un des critères auxquels j’accorde une grande importance est d’ouvrir les yeux, de sortir, d’aller voir et apprendre ce qui se passe en dehors et de se tenir au plus près de l’évolution des possibilités d’investissements et des attentes de rendement futurs selon les types d’actifs. Nous avons un comité de placement, qui se réunit de manière régulière avec trois intervenants externes qui nous apportent aussi leur expertise dans les différents types d’actifs. C’est à partir de là que nous en arrivons à une décision d’allocation tactique, implémentée par la suite par notre équipe.

Le mot de la fin (provisoire, bien sûr)?

Je reprendrais la citation de Bertrand Piccard, quand il dit, je cite de mémoire, que si nous sommes bel et bien face à une crise climatique, il ne faut pas considérer cela seulement comme un problème ou sombrer dans la peur, mais bien aborder cette problématique comme une opportunité, qui doit permettre de contribuer à changer la manière d’investir en prenant en compte l’impact des entreprises sur le climat, l’environnement et le bien-être des personnes.

Je partage entièrement ce message positif. Dans le même temps, nous allons évidemment continuer de tout faire pour que les rendements des portefeuilles des sociétés gérées par le Groupe Mutuel correspondent aux objectifs de rentabilité nécessaires, en particulier dans le 2ème pilier.

 

(Re)lire la première partie de l’interview de Gérald Mayoraz «Le dérèglement climatique devrait être considéré comme une opportunité» (1/2)

 

L’expert de ce blog – Gérald Mayoraz

Après avoir travaillé à Genève, Zurich et Toronto dans le domaine bancaire de l’asset management, Gérald Mayoraz est revenu dans son Valais natal. Titulaire d’un diplôme fédéral d’analyste financier et de gestionnaire de fortune, il est actuellement CEO de Groupe Mutuel Asset Management SA, société dédiée à la gestion de fortune des entreprises du Groupe Mutuel. A ce titre, il conduit le département de gestion des capitaux de l’entreprise.

 

 

«Le dérèglement climatique devrait être considéré comme une opportunité» (1/2)

Gérald Mayoraz est directeur de Groupe Mutuel Asset Management SA, société gérant les avoirs des entreprises du Groupe Mutuel. Il esquisse dans ce premier article, une synthèse de la situation actuelle des marchés, en relation avec les critères ESG (environnemental social gouvernance) et rappelle la stratégie mise en place par le Groupe Mutuel. Interview.

 

Merci de votre disponibilité, Gérald Mayoraz. Vous êtes responsable des placements pour les sociétés du Groupe Mutuel. Comment résumeriez-vous l’évolution des placements à l’échelle globale depuis deux ans environ, deux années au cours desquelles il s’est passé beaucoup de choses, pandémie et ses vagues successives comprises?

L’évolution a été surprenante. Après un grand trou d’air en mars et avril 2020, la reprise a été extrêmement rapide, dans l’espoir d’une baisse de la gravité de la pandémie. Malgré une deuxième vague à l’automne 2020 et, dans certains pays, au printemps 2021, les actions ont continué leur ascension, avec un effet de rattrapage au niveau des bénéfices qui a été spectaculaire au premier semestre 2021. S’il ne justifie pas une valorisation aussi élevée qu’actuellement, cet effet tempère un peu la cherté des marchés.

On peut rappeler que cette évolution a été soutenue également par de multiples interventions au niveau des banques centrales et le maintien de taux d’intérêt extrêmement bas. Cette situation a généré un manque d’alternatives pour les investisseurs, compte tenu de la perte d’attractivité au niveau des obligations. N’oublions pas non plus les gros efforts consentis par les Etats, qui ont soutenu les entreprises et les particuliers dans de vastes parties du monde.

Et aujourd’hui?

Aujourd’hui les soutiens étatiques arrivent à leur terme. Beaucoup d’initiatives en faveur des entreprises et des particuliers vont s’effacer ces prochains mois. Ainsi, la poursuite de la reprise sera très dépendante de l’évolution de la pandémie, mais aussi de la capacité de l’économie à confirmer sa réouverture et de celle des entreprises à garder leurs marges, lesquelles commencent à être réduites par l’inflation.

Une inflation induite comme on le sait par les hausses de prix des matières premières, qu’elles soient industrielles ou agricoles. Des goulots d’étranglement sont apparus dans les chaînes de distribution, qui n’arrivent pas à retrouver leur niveau d’avant pandémie.

Les Etats se désengagent peu à peu, dites-vous, alors qu’en même temps la valorisation est supérieure à la moyenne historique: y aurait-t-il des raisons de se faire un peu de souci pour la suite?

La majorité de la plus-value, au niveau des actions, est probablement derrière nous. Certes on peut encore espérer des marchés qui soient positifs d’ici à la fin de l’année mais tout dépendra, pour 2022, de l’évolution de l’inflation, de la réouverture de l’économie et de la capacité des entreprises à s’adapter aux nouveaux paradigmes représentés par les régulations en cours en termes de conformité, en particulier dans la problématique du dérèglement climatique.

La problématique climatique est aujourd’hui mondiale. Elle représente aussi une contrainte supplémentaire en termes de conformité. Comment cela se traduit-il en termes d’opportunités de placements?

Nous sommes là face à deux forces antagonistes. S’agissant de la première, celle de la régulation, l’Europe est très avant-gardiste et ambitieuse. Le dernier Rapport de l’Agence internationale de l’énergie relève en outre que son plan de marche «zéro carbone en 2050» ne nécessiterait plus de financement de nouvelles infrastructures d’énergie fossile ou de gaz naturel dès maintenant.

En citant Fatih Birol, directeur exécutif de l’agence, «la limitation du réchauffement à 1.5 degré en 2050 est peut-être le plus gros challenge auquel l’humanité a jamais dû faire face», on peut deviner que la régulation sera sévère. A ce titre, la conférence de Glasgow sur le climat cet automne dira si les Etats arrivent à s’entendre sur un calendrier crédible.

D’un autre côté, nous assistons à une reprise économique assez forte, avec une production de charbon en nette hausse, de l’ordre de 15% aux Etats-Unis, alors qu’en Afrique s’ouvrent de nouvelles mines et qu’en Asie l’industrie repart de manière spectaculaire et dépend encore de l’électricité produite par le charbon, pour la Chine même à hauteur de 52%.

Ce qui signifie?

D’un côté il y a une crise climatique avérée, avec plusieurs parties du monde qui brûlent et d’autres qui sont inondées, et en même temps les besoins en énergie augmentent. Par exemple, le Canada et les Etats-Unis enregistrent aujourd’hui une explosion de l’utilisation des climatiseurs due à la chaleur exceptionnelle y régnant, la plus grande part de l’énergie nécessaire au fonctionnement de ceux-ci provenant justement du charbon.

En bref, le mix énergétique actuel ne permet de se passer ni du charbon, ni bien sûr du pétrole. A court terme, la production de CO2 va continuer d’augmenter et cela probablement encore pour quelques années.

Quelles autres conséquences auront les nouvelles règles du jeu économique?

Nous ne pouvons pas ignorer l’enjeu sociétal en train d’apparaître avec une régulation qui va forcer les entreprises à modifier leurs business modèles et leur manière de produire. Modifier le savoir-faire de centaines de milliers de travailleurs d’une année à l’autre, pour passer de la fabrication d’un moteur à combustion à celle d’un moteur électrique par exemple sera difficile. La reconversion de toute une partie de la population nécessitera des mesures d’accompagnement de la part des Etats pour éviter des crises sociales dans certains pays. Nous voyons déjà qu’une des préoccupations majeures des PME est la difficulté de trouver du personnel qualifié.

Malgré tout, même si la crise climatique impose de nouvelles règles en matière d’économie, il convient néanmoins de considérer ce dérèglement climatique comme une opportunité. Les entreprises devraient pouvoir miser sur de plus en plus sur les placements durables.

 

Retrouvez la suite de l’interview de Gérald Mayoraz en matière de placements durables le mardi 31 août dans un prochain article sur notre blog pour PME Magazine.

 

L’expert de ce blog – Gérald Mayoraz

Après avoir travaillé à Genève, Zurich et Toronto dans le domaine bancaire de l’asset management, Gérald Mayoraz est revenu dans son Valais natal. Titulaire d’un diplôme fédéral d’analyste financier et de gestionnaire de fortune, il est actuellement CEO de Groupe Mutuel Asset Management SA, société dédiée à la gestion de fortune des entreprises du Groupe Mutuel. A ce titre, il conduit le département de gestion des capitaux de l’entreprise.

 

 

 

 

L’importance d’être à l’écoute du client

Il n’y a pas un jour qui passe sans que l’on ne parle d’expérience client, de distribution omnicanale, de parcours client et de satisfaction client. Qu’en est-il au Groupe Mutuel? Le point à bâtons rompus avec Marc-André Müller, directeur adjoint et responsable clients stratégiques et associations au Groupe Mutuel.

Bonjour Marc-André Müller, merci de votre disponibilité. Comment décririez-vous, en un mot, votre activité?

Je prends soin de mes clients, telle est ma devise. Il faut être disponible, très à l’écoute de son client et répondre rapidement à ses demandes. Je m’emploie au quotidien à parler vrai et avec clarté. J’aime beaucoup la devise de Nicolas Boileau: «Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement.» Quand vous voulez dire: il pleut, dites il pleut! Cela dit, cela n’est pas encore suffisant, le client vient avec une question ou un problème, qu’il attend que nous solutionnons. Il ne suffit ainsi pas de se déterminer sur la prise en charge ou non d’une prestation, mais d’aller un peu plus loin, par exemple pour l’orienter sur une autre assurance sociale ou un autre moyen de résoudre la problématique posée.

Comment voyez-vous l’évolution de votre activité ces dix dernières années?

Comme assureur de proximité, nous avons également vécu la nécessité de formaliser certains processus, certaines correspondances, parce que cela était un gage d’efficacité et que les normes ISO comme d’autres étaient demandées. Cette industrialisation doit par contre nous rendre très attentifs au risque de création de silos où le client n’est plus écouté dans sa globalité.

Laissons les silos dans nos campagnes! L’écoute active et la réponse pertinente aux questions de nos clients est assurée par la culture et les valeurs de notre entreprise que sont la bienveillance, la proactivité et la responsabilité. Ces valeurs, nous ne voulons pas les écrire, mais les vivre chaque jour par chacune et chacun des collaborateurs du Groupe Mutuel. C’est bien la clé du succès car la solidité d’une chaîne dépend de la résistance du plus faible de ses maillons!

Le Groupe Mutuel a l’objectif de se rapprocher encore plus du client?

Oui, la voix du client est en effet essentielle et pour ce faire nous venons de procéder, en deux temps, à un important sondage, d’abord auprès de quelque 3900 entreprises en septembre 2020, avec un sondage online, puis, en janvier et février 2021, avec des entretiens complets auprès de 37 entreprises pour en approfondir l’étude. Un sondage mené en deux temps, mais avec un seul objectif stratégique: écouter les attentes et besoins du client. Cette analyse a confirmé le caractère essentiel de la qualité, du suivi et de la fluidité d’information et de la rapidité du service sinistre.

C’est naturellement en particulier quand le besoin d’indemnisation se présente que nous sommes jugés et que se situe notre valeur ajoutée. Là aussi, la proximité joue un rôle central.

Enfin, une autre grande enquête menée par l’institut AmPuls sera soumise en fin d’été aux entreprises sur tout le territoire suisse pour prendre le pouls du marché des assurances santé.

Et pour le futur?

Je crois beaucoup aux interfaces que nous créons et allons créer entre les machines et les objets, la digitalisation comme on l’appelle parfois, la business intelligence qui vont nous libérer de tâches répétitives. Il faut néanmoins faire très attention que ces outils ne diminuent pas le contact, l’interactivité avec le client qui est primordiale et qui constitue d’ailleurs le sens de mon activité. C’est bien de connecter les machines si cela permet de mieux encore connecter les femmes et les hommes! L’être humain est et reste un animal social (Aristote), mais aussi sociable (Montesquieu). Nous l’avons vécu dans le cadre de cette dernière pandémie; distanciation spatiale mais pas sociale.

Votre plus grand défi?

Comme pour beaucoup d’entre nous, c’est faire la juste chose au bon moment. Cela demande d’avoir à l’esprit le principe 80/20 de Vilfredo Pareto, la loi sur la variété requise de William Ashby: «à trop vouloir simplifier et uniformiser, l’on en devient simpliste. Et enfin accepter avec philosophie la loi de Murphy lorsque l’erreur se répète parfois malheureusement dans une situation!

Les avantages d’être un client entreprise du Groupe Mutuel?

Nous avons la chance d’être l’unique assureur global de personnes en Suisse (assurance des soins LAMal et complémentaires, assurance-accidents et indemnité journalière en cas de maladie, prévoyance collective et individuelle, etc). Nous sommes le partenaire de référence en santé et en prévoyance pour chacune et chacun comme pour les entreprises. C’est un plus pour l’assureur perte de salaire que nous sommes de maîtriser le domaine des soins et pleinement connaître les fournisseurs de prestations. Nous nous focalisons sur l’assurance de personnes sous toutes ses formes, ce qui nous permet de mettre l’humain au coeur de notre métier.

Cette spécialisation nous a également permis de développer nombre d’outils pour activer le cours de la guérison et la reprise précoce du travail. Notre concept CorporateCare rencontre un vif succès et ce produit et les services qui l’entourent apportent une vraie plus-value.

 

Pas encore client?

Là maintenant contactez-nous aujourd’hui encore et rejoignez les 25’500 entreprises qui nous font confiance.

 

L’expert de ce blog – Marc-André Müller

Directeur Adjoint au Groupe Mutuel, Marc-André Müller est expert diplômé en assurance-maladie. Il a complété son cursus par une formation en économie et administration de la santé auprès de l’Université de Lausanne. Il a rejoint le Groupe Mutuel il y a plus de vingt ans en exerçant différentes fonctions de pilotage au niveau de la souscription et du règlement des sinistres LAA et perte de gain. Il assure aujourd’hui le bien-être des clients stratégiques. Il est également responsable du centre de services de Lausanne, fort de quelque 300 collaboratrices et collaborateurs. Il a été actif dans différentes commissions techniques de l’association suisse des assurances ASA et siège au conseil de fondation de la caisse supplétive LAA.