Surface commerciales vacantes : une opportunité pour les propriétaires

À Genève, la vacance des locaux commerciaux n’est pas nouvelle. Avec le COVID, tout le monde semble pourtant redécouvrir les milliers de mètres carrés de surface commerciale disponible dans le canton. Cette situation rend d’autant plus incompréhensible la posture des propriétaires qui attendent sagement, faisant preuve d’un optimisme béat, une éclaircie.

Cette attitude est d’autant plus illusoire qu’après la paralysie, succède le télétravail, dans le meilleur des cas, et les restructurations, dans le pire. Conséquence de cette situation, un besoin d’espace réduit. Attendre n’est — désormais — plus une option.

Depuis quelques semaines, nombre d’articles pointent du doigt l’impact de la pandémie sur le secteur immobilier, notamment commercial. Il y est question d’« effondrement », de « catastrophe », voire d’un point de non-retour. Mais qui parle d’opportunités ? Qui évoque les possibilités offertes à ceux qui sauront les saisir de faire évoluer le marché ? Visionnaires et entrepreneurs, soyez prêts, les opportunités sont légions !

 

L’ère du « bureau avec service »

Quand on évoque le « coworking », on pense à ces espaces de travail partagés, destinés la plupart du temps aux indépendants et autres « start-uppers ». Pourtant le terme s’entend de plus en plus différemment, dessinant les contours d’une petite révolution dans l’immobilier commercial.

Si les locaux deviennent trop grands pour la société locataire, un acteur comme Regus, qui dispose du plus grand réseau mondial d’espaces de travail et de coworking, peut reprendre le contrat de bail à son compte. Il sous-loue à l’ancien locataire la surface exacte dont celui-ci aura besoin. Regus va jusqu’à s’occuper des services (secrétariat, système informatique…) de l’entreprise. Ces « bureaux avec service », gérés par une société qui fait l’intermédiaire entre le propriétaire et l’entreprise devenue sous-locataire, présentent de nombreux avantages. La location devient plus flexible puisque le besoin de surface s’adapte au chiffre d’affaires, à la taille des équipes ou à la période. Cette « mise sous gestion locative » pourrait même dépasser les frontières si le sous-locataire décide de répliquer ce modèle dans tous ses locaux, en Suisse comme à l’international. Pour évaluer l’importance et le potentiel de ce phénomène, il faut se souvenir de l’achat pour 114 millions de francs des activités suisses de Regus par une entité du groupe Safra avec l’investisseur immobilier par P. Peress Group.

 

Quid des autres solutions ?

Faire preuve de souplesse doit devenir le leitmotiv du secteur. Cela peut également passer par une adaptation du loyer en fonction du chiffre d’affaires, par la transformation des surfaces commerciales en logement étudiant avec service (ce qui est, rappelons-le, autorisé), une révision de la durée du contrat de bail, voire un abaissement des pénalités liées à un départ avancé et pourquoi pas la conversion facilitée des locaux à usage commercial, administratif, artisanal ou industriel en logements.

Reste à savoir si la pérennité de ces possibles mesures dépendra de la durée de la crise ou du nombre de propriétaires ayant saisi l’opportunité pour faire bouger les règles du secteur.

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Robert Curzon Price, a débuté sa carrière dans l’immobilier en 1997 après des études de commerce, de génie civil et d’architecture d’intérieur. Il travaille plusieurs années dans différentes régies genevoises. En 2006, il rejoint la direction de SPG Intercity. En 2013, il crée sa propre société et acquiert PARTNER REAL ESTATE.

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