Organiser ses locaux pour un maximum de sécurité

Le 11 mai va marquer un retour progressif à une situation que nous souhaiterions tous normale, mais qui ne le sera malheureusement pas. En effet, les directives sanitaires vont continuer à s’appliquer ; la vie professionnelle restera compliquée, notamment sur les lieux de travail qui nécessiteront des adaptations. Trois axes principaux sont à prendre en considération pour que le bureau ne devienne pas un foyer de contagion: hygiène, aménagement de l’espace et gestion des collaborateurs.

 

Une hygiène améliorée

Pour l’hygiène, il est nécessaire de commencer par déterminer les zones à risques. Il s’agit des ascenseurs, des salles de réception, d’attente, de conférence ou les couloirs souvent empruntés. Il y a bien entendu les espaces communs de pause, les toilettes et les pièces dans lesquelles se trouvent les imprimantes. Les bibliothèques, les salles de fitness, les vestiaires, soit tous les espaces partagés, doivent être également considérés comme à risque et bénéficier d’un plan de nettoyage spécifique. Ce dernier doit être discuté avec l’entreprise ou les personnes qui en ont la charge. Il est impératif d’augmenter la fréquence de leur passage. Ainsi plus un endroit est fréquenté, plus celui-ci devra être régulièrement nettoyé, deux fois par jour est un minimum. De même, toutes les poignées de porte, tout le matériel ou, plus simplement, tous les dispositifs tactiles doivent être régulièrement désinfectés.Si la place de travail, l’ordinateur ou le téléphone est partagé ou n’est pas occupé en permanence par la même personne, il est impératif que du matériel de nettoyage soit disponible pour que chaque utilisateur/trice puisse les nettoyer.L’entreprise doit mettre à disposition du gel hydroalcoolique, des masques, des chiffons et des sprays de désinfection. Une signalisation qui rappelle les protocoles et les responsabilités de chacun dans le maintien d’un environnement sûr doit être affichée. Le lavage fréquent des mains est le facteur limitant primordial dans la transmission du COVID-19.

Des espaces aménagés

L’aménagement de l’espace est l’autre paramètre clé dans la lutte contre la propagation du COVID-19. Il faut passer en revue les espaces à disposition, notamment les pièces fermées qui peuvent être transformées en bureau individuel: petites salles de conférences, cabines de téléphone, lieux de réunion ou tous les espaces clos suffisamment ventilés. Pour les grandes surfaces ouvertes, de type plateau, si des panneaux ne séparent pas les postes de travail, les collaborateurs/trices se disposent en quinconce ou en damier. Une distance de 2m entre chacun/chacune doit être la règle. Dans les grandes salles de réunion pouvant accueillir plus de 5 personnes, cette même séparation doit être maintenue. Pour déterminer sa possibilité d’accueil maximale, entre 50 et 60% des chaises sont supprimées. De toute manière, seuls 5 occupants dans une même salle sont autorisés. Si des réunions plus importantes sont impératives, la vidéoconférence peut être utilisée entre différentes salles du même bâtiment. Il ne faut pas oublier la pièce de la machine à café ou la cuisine qui, elles aussi, nécessitent une réorganisation (suppression de chaises, ruban adhésif au sol pour déterminer les distances requises). Lorsque tous les espaces sont réaménagés, il est alors facile de déterminer la capacité d’accueil totale des locaux. Ce nombre déterminera les effectifs autorisés à travailler en même temps.

Des collaborateurs mieux répartis
La phase de retour au bureau peut recommencer. Celle-ci prend plusieurs formes. Il est possible de limiter les effectifs aux seules personnes essentielles à la bonne marche des opérations auxquelles s’ajoutent celles qui ne sont pas satisfaites de rester chez elles ou celles se sentant seules. Pour limiter le nombre des collaborateurs présents, la mise en place d’horaires alternés avec des équipes travaillant le matin et d’autres l’après-midi est une solution. Afin d’éviter les transports publics durant les heures de pointe, ils devraient pouvoir commencer soit plus tôt, soit plus tard. Dans les pays asiatiques, ce système est largement répandu, désengorgeant les infrastructures. Enfin, une alternance de jours est aussi envisageable avec des équipes A et B le lundi, C et D le mardi, A et C le mercredi, etc. Toutes ces décisions et les organisations liées au COVID-19 doivent être communiquées à l’ensemble des collaborateurs avant le retour à une activité la plus « normale » dans ce contexte particulier.

 

Thomas Bregman

Thomas Bregman

Architecte diplômé de l’EPFL en 2008, Thomas Bregman a démarré une carrière à la fois académique et entrepreneuriale. Researching-assistant à l’EPFL, puis directeur de la section architecture de l’école IPAC Genève, son travail s’appuie sur la recherche l’expérimentation et le développement. En 2014 il fonde son bureau d’architectes B29. Son travail a été récompensé par différents prix et mentions.

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