Scouting-Consulting: Win-Win !

Traditionnellement dans l’armée, l’éclaireur est “un soldat choisi pour son intelligence et son audace, chargé de prendre les devants, de déterminer la position des ennemis”, le tout sans être vu !

En marge de ces éclaireurs de guerre, il existe aussi des scouts civils. Tout le monde connaît ces jeunes qui se forment dans la nature et le cadre d’une pédagogie scoute qui a fait ses preuves après plus de 100 ans d’existence. Cependant il existe également des hommes et femmes actifs professionnellement animés d’un esprit similaire mais en dehors de l’armée ou d’un mouvement de jeunesse…

Robert Baden-Powell, fondateur du scoutisme était en effet avant tout un expert de l’art et de la pratique du “scouting”. Cette expression, issue du vieux français “escoute”, désignait ces éclaireurs du moyen-âge indispensables aux armées pour reconnaître terrains et ennemis et pour ainsi permettre d’appréhender au mieux les obstacles (naturels ou militaires). En effet à l’époque nous étions très très loin des drones avec caméra embarquée, cartographie 3D en temps réel, détection thermique et autres joyeusetés technologiques !

Robert et Olave Baden-Powell fondateurs du Scoutisme à gauche, un drone de montage à droite.

Au delà de l’aspect militaire, l’escoute était un professionnel du renseignement comptant sur ses seules capacités pour s’adapter en terrain inconnu et accomplir au mieux sa mission: Parmi celles-ci : l’organisation, la force mentale et physique, le bon sens, l’ouverture des sens pour être constamment aux aguets, etc.

Mais la compétence décisive de l’escoute réside dans la bonne gestion de la chaîne de valeur du renseignement: analyse préparatoire, détection, transmission, exploitation d’une information fiable et utile. Plus ce processus est maîtrisé de bout en bout, plus la valeur des informations directement collectées est importante.

Étymologiquement un escoute c’est un individu qui sait écouter. Dans un monde où la parole est prise trop souvent à tort et à travers, en coupant les autres ou sans respecter un temps propice à la réflexion, l’écoute -l’e”scoute”-est d’autant plus nécessaire.

Être un escoute c’est savoir en tout temps à quoi, à qui, nous avons affaire. C’est, dans n’importe quelle situation, ne pas rester sur le nuage de l’à peu près voir de l’incompréhension.
Être un escoute c’est organiser son temps pour pouvoir accomplir les tâches qui nous incombent. Inéluctablement, une partie de ce temps est consacré à la formation et l’exercice, qui sont les nerfs de l’apprentissage du métier que l’on exerce. Cette exigence d’un apprentissage perpétuel mais méritoire, permet d’établir à la fois les fondations et l’excellence opérationnelle de son métier.
Être un escoute c’est enfin avoir une intelligence de cœur. Véritable alignement entre l’intellectuel et l’émotionnel, il s’agit d’être apte au discernement, toujours attentionné, et ainsi faire preuve d’une vraie sagesse. L’escoute sait dire “non”, “stop”, ”ça suffit” au même titre qu’il sait dire “bravo”,”accroche-toi, courage”, “j’apprécie sincèrement de travailler avec toi”.

“professionnel aguerri mais avant tout professionnel utile”

La figure de l’escoute, professionnel aguerri mais avant tout professionnel utile pour décortiquer, maîtriser et diffuser l’information, est finalement l’exemple à suivre pour tout consultant.

Le professionnel du conseil aux entreprise sait ce qui l’attend sur le terrain – même en télétravail, une variante plus digitale du terrain d’actions ! -, il a les cartes en main pour se rendre le plus utile possible ou s’adapter aux situations les plus difficiles. Lucide, humble, organisé : la direction suffisamment claire donnée à son engagement professionnel lui permet d’en faire bénéficier toutes les organisations où il est envoyé en éclaireur.

Comme l’escoute d’hier, comme le scout d’aujourd’hui, le consultant doit être toujours prêt et en faire sa devise. Il faut entendre par là une disponibilité intellectuelle et physique, et une organisation de son temps propice à l’adaptation.
Mais ce n’est pas tout !
Droiture, honnêteté, goût du travail bien fait : le consultant doit inspirer la même confiance qu’un scout qui “met son honneur à mériter confiance” (article 1 de la loi scoute). Cela impose une disponibilité complète envers autrui pour mener son équipe ou son client vers la bonne réalisation de la mission. Il se soucie du bien commun, c’est-à-dire autant de l’épanouissement des ouvriers que de la finalité positive de la réalisation.

“pour le bien commun”

Un bon consultant est-il un bon scout, et vice-versa ? Espérons-le !

Le scout donne une direction à sa vie notamment grâce à la loi scoute, qu’il s’efforce de respecter, pour vivre en harmonie avec son environnement. Il côtoie cet environnement sans le posséder, mais son action le modèle pourtant. Il a ainsi mis en place une stratégie, un canevas, pour évoluer dans son environnement sans oublier qu’il le partage avec d’autres.
Ainsi le scout est à son environnement ce que l’arbre est à la forêt : indispensable mais égal aux autres. En d’autres termes, il ne cherche pas à écraser les autres par le poids de ses découvertes.
En effet, le scout prend en compte dans sa stratégie qu’il travaille pour le bien commun et qu’il complète un tout qui existerait sans lui.

C’est tout aussi valable dans une entreprise : le consultant, en intégrant une entreprise qui lui a fait confiance, se voit confier une tâche, dans laquelle il se donne entièrement en s’imprégnant du projet de l’entreprise pour lui donner sa forme la plus aboutie.

Ainsi, l’escoute, le scout et le consultant apprivoisent leur environnement pour le rendre plus sécurisant tout en respectant son histoire et sa nature originelle.

-> Merci aux scouts qui m’ont inspiré cet article que je leur dédicace bien volontiers et à Louis Castaignède, Chef Scout en activité, qui m’a aidé à co-rédiger cet article !

-> Scouts, anciens scouts, et tous ceux animés d’un esprit scout même sans l’avoir été, je vous adresse un fraternel salut scout !

 

Crédit Photo “Co-naviguation Bateau et Dauphin”: l’excellent Geoffroy Pasquier 

Reprise Post-Covid19: moins de faux problèmes, plus de vraies solutions

En ces temps perturbés où les entreprises souffrent, se contorsionnent dans des considérations de télétravail et de baisse des revenus clients, voire s’acharnent à survivre malgré le poids de l’incertitude; la meilleure compassion possible est celle de préparer au mieux la reprise.
Cette reprise, qui se fait d’autant plus attendre que les jours passent, doit se faire “du bon pied”.

  • Il y a ces entreprises qui sont quasiment à l’arrêt et pour lesquelles il ne va pas falloir flancher aux premiers pas de reprise et celles qui marchent encore et qui devront trouver la bonne accélération : ni trop brutale ni trop douce.
  • Et puis il y a ce temps de recul permis par le Covid-19 (c’est bien là son seul effet positif). Certains reviendront ragaillardis, d’autres ramollis mais la plupart seront volontaires. Quelques uns -qui sait un grand nombre peut être ?- seront plus inspirés que jamais auparavant pour initier des changements d’ampleur.

A tous, je veux redire tous mes encouragements et me permets 4 mises en garde à propos pour vous préserver:

  • 1 Pour revenir sur le titre de cet article, la période pré-Covid-19 était celle du dénigrement des vrais problèmes. La preuve : les pouvoirs publics d’Europe ont souvent clamé à tort début 2020 que le Covid-19 était un “faux problème” qui, soit n’arriverait pas jusqu’à nous, soit ne serait pas si grave qu’en Chine. Bref les vrais problèmes étaient -extrêmement trop- souvent mis de côté ou négligés. Gageons que le premier changement de mentalité de la civilisation post-Covid-19 sera celui d’une prise de conscience sérieuse et effective -suivie d’effets !- des vrais problèmes. Arrêtons de minimiser, repousser, négliger, mettre de côté les vrais problèmes en croyant qu’ils ne concernent que les autres. J’inclus dans le vaccin à ce premier écueil la priorité assurée voire sacralisée pour la vie, l’humain, la nature, la durabilité, le refus absolu du gâchis et du profit à tout prix.
  • 2 Une fois la problématique des faux problèmes écartée, il s’agit d’éviter de retomber dans un deuxième écueil encore pire. Celui-ci a pourtant tellement sévi qu’on aurait pu croire que tous les puissants et moins puissants le convoitaient assidûment lors de pre-Covid-19. Il s’agit bien sûr de l’écueil des fausses solutions : ces pansements sur de la plomberie, ces ficelles de rafistolages sur des nacelles de sécurité, etc. Le problème des fausses solutions c’est qu’on se jette dessus sans les considérer correctement comme si on entendait seulement mot “solution” sans vouloir entendre “fausse”. Une fois engagé dans du quick&dirty nous pouvons toujours essayer de limiter les dégâts mais nous n’arriverons jamais à transformer la solution choisie en “bonne” et encore moins en “optimale”. Pour éviter cet écueil il faudra clairement se faire violence pour résister au chemin de la facilité, le vaccin AAA est ici simple: ardeur, ambition, abnégation.
  • 3 Le liant des deux derniers écueils est le suivant: il y a moins de faux problèmes que de fausses solutions. Oui l’entreprise et les êtres humains qui la composent ont heureusement plus tendance à se concentrer sur des problèmes existants que fictifs. Oui les problèmes quand ils sont adressés et appréhendés sérieusement, conduisent à des solutions. Néanmoins, comme avec le Covid-19 il faut parfois accepter des solutions temporaires ou de contournement le temps de trouver/construire la solution définitive (un vaccin efficace et peu coûteux pour le Covid-19 !). Le troisième vaccin est gratuit et à la portée de tous : la réflexion approfondie pour la sélection de l’itinéraire des meilleures solutions.
  • 4 Bien sûr on évite l’effet balançoire ! Une fois la meilleure solution à notre disposition choisie, on s’y tient ! Et si une encore meilleure survient par la suite on calcule précisément le coût d’opportunité avant de s’y engager ! Quatrième vaccin: la constance et l’approche incrémentale sont toujours plus payantes que la philosophie de la girouette.

Pour conclure, voici mes sincères meilleures pensées catégoriques et catégorisées:

  • À tous ceux qui seront tentés de “faire différemment”, bravo gardez cette motivation d’amélioration continue et que chaque changement initié soit méticuleusement pesé, cadré et sécurisé pour en faire un succès,
  • À tous ceux qui voudront refaire “comme avant”, je m’incline devant votre résilience tant que vous ne perdez pas de vue les transformations nécessaires,
  • À tous ceux personnellement marqués par cette crise dans leur travail (soignants + tous ceux jamais mentionnés) et/ou la maladie et le deuil, soyez assurés que notre compassion ne sera pas feinte, nous avons eu largement le temps de penser à vous pendant le confinement et nous n’oublierons jamais votre dévouement,
  • À tous ceux qui souffrent des affres de l’incertitude sur votre futur, tenez bon ! hauts les cœurs ! Votre valeur est inestimable et elle continuera de s’accroître par votre confiance en vous même et votre sérénité choisie et non pas subie,
  • À tous ceux qui ont profité du confinement pour affermir leurs engagements ou en prendre de nouveaux, vous êtes « le sel de la Terre », votre constance et votre motivation donnent à la vie toute sa saveur.

MERCI à vous TOUS !

 

Crédit Photo: l’excellent Geoffroy Pasquier 

Gagner en visibilité : ça s’apprend !

Un travailleur n’est jamais un simple exécutant.

Tout travailleur est en quête de visibilité à la différence d’un robot: visibilité sur l’évolution de ses tâches, sur les changements impactant son travail (facteurs technologiques, culturels, stratégiques, configurationnels etc.), sur les opportunités de carrières à saisir.

Or la visibilité se gagne au prix d’un triple effort.

  1. Une visibilité qui grandit pas à pas

Quand on n’y voit rien, que rien ne peut nous éclairer à porter de main (tout nu version 2020 => sans smartphone !) et que cela ne sert à rien de chercher un interrupteur qui n’existe pas, le choix est limité. Ce dernier se restreint à deux options : rester sclérosé dans la stupeur de l’inconnu et la soumission à l’immobilisme ou se mettre en mouvement, pas à pas pour trouver à tâtons une issue. Chaque pas dans une direction -fut-elle mauvaise- nous donne des informations sur notre environnement immédiat. Cet effort du refus de l’immobilisme est déjà un gain en visibilité que nous allons pouvoir mesurer dans la vie professionnelle après avoir décrit les deux efforts complémentaires.

2. Une visibilité assurée par une attention

Avancer c’est bien, distinguer vers où c’est mieux ! Même en cas de visibilité très réduite, il faut savoir mettre ses mains en avant pour avancer avec précaution en limitant les surprises. Les airbags et autres systèmes de protection/sécurisation de notre époque semblent avoir anesthésié la conscience du danger de certains. Etre précautionneux n’est pas une faiblesse et ceux qui en doutent encore méditeront ces mots -seulement 6- du génie de Vinci ” Ne pas prévoir, c’est déjà gémir”. L’effort de concentration et d’attention nous fait lever notre tête en activant tous nos sens et assure une vision plus nette de notre propre mouvement et de ce qui se passe autour de nous.  La vision, l’écoute, le toucher, l’odorat, l’intuition, tous ces sens doivent être travaillés en coordination sans négliger la moindre parcelle d’information la plus infime soit-elle. Du reste, des mécanismes spécifiques comme les lunettes de soleil permettent d’adapter sa visibilité en fonction des contraintes.

3. Une visibilité qui s’accroît en se donnant

Le peu que je vois, malgré le flou et l’incertitude doit être communiqué de la façon la plus structurée possible : en partant de l’information la plus fiable vers la plus hasardeuse. Prenons l’exemple illustré par la photo de cet article: vous vous retrouvez cernés par la brume lors d’une sortie raquette en montagne, plus de batterie sur votre smartphone (c’est fou ce que les basses températures peuvent faire descendre rapidement le niveau de charge d’une batterie !), le sentier n’est plus visible depuis longtemps (la neige a masqué ses traces), mais vous avez été assez précautionneux pour définir votre itinéraire à l’avance et prendre une carte du massif sur lequel vous vous trouvez (carte + boussole auraient été plus secure mais bon personne n’est parfait !).

Communiquez en premier les informations les plus fiables:  “Ok il est 16 h 12, il nous reste donc environ deux heures de luminosité avant la nuit.  Nous avons suivi le sentier et avons dépassé le massif X vers 15 h 30, le prochain massif Y avant la descente se trouve normalement dans cette direction. Par là ça monte et par là ça descend donc le nord devrait être par là.”

Remarquez que les mots “normalement” et “devrait” induisent une assurance de plus en plus limitée… Le reste de l’information devient beaucoup plus hasardeux. Le fait de communiquer le peu qu’on sait a un effet salvateur. Ainsi un membre du groupe a pu dire un peu plus tard “mais tu as avais dit tout à l’heure que le Nord était à notre gauche” empêchant ainsi que le leader ne perde vraiment le groupe !

   Visibilité Transposée à la dimension professionnelle de nos vies

Néanmoins la visibilité au travail c’est trop souvent un bon mot employé à tort et à travers autant par les managers que les managés. Combien de fois a-t-on entendu ce fameux souhait d'”avoir plus de visibilité” qui sonne creux et est outrageusement passif ? Construisons tous ensemble cette visibilité implacable et partagée par le seul moyen valable qui soit : un bien tangible. Les paroles s’envolent, les écrits restent (et même les dessins en fait). Les consultants aiment parler de “livrables” dans le cas de projets mais en réalité tous documents -schéma ou texte, post-it ou paper-board, tableau excel ou photo, etc.- donnent une visibilité réelle car tangible. Ces documents sont le fil d’Ariane qui nous permet de nous diriger assurément vers la sortie -même au prix de détours et d’impasses-. Vous voulez gagner en visibilité ? Commencez par tracer la carte de votre labyrinthe !

Avancer, se concentrer, communiquer, documenter voilà comment allumer nos phares pour gagner en visibilité ajustée dans nos vies professionnelles !

Pour conclure, le vieux sage se trouve toujours sur une montagne dans la tradition commune:  cela veut bien dire qu’une bonne visibilité et une hauteur de vue sont des prémices de sagesse.

Vous souhaitant à tous la meilleure acuité visuelle et bien sûr professionnelle !

 

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Pas la motivation pour trouver un bon titre…

       Si vous lisez cet article malgré ce titre si médiocre, c’est que le message de fond de ce petit texte vous sera parfaitement compréhensible
Evidemment, ceux qui me connaissent un peu savent que j’avais des propositions acceptables voire bonnes pour le titre de cet article*…
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Si vous avez cliqué sur ce lien, j’estime que c’est parce qu’une part de vous reconnait finalement cet état de fait: nous nous satisfaisons bien trop souvent de l’acceptable, sans exigence suffisante vers l’excellence et l’extraordinaire. Comme tout va plus vite dans ce monde, prendre du temps pour un travail de qualité inégalée peut même sembler incongru ou contre-productif ? !
XXX
Néanmoins le vrai problème, n’est pas le regard extérieur mais bien celui de notre for intérieur:  le manque de dépassement de soi est devenu la norme mondiale. Comme une épidémie de “motivapathie“, la motivation nous a quitté pour nous permettre de nous sublimer et semble parfois très difficile à trouver pour accomplir simplement nos devoirs et nos engagements quotidiens. Je compte en tout et pour tout 3 personnes dans mes amis, amies et connaissances qui sont et ont toujours été dans cette puissance du dépassement de soi perpétuel ! Soit une proportion très faible qui, je le pense, est caractéristique de notre société ?.
XXX
La capacité d’implication totale et du dépassement de soi dans la durée est devenue une compétence “licorne-pépite” alors que j’ai l’intime conviction qu’elle était auparavant bien plus répandue. La dureté de la vie, le manque de confort, l’inexistence d’internet, des smartphones et des ordinateurs, le caractère ultra-local de l’information,… : tous ces éléments matériels, sociologiques et historiques concourent à une plus grande contrainte de la condition humaine passée, et donc à une révélation plus large de cette compétence ?.
XXX
La contrainte exacerbe la créativité” ais-je entendu un jour, elle exacerbe en fait le dépassement de soi dans mon analyse.
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Mais de quoi parle-t-on exactement ? ?  Ma modeste définition de la capacité de dépassement de soi se structure sur les 5 bases suivantes:
XXX
  • ?Curiosité intellectuelle: je veux en savoir toujours plus =>je ne me considère pas comme “arrivé” dans un domaine de connaissance; je fais régulièrement le ménage de mes idées pré-conçues => je change régulièrement de perspectives dans mes analyses.

 

  • ?Multi-potentialité: je ne cherche pas la connaissance ultime dans un seul domaine => je recherche la transversalité et le décloisonnement des schémas de pensées spécifiques aux métiers; j’agis comme un prisme avec la lumière => je favorise la dispersion des couleurs dans différents axes; je refuse d’être “mono-employable” et qu’un unique emploi me caractérise => j’exerce différentes activités avec constance.

 

  • ?Insatisfaction récurrente**: j’applique un haut niveau exigence dans ce que je fais => je refuse le chemin de la facilité obligatoire et ne me contente pas du “non, c’est bon” alias le “just enough”; je n’aime pas le travail bâclé ou à moitié fait => je refuse la médiocrité et j’ai le souci de l’amélioration et une sensibilité de la perfection.

 

  • ?Comique extraordinaire: si je peux faire rire en croquant dans la vie à pleines dents alors j’en fais profiter les autres => si ma passion est contagieuse la joie de vivre qui m’anime doit l’être aussi; je refuse le convenu, le conformisme et l’ordinaire =>j’ai le goût du jeux, du défi, du sensationnel et de l’émerveillement partagé quitte à faire rire de moi même ou à provoquer l’incompréhension.

 

  • ?Ni-peureux ni-frileux: je me mets à fond dans ce que je fais => je n’ai peur de plonger la tête la première et je n’ai pas une léthargie incompressible pour me mettre en action; je préfère agir de mon mieux et me tromper que de ne rien faire => je n’ai pas peur de l’échec ni du (re)travail complémentaire

 

Pour expliciter ce propos, prenons l’exemple emblématique des jeunes (enfants et ados) qui construisent
des cabanes. Ils ne tirent qu’une joie très limitée à trouver une cabane déjà construite: le vrai plaisir se trouve dans la construction puis dans le fait de profiter de sa création. Or quand il s’agit de sa création, le jeune ne veut pas qu’elle ressemble aux autres. Il va donc naturellement se dépasser pour qu’elle soit à son image. L’Homme mûr post-moderne semble avoir perdu ce poinçon de dépassement de soi dans ses réalisations que nos ancêtres arboraient fièrement…
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Que l’on soit pauvre/riche/limité ou non, cette notion d’engagement, d’investissement (ou d’implication) personnel(le) qui s’affranchit de la norme et du médiocre pour atteindre les sommets – et donc nous permettre de nous dépasser – reste une caractéristique de notre for intérieur***.
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Vous reprendrez bien une grande dose de MOTIVEX ??
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Crédit Photo : l’excellent Geoffroy Pasquier avec son site ici.

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* Propositions de titre 1: Motivation: ce trésor perdu !, 2: Faire de son mieux ou ne pas faire, là est la vraie question !, 3: J’agis donc je suis !, 4 Médiocrité: STOP !, 5: Introspe-hension : comprendre sa faiblesse par soi-même

** Alias le perpétuel insatisfait de la médiocrité !

*** Constat qui n’engage que moi et sans doute pas les professionnels du coaching: cette capacité à se dépasser n’est malheureusement pas un muscle que l’on peut entraîner et il n’y a pas de bouton magique “mode dépassement de soi activé”. Il faut la révéler dans son for intérieur et la construire tous les jours.

Une fin d’année… CHAAAAAARGEEEZ… !!

Prenons un moment (bref) pour parler ensemble de cette fameuse charge de fin d’année. Charge professionnelle (beaucoup de deadlines ont fâcheusement tendance à se caler au 31 du 12…), charge familiale (les fêtes avec leurs lots de cadeaux, de déplacements, de sorties en grandes tenues,…), charge personnelle (l’été et ses jours à rallonges sont bien loin comme son esprit de détente !), charge physique et morale (non, le froid et la pluie ne rendent pas les gens plus sveltes ou plus joyeux…) viennent toutes s’accumuler dans nos cocottes minutes personnelles ! Trêves des confiseurs, Freeze informatique, rien n’y fait : avant les fêtes c’est toujours le rush et ensuite, redémarrer l’année avec un soupçon de motivation devient déjà une ultime bonne résolution !

Le plus amusant c’est que l’écriture même de cet article se fait dans un timing très serré et dans une charge mentale assez lourde avec une vingtaine de sujets en parallèles, en conflits, et avec des niveaux de priorités clairement aux antipodes. Changer les ampoules avant la venue des parents, réparer le problème de changement de vitesse sur le vélo, écrire un email structurant pour le reste de ma vie professionnelle à un ami et client, rédiger un article pour PME magazine… La to-do-list devient aussi lumineuse et chargée que les plus belles guirlandes ! Un bon son dans les oreilles – je peux recommander Two Steps From Hell, créateurs de musiques grandioses qui stimulent et donnent l’impression que nous sommes entrain d’accomplir, nous aussi, quelque chose de grandiose ! – et nous voilà parti à l’assaut de cette montagne de choses à faire.

Encore faut-il viser le bon sommet ! Le sommet «tout-faire-bien-et-vite » est un sommet pour les très grands professionnels aguerris par des années de pratique. Celui « faire-bien-le-plus-prioritaire » est déjà un sacré challenge car entre le versant nord «prioritaire-urgent » et le versant sud « prioritaire-important », beaucoup ont tellement hésité ou louvoyé entre les deux qu’ils n’ont jamais atteint le sommet ! Bien sûr, considérer « faire-ce-que-je-peux-quand-j’aurai-le-temps » comme un sommet alors qu’il s’agit d’une colline paisible pour les vaches qui ruminent est une erreur de poids.

Tout est effectivement une question de poids : chaque tâche importante accomplie est autant de lest lâché qui nous soulage pour monter plus haut et continuer la prochaine étape de notre itinéraire. J’ai fini par acheter un tableau de 50×40 cm et des stylos effaçables pour gérer ma to-do-list. Tout peut se faire dans un smartphone pourrez-vous me rétorquer en me pensant VCVJ – Vieux Con Vieux Jeu. C’est vrai. C’est aussi vrai que mon tableau ne me sert qu’à ma to-do-list, et en période de grande charge, il ne m’offre aucune autre distraction ni échappatoire que de m’afficher mes tâches en 50x40cm. N’étant pas connecté à internet et n’ayant aucune espèce d’interactivité, il me sert juste à dessiner mon itinéraire, à effacer le chemin parcouru et à me concentrer sur la DRAP – Distance Restante A Parcourir. En période usuelle, le smartphone suffit. Quand la charge est aussi lourde à porter qu’elle est intense à vivre pour fondre sur son plus vieil ennemi – ce moi flemmard et procrastinateur- , j’ai fait de ce tableau une arme de défense – contre l’oubli, les prétextes, la faculté à laisser le temps filer – et d’attaque – contre chaque tâche de la plus pénible à la plus harassante-.

Tout un article pour une vague métaphore filée entre la charge de travail/militaire et la montagne me direz-vous ? Et bien pas seulement. J’en viens à l’étoile sur le sapin, à cette caractérisation-cadeau que vous ne lirez probablement pas ailleurs : l’organisation et la détermination ne sont que des paramètres exclusifs mais non exhaustifs de l’équation.

Portez vous bien et bon courage à chacun de vous pour cette fameuse chaaaaaaaarge !

 

T

 

 

 

 

Le “business confessionnel” peut-il encore se développer ?

Finance Islamique, Consulting inspiré des valeurs Chrétienne, Judaïsme impactant de manière décisive l’épanouissement de l’éthique occidentale en matière d’économie…

Les grandes religions ont toujours eu, et continuent d’avoir, à la fois un impact sur l’économie réelle et une plus-value dans l’enrichissement des manières de « faire » du business.

Loin des doctrines et lois religieuses, la religion dans le business, c’est d’abord un partage de valeurs communes et ensuite une entraide communautaire qui s’inscrit dans une histoire commune ou des nouvelles rencontres facilitées par une pratique religieuse. En effet, aller au culte à l’Eglise le dimanche, à la Synagogue le samedi ou à la Mosquée le vendredi, c’est entretenir des liens non seulement avec le Divin mais aussi avec nos co-religionnaires ou plutôt nos frères et sœurs dans la même foi pour mettre en lumière ce côté plus familial de la communauté religieuse. La famille dans les affaires, c’est à la fois un grand avantage et pourtant cela peut tout compliquer : même lien de causes à effets pour la foi dans le business ?

Un homme brillant, animé d’une foi profonde et rayonnante, m’a dit tout récemment « le business confessionnel, ça ne marche pas ! » … Ce manque de foi dans la pérennité d’un tel business valait bien un article me suis-je dis !

Repartons simplement sur cette thématique ô combien complexe :

Postulat numéro 1 : La foi exige une conduite vertueuse.

Postulat numéro 2 : La conduite vertueuse est bénéfique pour la pérennité du business.

Conclusion logique : Le business gagnerait à plus reconnaître les mérites de la foi et à les mettre en avant.

Constat terrain : le religieux dans le business est source de craintes -tensions, difficultés de dialogue, etc.- et n’aide pas à la signature de contrats d’affaires dans la plupart des cas.

Problématique : Le religieux peut-il réellement se décliner à d’autres niveaux que celui individuel notamment l’entreprise ou, plus largement, la sphère économique ?

La religion est avant tout propre à chaque individu avant d’être une affaire d’entreprise. Mais qu’est-ce qu’une entreprise ? Une aventure humaine partagée entre plusieurs individus. L’entreprise ne peut ainsi nier les différentes facettes des identités de ses collaborateurs, des fondateurs historiques aux derniers arrivés. Un équilibre est nécessaire entre l’identité au travail et l’identité personnelle du collaborateur qui ne peut ni se renier ni gommer son humanité.

Je repense à cet entretien avec un Senior Manager d’un de mes anciens Cabinets de Conseil qui avait des TOC – Troubles Obsessionnels Compulsifs -, cela m’a encore plus motivé pour rejoindre ce Cabinet qui, dans un milieu très concerné par l’apparence, avait eu la bonne idée et le courage d’embaucher des talents réellement diversifiés. Je repense à ce team building avec un autre Cabinet ou avec un collègue d’une autre religion, nous avons profité d’un très bon « dîner détente », après une journée de visites et d’activités, pour nous découvrir dans les différences et les similarités de nos deux religions. La discussion s’est même prolongée bien plus tard que le dîner et notre estime mutuelle professionnelle s’est agrandie par le sens que nous pouvions donner à notre travail et à nos vies grâce à nos religions. Je termine cette digression sur des exemples personnels avec ce souvenir de cette mission dans la filiale londonienne d’une banque privée allemande où en quelques pas dans les couloirs entre deux réunions je croise tour à tour un homme avec une Kippa, une femme avec un Hijab alors que je marche aux côtés de mon collègue Jaswinder qui portait son Dastaar (Turban Sikh) !

Toujours en prenant des exemples concrets et réels, j’en viens à ces entreprises qui ont accepté que la foi guide, du moins partiellement, leur activité commerciale.

  • En se basant sur la DSE – Doctrine Sociale de l’Eglise- et la publication « Oeconomicae et pecuniariae quaestiones – Considérations pour un discernement éthique sur certains aspects du système économique et financier actuel » l’entreprise Suisse Aliter Invest a ainsi volontairement assumé la valeur ajoutée de la foi catholique pour créer des fonds d’investissements durables, éthiques et même bio-éthiques ! Rejoignant les propos du Cardinal Turkson, Aliter Invest considère que l’économie doit « servir l’humanité au lieu de la gouverner» en instaurant une «croissance circulaire, durable, équilibrée et inclusive». La finance catholique : une nouvelle niche du marché de l’investissement ou bel-et-bien le futur produit mass-market d’un monde de plus en plus concerné par l’écologie humaine intégrale ?
  • La finance islamique est quand-à-elle plus connue et, si elle représente moins de 1% de la finance mondiale, elle « pèse » tout de même 2000 milliards d’euros. Loin des investissements dont la croissance est plutôt lente, le marché des produits Halal est quand à lui en plein boom avec une croissance forte et ininterrompue depuis deux décennies. Ainsi l’entreprise HCS –Halal Certification Services, par sa filiale basée en Argovie, a permis la certification de nombreux produits alimentaires Suisses dans le respect de la religion musulmane et selon des critères de qualité exhaussés.
  • Pour conclure sur le trio des 3 grandes religions monothéistes, je citerai CostBrokers SA, où vous pourrez découvrir la joie de manger dans un très bon restaurant Kasher en déjeuner d’affaires. Pour cette entreprise, la fidélité et le respect de l’autre ne sont pas un concept commercial mais bien un enracinement dans une attitude de vie durable; c’est-à-dire une constante éprouvée par la pratique d’une foi ancestrale. La foi et les valeurs de ses collaborateurs rendent ainsi cette entreprise encore plus vertueuse pour des relations d’affaires durables et mutuellement bénéfiques.

Il existe bien évidemment une gradation dans l’intégration des valeurs confessionnels dans le business. Ainsi, plus la religion est l’objet même du business – exemple de l’entreprise HCS-, plus le business est confessionnel.

La religion et ses valeurs confessionnelles peuvent donc être utile au business à la fois pour le guider mais aussi pour le rendre prospère ! La sphère économique peut en définitive bénéficier des valeurs religieuses à la fois dans des développements sectoriels spécifiques (niches) mais aussi dans une transversalité plus large dans des pratiques d’affaires commerciales ou des pratiques de développements personnels -par exemple, certaines méthodes de coaching s’inspire largement des valeurs de l’Évangile-.

Mais alors les non-religieux, très largement majoritaires, seraient-ils défavorisés sans ces valeurs confessionnels ? Pas forcément si l’on est prêt à accepter qu’un religieux, c’est un pratiquant qui se pose des questions ! Par exemple si un CEO est philosophe pratiquant et cherche des réponses à ces questions : « quel est le sens de mon business ? pourquoi j’existe ? Qu’est-ce que j’apporte à la société ? Quelle est la finalité de mon rôle de Manager ? etc. » alors il peut-être bien plus religieux que certaines personnes qui se catégorisent elle-même comme “religieux -Juif, Chrétien, Musulman- non-pratiquant”. La foi c’est donc un questionnement perpétuel, d’innombrables doutes mais aussi la petite vertu d’essayer d’être honnête avec soi-même.

Du reste, la religion peut aussi s’avérer limitante. Il y a les “bonnes limitations” pour une préservation de l’éthique de l’entreprise -peut-on même oser le terme de “sainteté de l’entreprise“?- comme pour mieux canaliser/sécuriser le business. Par exemple dans le droit islamique, l’argent ne doit pas être créé sans travail (riba), la spéculation est donc à proscrire : la création de richesse ne reposant pas sur une transaction réelle est interdite. De même, les jeux d’argent ne font pas bon ménage avec un grand nombre de religions. Mais il y aussi les “mauvaises limitations” : celles qui conduisent à l’exclusion dans un esprit communautariste au lieu de communautaire et fraternel.

La foi, part intégrale de notre humanité qui nous rattache à une transcendance supérieure, nous permet ainsi de voir à plus long terme et de développer des vraies valeurs humaines, voire humanistes, la bienveillance notamment. Par exemple, selon la foi juive, c’est aux Hommes d’agir pour rendre le monde meilleur et plus agréable au Divin :  l’entreprise en tant qu’association d’Hommes peut agir dans ce sens notamment au travers de l’innovation et la préservation de la Nature. L’économie réelle, celle qui nourrit nos familles et nous enrichit professionnellement et humainement, s’enrichit elle-même de la plus-value des diverses religions qui apportent une vraie touche humaine et refusent l’idolâtrie du profit à tous prix.

Ma petite conclusion personnelle sur ce sujet, « ma foi » complexe, est que le business confessionnel est possible et que je lui souhaite personnellement le meilleur développement possible tant qu’il reste porteur de valeurs sacrées -c’est à dire, tant qu’il garde pour objet final le bien-être de l’Homme croyant ou non-. J’ai osé cet article car je regrette sincèrement que la foi soit toujours “mise sous le boisseau“ dans le business et la vie professionnelle : le plus souvent à cause d’une gêne -plus ou moins irrationnelle- ou d’une ignorance déplorable.

A tous ceux qui lisent cet article, quelle que soit votre religion et même si vous n’êtes pas pratiquants : soyez bénis et que votre travail comme vos entreprises soient sanctifiés !

 

Pour aller plus loin:

Origines et fondements de la finance islamique

Judaïsme et Economie

Les grandes entreprises et la religion

www.ecoreseau.fr/reseaux-influence/2015/04/01/cercles-confessionnels-communautes-de-convictions/amp/

https://www.capital.fr/votre-carriere/la-religion-source-d-inspiration-des-managers-882264

L’innovation : un aimant qui attire toutes les entreprises, même celles dépourvues de champ magnétique… !

Triptyque / La passion de la transformation par et pour l’innovation – 3/3

Après avoir parler de la passion et de la transformation, voici venu l’innovation:

Depuis les années 90’s, les cycles de transformation-mutation des entreprises se sont accélérés à la fois pour suivre la course au profit dans l’éclosion des nouvelles technologies mais aussi dans une nouvelle course qui est celle de l’innovation ou, du moins, celle d’obtenir une réputation d’entreprise innovante…

De la même manière qu’on ne peut déclencher les passions en entreprise ou se décréter corporate transformers c’est-à-dire une entreprise en pleine maîtrise de ses transformations ; l’innovation ne se stimule pas aisément.

L’innovation c’est d’abord et avant tout un travail de forgeron. C’est en forgeant qu’on devient forgeron : c’est en s’éreintant à alimenter le feu, remplir le creuset, tenter de donner une forme au métal, en échouant et en recommençant que l’on finit par y arriver. Le nombre de coups de marteau et le poids du métal “perdu” entre un bloc de métal en fusion et le travail fini (un couteau de prestige réalisé par une coutellerie d’exception par exemple) c’est autant d’énergie et d’investissement nécessaires. L’innovation commence donc par un investissement de temps et de travail et donc d’argent.

Mais innover c’est bien plus qu’un verbe ou un élément de stratégie d’entreprise, c’est ce tuteur qui soutient la transformation de la plante en croissance à partir d’une graine de passion solidement enracinée. Notre monde du travail a vu fleurir des postes de Directeur d’Innovation ou des départements dédiés qui ont eu, à mon sens, un effet ring-fencing (isolement par une muraille de Chine) au lieu de promouvoir le partage et la dissémination d’idées et d’actions créatrices.

En physique, les matières non-magnétique (Or, Argent, Cuivre, Laiton, Aluminium, Zinc, etc.) ne peuvent générer de champ magnétique : dans l’entreprise, une bonne stimulation de l’innovation commence par une observation approfondie de l’environnement. Les personnes, sujets, systèmes, projets, qui semblent attirés naturellement l’un vers l’autre, sans incitation, sont les plus prometteurs en termes d’innovation.

Je serais curieux de voir à quel point les entreprises considérées comme innovantes se reposent en réalité sur quelques pépites individuelles pour produire de véritables innovations. L’envers du décor est hors de portée mais mon expérience de Conseil a déjà pu me confirmer que la sueur et la détermination comptent bien plus que le génie dans ce processus ardu de création de nouvelle valeur ajoutée. Quand j’accompagne des entreprises dans ce domaine, je constate souvent une (re)découverte de leurs propres fonctionnalités comme dans le cas d’un gros logiciel dont certains modules n’ont jamais été utilisés. Rien d’insurmontable donc, mais avant tout la nécessité d’un esprit d’exploration et d’observation aguerri pour savoir où aller et comment y aller.

Je repense à cet ami, grand chef cuisinier, qui a su marier passion, activité professionnelle en perpétuelle transformation (restaurateur puis traiteur puis enseignement puis jury et maintenant conférencier, to be continued…) et innovation car véritablement créateur et inventeur de nouvelles saveurs et de nouveaux concepts variés du visuel, à la texture ou à la technique d’agencement. Au final, que ce soit un repas préparé pour des Chefs d’Etat, des Dirigeants d’Entreprises, des touristes d’une autre culture, des amis (chanceux !) ou bien des pauvres qui viennent à la fin de son service, le plaisir de son travail est toujours partagé par tous.

Je repense à ces sourires ravis qui virent décoller Franky Zapata sur une plage de la Manche le 4 août 2019 pour réaliser cet exploit à la fois preuve d’intrépidité et de ténacité de toute une équipe.

Le détecteur de métaux précieux est à substituer par un détecteur de plaisirs partagés en entreprises !

En définitive l’entreprise, en tant qu’aventure humaine partagée, se doit de préserver et promouvoir les passions individuelles : elles s’avèrent souvent être professionnalisantes, nous permettent de nous remettre en question et d’évoluer en développant notre capacité de transformation, nous poussent agréablement et assurément sur les chemins de l’innovation.

***

Note sur la formule:

Si Passion = 0 => Innovation = 0

Si Travail = 0 => Innovation = 0

Si la Transformation >1 (soit plusieurs réalités possibles atteignables par des projets définis), elle a un effet démultiplicateur sur la création d’Innovation

La transformation d’entreprise : facteur décisif d’épanouissement des collaborateurs !

Triptyque / La passion de la transformation par et pour l’innovation – 2/3

Après avoir évoqué la passion en entreprise, il convient d’aborder un des sujets les plus passionnants de l’entreprise : sa perpétuelle transformation.

 

Si je regrette personnellement que la digitalisation et la mondialisation aient quelque peu standardisé cette transformation qui se faisait autrefois de manière plus décentralisée, plus autonome; je reconnais néanmoins les formidables atouts que sont le partage des best practices cross industries -meilleures pratiques de travail indépendamment du secteur-. L’apprentissage de la transformation s’est ainsi vulgarisé et accéléré.

 

L’entreprise est parfois un drôle d’animal : il peut lui pousser de nouvelles pattes pour avancer, capable de s’auto-mutiler pour survivre, de se scinder ou de fusionner pour accomplir une stratégie. Si son régime alimentaire ne varie guère -ressources humaines, matérielles et technologiques-, ses tailles ou morphismes ainsi que ses environnements d’évolution sont diversifiés à l’infini. Diriger une entreprise c’est parfois dompter un animal mutant, à la fois prédateur et proie, dont la réceptivité dépend d’une subtile alchimie d’intelligences combinées hommes/machines. Si les vaches ou les moutons peuvent être apparemment dociles et complaisants dans leur productivité de lait ou de laine, le métier d’éleveur n’en est pas moins une sinécure pour autant.

 

La transformation d’entreprise et en entreprise, c’est donc d’abord une vigilance de tous les instants. Peu adepte des néologismes, j’ose pourtant employer le terme parfaitement adapté de « vigil-intelligence » : vigilance exhaussée par une intelligence de situation, d’environnement, du mouvement, de la trajectoire et bien sûr de l’état d’esprit.

 

L’entreprise véritablement métamorphe, entretenant l’exigence d’une perpétuelle transformation vers un intérêt général meilleur, se définit pour moi selon 5 facteurs :

  • La force et la flexibilité de sa propre Culture d’entreprise ⇒ son ADN
  • La résilience de ses Talents ⇒ son énergie vitale
  • L’esprit d’Exploration ⇒ combinaison de son intuition, de son libre arbitre et de son acuité visuelle
  • L’historique et ses capacités Projet ⇒ ses facultés physiques et mentales
  • L’Adhocratie clients et produits ⇒ son instinct de survie
  • La capacité d’Empowerment alias décentraliser/rendre autonome ⇒ son caractère sociable, docile mais déterminé

Cette entreprise métamorphe, permise notamment par un Management d’excellence, devient alors naturellement performante et outstanding !

 

Oui, ces transformations d’entreprises peut s’avérer passionnante : passer d’un point A à un point B peut se faire de milles manières différentes et, selon l’état de ses forces et le niveau d’hostilité de l’environnement, la valeur des itinéraires est hautement variable. La transformation récente -digitale ou non- de certains métiers, de certaines entreprises, a permis une contamination par transformation progressive de secteurs entiers de l’économie. L’imprimante 3D et les algorithmes de reconnaissance sémantique constituent des exemples contemporain de référence par leur éventail de possibilités “extra-large”.

 

Après des années de Conseil à cadrer, initier, vivre, subir ces transformations, j’en suis venu à la conclusion suivante : la plus belle et la plus réussie des transformations d’entreprises est celle qui est naturelle.

Comme la passion qui ne s’impose pas et qui, dans son sens contemporain, ne se subit pas ; la transformation naturelle est impulsée de manière irrésistible. Pour ce faire, la volonté de l’équipe dirigeante doit servir de catalyseur comme un jardinier qui entretient les bonnes conditions de développement -terreau sain, ensoleillement, eau, etc.- sans pour autant prédire ni le rendement ni la variété de plantes ayant la meilleure croissance. Les plantes -les collaborateurs- et leurs fruits -les projets- s’épanouissement ainsi naturellement.

 

Dans le dernier article de ce triptyque, nous verrons justement ce mécanisme de l’innovation : véritable bouffée d’inspirations-passions pour réussir sa transformation.

Et vous, avez-vous été déjà passionné(e) par la transformation de votre entreprise ?

Le mythe entrepreneurial : “ma passion est devenue mon Job !”

Triptyque / La passion de la transformation par et pour l’innovation – 1/3

La passion.

Comprendre la passion c’est d’abord effectuer un retour aux sources. Étymologiquement le mot latin passio signifie « souffrance » et c’est bien pour cette raison qu’on parle parfois d’une passion dévorante voire même violente. Dans le langage courant actuel, la passion désigne un penchant, une inclination très vive et irrépressible à laquelle on succombe avec plaisir. Finalement être passionné signifie, dans le sens commun actuel, un subtil mélange entre prendre du plaisir sans compter ses heures et être habité par une motivation durable qui nous plonge dans l’action sans violence.

Effectivement, pas de passion sans action. La passion se vit dans l’action qu’elle soit physique ou intellectuelle, dépensière ou non, éloignée de notre milieu socio-professionnel ou non. Mais l’action se résume finalement à deux mondes : le monde professionnel et l’activité de loisir. Celui de Franky Zapata qui enfile sa combinaison de vol en même temps que sa passion pour le vol basse altitude et ses applications militaires et dans l’industrie du transport par exemple. Et celui des passionnés d’autres costumes : reconstitutions historiques des guerres Napoléonienne, fantaisie médiéval et GN – Grandeur Nature-, airsoft et treillis militaire…

 

Le monde professionnel, c’est ce fameux monde du travail dont l’étymologie entre en résonance avec la souffrance : la torture… Si torture rime toujours avec souffrance, le travail devrait logiquement rimer avec passion ? C’est malheureusement loin d’être aussi simple ! Le travail semble avoir conservé son sens premier de torture alors que la passion s’est drapée de la toge du plaisir quasi-épicurien. Est-il donc encore possible de concilier les deux : le travail et la passion, la torture et le plaisir ? Sans sado-masochisme primaire la réponse nécessite une analyse approfondie.

 

En premier lieu, il convient de s’interroger sur la causalité. La passion entraîne l’action et peut donc naturellement se transformer en travail rémunérateur. Le corollaire d’un travail qui déclencherait une ou des passion(s) semble beaucoup plus conditionnel voire anecdotique, en tout cas dans le monde actuel de l’entreprise dominé par le secteur tertiaire. Rendre une profession passionnante semble ainsi plus ardu que de professionnaliser une passion.

 

Une autre approche consiste à intégrer l’environnement de travail comme un facteur déclencheur de passions. Le travail n’est plus le seul vecteur des passions mais les collègues, l’ambiance, la variété des sujets traités deviennent des sujets. Encore faut-il que un cadre de travail suffisamment flexible pour être apprécié car trop souvent les rigidités hiérarchiques, les fonctionnements en silo, les mentalités old school viennent briser les vagues d’une mer de passions des plus vigoureuses. L’évènement de la Work Smart Initiative à Lausanne le 29 août 2019 pourra à ce propos donner des pistes fiables pour favoriser le cadre flexible de travail.

 

Réunir des gens animés d’une même passion est le défi le plus rude de tout entrepreneur, les débuts d’une entreprise étant tellement aventureux que, parfois, seule la passion permet la résilience. Mais que ce soit pour un néo-dirigeant ou un dirigeant expérimenté, la passion ne se propage pas de manière prédictive comme une épidémie ou une contagion ciblée. L’alchimie de la passion partagée est bien plus complexe que les équations de rentabilité, les algorithmes de viralité, les facilités déclenchées par un réseau fortuné.

 

Oui, on peut faire de sa passion son métier. De là à en faire un métier rentable voire aussi rentable qu’un autre moins coûteux en temps et en stress, c’est déjà un très grand pas. Et au-delà de la rentabilité à quel coût, la problématique de rassembler une équipe ou de s’associer pour constituer une véritable Entreprise en croissance constitue un vrai saut de géant.

Cet article constitue un premier pas dans la compréhension du lien passion-travail, nous verrons dans un deuxième article quel rôle peut jouer la transformation dans ce lien pour enfin en conclure dans un dernier article sur la finalité d’un mariage épanoui entre travail et passion.