Covid et situations explosives : évitons au maximum les chocs !

Comme les manipulations dans les laboratoires de chimie, certaines situations nécessitent une prévention particulière au vu des risques réels.

La gestion sociétale de la Covid ressemble étrangement à la manipulation d’un produit intrinsèquement explosible comme ceux utilisés en chimie :  “ces produits peuvent exploser, suivant le cas, au contact d’une flamme, d’une étincelle, d’électricité statique, sous l’effet de la chaleur, d’un choc, de frottements. . .”

Tantôt une “grosse grippe” pour certains, tantôt un “châtiment de la nature” pour d’autre, tantôt des études poussées pour calculer les pertes économiques, tantôt des démonstrations chiffrées pour prouver une surmortalité par pays et, quand même heureusement de temps en temps, un trait d’humour (blague, mème, GIF, etc.) pour dérider nos esprits raisonnés qui semblent ne plus savoir où se cache la raison !

Un ami chimiste qui travaille actuellement sur l’application de nano cristaux sur des surfaces m’expliquait que ses manipulations doivent toujours se faire avec une extrême précaution pour éviter, au maximum, la moindre contrainte. J’ai l’impression que la Covid est une substance hautement explosible et que nos gouvernements sont perplexes non seulement quant au protocole à suivre pour éviter les incidents/accidents mais aussi quant au protocole de gestion de ces derniers. Par exemple, si l’atmosphère d’un laboratoire devient contaminée -toxique ou explosive- après un accident impliquant une pollution importante, l’INRS explique en neuf points précis avec des verbes d’action toutes les mesures nécessaires page 21 de ce document. En ceci, ce qui me gêne le plus n’est pas tant l’absence de protocole que la faible acquisition d’expériences et ce, plus d’une année depuis le début de la pandémie.

Expert en gestion de projet, je peux vous assurer que chaque échec important au cours d’un projet que j’ai eu à mener a fait l’objet d’un mémorandum (encore appelé post mortem) pour détailler les causes racines, les mesures correctives prises et celles préventives mises en œuvre pour éviter un nouvel échec voire réparer les dégâts de l’échec initial si possible. L’échec arrive toujours à un moment et n’a rien de mauvais en soi (failcon spirit), en revanche l’absence de leçons apprises suite à l’échec est une double peine extrêmement préjudiciable. Mesures locales versus nationales, restrictions étendues versus restrictions ciblées : autant de mesures et propositions que de partisans et de contradicteurs sans véritables leçons durables apprises et mises en pratique. Notre climat social est ainsi aujourd’hui aussi pesant qu’explosif. Comme un chimiste qui n’a pas dormi depuis plusieurs jours qui tente de prendre des précautions avec les mains qui tremblent et les yeux embués. . .

Le fond de mon propos est donc un retour à une réflexion aussi propice que nécessaire. Modestement, je propose les choses suivantes :

  • Selon le principe des réservistes dans l’armée, instaurer une “réserve de santé” avec différents paliers de déclenchements.
  • Simplifier, autant que possible, les démarches “présentielles physiques” en les convertissant en “téléprésence” : guichets virtuels (avec opérateurs réels !) pour dépôts de dossiers, demandes de renseignements, validation de signature, achats à distance suivi de livraisons etc. ; mais aussi pourquoi pas, jugements dans une salle d’audience virtuelle (sauf affaires pénales), soit finalement tout processus relatif à une consultation ou une décision d’ordre technique possible en distanciel. A ce titre j’ai pu signer mon premier mandat de conseil uniquement par téléconsultation -sans rencontre physique- avec un nouveau client et je tiens ici à saluer l’ouverture d’esprit de ce chef d’entreprise basée en Suisse Romande qui se reconnaîtra !
  • Mettre en place un registre électronique de passage pour les bâtiments de santé recevant du public avec une pièce d’identité officielle munie d’une puce pour badger facilement.
  • Etablir une nomenclature du télétravail en fonction des métiers, à l’image du “nutriscore” pour l’alimentation, on pourrait très bien imaginer un “téléscore” avec 5 niveaux :
    • niveau A les métiers qui peuvent se faire entièrement à distance (ex : comptables, développeurs, etc.)
    • niveau intermédiaire les métiers qui peuvent partiellement se faire à distance (ex : avocats, commerciaux, etc.)
    • niveau E les métiers qui ne peuvent se faire qu’en présentiel (ex : manutentionnaires, maçons, etc.)

Je laisse les personnes dont c’est le métier continuer cette liste mais j’avoue qu’en tant que libre penseur, je suis un peu déçu de la médiocrité des propositions que je lis ou j’entends dans la presse. Je reste sur ma faim concernant les efforts, véritablement innovants, qui nous permettront de revivre un jour sans gel et sans masque.

Nous pouvons, non, nous devons faire mieux. Il en va de notre économie, de notre paix sociale, de notre savoir-être, de notre futur.

Je souhaite à chacun de mes lecteurs de vivre normalement et simplement quelques jours en 2021 pour que nous retrouvions tous notre lucidité et notre raison dans ce monde qui se cherche !

Amitiés,

T – #ThinkToDoBetter

[email protected] / +41 76 607 99 72

crédit photo: istock

Thibaut Gallineau

Thibaut Gallineau

Thibaut Gallineau est Consultant Indépendant à Genève pour les Services Financiers et les PME, sa curiosité intellectuelle l'a aussi poussé à devenir Enseignant-Chercheur à l’EDHEC et Professeur Associé dans plusieurs Business School. Marié et père de 4 enfants l'ennui ne fait heureusement pas partie de sa vie.

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