L’agilité pour une PME établie

De plus en plus, les médias et les entrepreneurs se font l’écho des succès des méthodologies agiles dans les entreprises. Loin de vouloir déterminer la souplesse physique d’une société, ce terme fait davantage référence à sa capacité de s’adapter rapidement et efficacement à des changements. La promesse de l’agilité est d’améliorer la valeur finale livrée au métier à consommation de ressources équivalente et d’offrir une meilleure résilience et compétitivité à l’entreprise.  Cela passe par une transition des pratiques de développement logiciel traditionnelles vers une approche plus itérative.

Le terme « agilité » est souvent compris différemment par le conseil d’administration, les métiers et les équipes de développement d’un service informatique. D’un côté, l’agilité peut être synonyme de grande flexibilité. De l’autre, elle peut être synonyme de méthodologie rigide et militaire pour un fonctionnement réussi.

PME vs start-up

Cet écart est plus marqué si vous êtes une PME déjà établie plutôt qu’une start-up digitale « née dans le cloud ». Il y a davantage de défis à mettre en œuvre l’agilité dans une PME ayant un certain historique, un système d’information existant et bien intégré, que dans une jeune pousse centrée sur le développement d’un unique produit.

En effet, la PME devra à la fois maintenir les applications historiques en fournissant du support aux utilisateurs (l’opérationnel courant), tout en faisant évoluer ces mêmes applications et réaliser des projets de transformation digitale. Souvent ceci s’effectue en s’appuyant sur des ressources humaines limitées qui sont mutualisées entre les activités.

Une application « agile » parfois difficile

Aussi, réaliser un projet avec une méthodologie agile est relativement simple, mais mettre cette agilité à l’échelle d’un service informatique est bien plus complexe si la taille de l’entreprise ne permet pas de dédier des ressources par activité.

Une PME aura généralement déjà une méthodologie de gestion d’un portefeuille de projet, mais avec des budgets projets et informatiques séparés. Les outils de planification du portefeuille seront également souvent différents et déconnectés des outils de planification des équipes agiles embarquées dans les itérations de développement.

D’autres difficultés ou challenges sont souvent présents dans des PME de taille moyenne:

  • La capacité de focaliser et de créer des équipes dédiées et autonomes, particulièrement lorsque certaines ressources sont spécialisées
  • L’intégration des métiers dans le fonctionnement agile des équipes en fonction de leur disponibilité
  • L’augmentation de la fréquence des livraisons, ce qui peut demander des refontes ou rénovation d’applications pour s’adapter à ce nouveau rythme, et devra nécessiter un certain niveau d’automatisation des tests
  • La disponibilité et le rythme des fournisseurs (sociétés de services, intégrateurs) qui ne sont parfois pas alignés aux besoins de l’entreprise
  • Le cadre budgétaire. Toutefois, la consommation budgétaire sur les projets et les maintenances évolutives sera de toute manière limitée par la disponibilité des collaborateurs internes.

Bénéfices et conseils

Les bénéfices de l’agilité sont pourtant bien réels et connus, et la transition mérite d’être menée. Grâce à la structuration par itérations, une meilleure visibilité et transparence sur la planification sont rendues possibles. Les conflits sont détectés et les arbitrages effectués davantage en amont en tenant compte de la capacité réelle des ressources. Les effets tunnel du développement sont réduits, la valeur livrée au métier ainsi que le « time-to-market » sont plus élevés, et l’utilisation des ressources est optimisée.

Pour faciliter la transition des équipes qui travaillent selon un mode traditionnel, un accompagnement au changement est inévitable. Il est dès lors recommandé de s’appuyer sur un.e consultant.e avec une riche expérience dans l’implémentation de l’agilité dans des entités de taille comparable. Nul intérêt d’être conseillé par un.e expert.e ayant uniquement déployé des frameworks agiles dans des multinationales.

Et comme pour un projet en mode agile, la mise en œuvre au sein de l’entreprise doit se décliner par itération. C’est-à-dire en expérimentant par étapes. En ce sens, il faut se donner le droit à l’erreur, puis le droit de rectifier la direction prise sur le parcours. Il faudra également différencier les rôles agiles pris par le collaborateur de sa fonction même au sein de l’entreprise. De plus, la méthodologie projet de l’entreprise devra évoluer pour accepter des incertitudes sur le périmètre des projets.

En résumé, une PME n’est pas nécessairement Meta ou Google et n’a pas besoin de livrer quotidiennement en production. Afin de mettre l’agilité en place pour une PME établie, il y a lieu de rester pragmatique et de mettre en œuvre l’agilité de manière progressive sans renier ce qui fonctionne bien dans l’entreprise.

 

Julien Beck

Responsable du Service gouvernance, architecture et données

La gestion du changement: Prise en compte des aspects humains

Qu’est-ce que le changement ? C’est un processus, un mouvement qui nous amène d’une situation présente à une future, en passant par une phase de transition et d’acceptation. En entreprise, chaque changement organisationnel a un impact sur la façon dont les collaboratrices et collaborateurs réalisent leur travail. Avant, j’utilisais tel système informatique, demain j’utiliserai le nouveau logiciel mis en place. Ou encore, aujourd’hui je fonctionne de cette façon, mais demain le contexte organisationnel sera différent. Je devrai dès lors fonctionner autrement.

Le changement, une étape cruciale

Dans tout changement, le cœur névralgique, la véritable unité de mesure, c’est l’être humain. C’est vous, c’est moi. Pour qu’une organisation puisse avoir un véritable retour sur investissement, lors de la réalisation d’un projet complexe, il est essentiel que les personnes concernées comprennent les raisons du changement qui va s’opérer pour qu’elles puissent décider elles-mêmes d’y adhérer et de l’adopter. En effet, l’adhésion de chacune et chacun est essentielle à la réussite du projet. De nouvelles connaissances et compétences devront probablement être acquises. Des garde-fous devront être mis en place afin d’éviter un retour aux anciennes pratiques. Une poignée d’individus sera peut-être hésitante. A ce moment-là, le dialogue sera plus que jamais nécessaire pour lever les éventuelles réticences et répondre aux interrogations.

Dans l’ADN d’une entreprise

La réussite d’un changement nécessite donc la prise en compte des aspects techniques, traités dans le cadre de la gestion de projet et de l’humain. C’est pourquoi l’instauration d’un comité de conduite du changement figure comme une étape cruciale dans une entreprise. En effet, sa mission première consiste à s’assurer que l’humain est valorisé et pris en compte dans le changement. Et ce, que ce soit simplement au niveau technique ou plus largement à un niveau organisationnel. Cela passe tout d’abord par une analyse de risque du projet permettant d’identifier la nature du changement et le degré de préparation de l’organisation à celui-ci. Ensuite, en fonction du risque identifié, les change manager pourront être sollicités afin de soutenir les responsables de projets dans l’accompagnement du changement. Ces derniers bénéficieront d’une formation à la gestion du changement pour leur permettre de devenir des pilotes efficaces du changement.

Avec l’intégration d’un comité de conduite du changement, la culture du changement va ainsi progressivement faire partie de l’ADN de l’entreprise.

 

Patrick Besson

Directeur des Ressources Humaines

Environnement, Social, Gouvernance (ESG): n’oublions pas le S !

Les investissements socialement responsables (ISR) se sont transformés en une véritablement tendance de fond. Aujourd’hui pas une banque, une compagnie d’assurances ou une institution de prévoyance qui ne mette en évidence ses actions pour devenir un investisseur encore plus responsable. A ce titre, Retraites Populaires et les autres caisses de pension en gérance reflètent cette tendance depuis des années déjà.

Consciente de sa responsabilité en tant qu’investisseur institutionnel, Retraites Populaires a intégré le développement durable dans son cœur d’activité en mettant en place une politique d’investissement responsable. A tel point qu’en 2015, elle a renforcé son engagement en adoptant une Charte d’investissement responsable et a adopté cinq ans plus tard, une stratégie climatique.

Une pression “verte”

De manière générale, cette tendance apporte des résultats extrêmement concrets et encourageants. Les investissements socialement responsables se déclinent selon trois dimensions traditionnelles : les fameux critères ESG.

Le critère environnemental, correspondant au E d’ESG, prend en compte les émissions de CO2 et de gaz à effet de serre, la gestion des déchets, les économies d’énergie et la prévention des risques environnementaux. Ce critère est fréquemment prioritaire pour les investisseurs. Il se décline en de nombreuses initiatives pour exiger que les multinationales s’engagent à réduire leurs émissions de CO2. En Suisse, la Fondation Ethos, porte-parole des caisses de pension, a exigé de Nestlé et Holcim pour qu’elles prennent des engagements devant leurs actionnaires. Les caisses de pension les plus avancées définissent une stratégie climatique qui fixe des objectifs précis de diminution de l’impact carbone dans leur politique d’investissement, au cours des prochaines années.

Sortie du charbon

Le critère de gouvernance concentre ses efforts sur le bon fonctionnement du conseil d’administration et de la direction d’entreprise. Il s’assure notamment de la répartition des compétences et des genres dans le Conseil d’administration. Il prend notamment en compte la transparence de la rémunération des dirigeants de l’entreprise et la lutte contre la corruption.

Dans ce domaine également de nombreux progrès ont été réalisés au cours des dernières années. Lors de la dernière assemblée générale du groupe pétrolier ExxonMobil, un groupe d’actionnaires composé d’un hedgefund et d’investisseurs institutionnels a réussi à imposer l’élection de deux nouveaux administrateurs sensibles à la mise en œuvre d’une stratégie visant à limiter durablement les émissions de gaz à effet de serre. Lors de l’assemblée de Credit Suisse, une demande de planning destinée à la sortie du financement des activités liées au charbon a été présentée.

Assurer une véritable harmonie

Si les dimensions environnementales et sociales sont davantage considérées, celle concernant le social qui prend en compte les conditions de travail, le respect du droit des employés, la prévention des accidents, la formation du personnel, la chaine de sous-traitance ou encore le dialogue social est beaucoup trop souvent laissée de côté. Les voitures électriques jouissent actuellement d’une belle aura et sont de plus en plus présentes sur nos routes. Elles ont cependant des zones d’ombre. L’extraction des minerais nécessaires à la production des batteries ne respecterait parfois pas les droits sociaux élémentaires des travailleurs. Les conditions de travail sont souvent inacceptables. La décision des investisseurs de renoncer aux investissements dans les mines de charbon a un impact favorable immédiat sur un bilan carbone. Mais qu’en est-il de la situation des mineurs licenciés brutalement sans possibilité de reconversion ?

A ce titre, il est primordial de prendre également la dimension sociale dans le cadre d’une politique ISR. Les trois dimensions doivent être prises en compte de manière équilibrée pour assurer que des travailleurs défavorisés ne soient pas les victimes collatérales des bonnes intentions des investisseurs responsables.

Heureusement, des initiatives se développent pour inclure également la dimension sociale. Par exemple, la Workforce Disclosure Initiative qui réunit des investisseurs institutionnels vise à mesurer les pratiques sociales des principales sociétés actives au niveau mondial. Grâce à ce type d’initiatives des progrès sont réalisés, mais le chemin est encore long et semé d’embûches.

 

Philippe Doffey

Directeur général

Quel modèle de prévoyance professionnelle choisir pour mon entreprise et mes employés?

Bien que la prévoyance professionnelle soit obligatoire dans notre pays, j’observe souvent qu’il y a, chez les chefs d’entreprises et responsables de PME que je rencontre, une confusion entre les différents termes utilisés par les spécialistes de ce domaine.

C’est certainement dû à la complexité du système de prévoyance professionnelle et à son cadre juridique de plus en plus conséquent. J’ai constaté à plusieurs reprises que la prévoyance n’était pas au cœur des préoccupations des managers, même si c’est un poste non négligeable de leur budget.

Assurance complète, fondation propre, fondation semi-autonome, plan 1e, etc.

Derrière ces termes se cachent les différents modèles de prévoyance professionnelle que chaque entreprise doit choisir pour ses employés avec des différences importantes qui méritent que l’on s’y attarde quelque peu.

La fondation propre

Historiquement, beaucoup d’entreprises suisses avaient leur propre caisse de pension, souvent créées bien avant 1985, date de l’entrée en vigueur de la loi sur la prévoyance professionnelle. Cette organisation permettait d’avoir des plans de prévoyance sur mesure et de gérer intégralement la caisse de pension, très souvent à l’interne de l’entreprise.

Aujourd’hui, le nombre de fondations propres a fortement diminué, notamment à cause de la réglementation croissance et des responsabilités importantes assumées par les membres des conseils de fondation.

Se lancer maintenant dans la création d’une fondation propre doit être mûrement réfléchie, plan d’affaires à l’appui, compte tenu des frais fixes non négligeables liés à ce type d’organisation.

L’assurance complète

Une fondation de prévoyance est dite en assurance complète lorsqu’elle a assuré tous ses risques auprès d’un assureur, un peu comme une casco complète pour votre voiture. Dans ce cas, même si les résultats financiers sont fortement négatifs, il n’y aura jamais de mesure d’assainissement. Le prix de cette sécurité intégrale se retrouve dans des cotisations plus élevées et des prestations de retraite sous forme de rentes inférieures. Il s’agit ici du fameux taux de conversion qui permet de convertir l’avoir de vieillesse en une rente de retraite annuelle.

La fondation semi-autonome

Nous sommes ici dans un modèle de casco partielle pour reprendre l’analogie avec l’assurance voiture. Le principal risque qui n’est pas assuré est celui de l’épargne. Dans ce cas, les éventuelles pertes liées aux placements de la fondation viendront diminuer son degré de couverture, autrement dit sa fortune disponible pourrait être inférieure à ses engagements envers ses assurés actifs et ses pensionnés. Si cette situation perdure, il est possible que des mesures s’assainissement doivent être prises, mesures qui peuvent consister en une diminution des intérêts versés, ou encore la facturation de cotisations d’assainissement.

Aspect positif des fondations semi-autonome : elles peuvent prendre plus de risques sur les marchés financiers et offrir ainsi des perspectives d’intérêts plus élevées que les fondations en assurance complète. En général, elles ont également des prestations de retraites plus intéressantes sous forme de rentes.

Certaines fondations semi-autonomes, en l’occurrence des fondations collectives, peuvent permettre à l’entreprise qui ne souhaite pas avoir sa propre fondation de prévoyance de décider quand même de sa politique de placement. Elle en assumera les risques naturellement.

Pour terminer ce petit tour d’horizon, nous pouvons encore citer les plans de prévoyance 1e qui permettent à chaque assuré, individuellement, de choisir sa stratégie de placement et le risque qu’il souhaite prendre pour sa prévoyance professionnelle. A noter que cela n’est possible que pour la part du salaire annuel qui dépasse CHF 127’980, montant valable en 2020.

Comment choisir ?

Le choix entre ces modèles dépendra de plusieurs éléments. Certains sont tangibles, chiffrés, comme la proportion d’assurés actifs par rapport aux rentiers, l’âge moyen des assurés actifs ou le taux de rotation du personnel. A cela s’ajoute évidemment une partie plus psychologique : l’aversion au risque, tant du côté de l’employeur que du côté des employés.

Dans tous les cas, l’appui d’un spécialiste est primordial, compte tenu de l’importance de ces choix sur la prévoyance professionnelle des employés et sur leur retraite future.

Christophe Cavin
Directeur adjoint
Retraites Populaires

Entreprises ! Protégez vos administrateurs-trices!

Dans mon entourage professionnel je côtoie un certain nombre de membres de conseils d’administration. Ces administrateurs ont des situations professionnelles très différentes les unes des autres. Certains occupent ces fonctions dans le cadre de leur activité principale comme représentant de l’entreprise pour laquelle ils travaillent. D’autres l’exercent en complément de leur activité principale, en tant qu’activité accessoire dans ce cas. Nous trouvons également beaucoup d’indépendants dans les conseils d’administration, tout comme des retraités qui souhaitent mettre leur riche expérience au profit d’une ou de plusieurs entreprises.

Des lacunes de prévoyance

L’activité d’administrateur est de plus en plus importante, en termes de responsabilité et de temps consacré ce qui peut conduire à une diminution de l’activité principale avec une baisse de salaire et donc de la couverture de la prévoyance professionnelle. En effet, cette rémunération en tant qu’activité accessoire n’est pas soumise d’office à la prévoyance professionnelle. Les conséquences peuvent être importantes, avec une retraite réduite d’autant. Il en va de même pour les prestations en cas d’invalidité et de décès. Ainsi, nous nous trouvons souvent dans des situations où des lacunes de prévoyance apparaissent et ne sont pas compensée, au détriment de l’administrateur.
Prenons l’exemple de Julie, 45 ans. Son parcours professionnel et ses compétences en cybersécurité, lui ont permis d’intégrer le conseil d’administration d’une société suisse de 2000 personnes avec des activités en Suisse et à l’étranger qui cherche à croître sur différents marchés. Son employeur actuel a concédé à une baisse du taux d’activité de 20% afin que Julie puisse s’impliquer sur ce projet en toute sérénité. Au fur et à mesure, Julie a reçu d’autres propositions d’intégrer des conseils d’administration de banques et d’entreprises dans le domaine de l’énergie. C’est à ce moment qu’elle a décidé de quitter son travail pour une carrière d’administratrice indépendante.

En tant qu’indépendante Julie doit naturellement s’acquitter des cotisations pour le 1er pilier. N’étant pas assurée au 2ème pilier, le seul moyen d’améliorer sa prévoyance est de conclure un 3ème pilier. Dans ce cas, les montants à verser sont limités à 20% du salaires AVS ou CHF 34’128 (limite pour 2020). Cette solution peut être très intéressante pour elle, mais elle doit la comparer avec ce que peut offrir la prévoyance professionnelle. Le 2e pilier offre de nombreux avantages dont les rachats du passé, déductibles fiscalement, ou le partage des cotisations entre employeur et employé.

Enjeux pour l’entreprise

Les entreprises sont confrontées à plusieurs enjeux dans le cadre de la constitution de leur conseil d’administration. La composition du conseil d’administration d’une entreprise est cruciale pour sa gouvernance. Celui-ci doit également pouvoir bénéficier d’une diversité des modes de pensée et d’expériences, de même que des profils des personnes (genre, âge), ce qui garantira une meilleure supervision de l’entreprise.

Afin d’attirer des personnalités avec des compétences pointues dans leur domaine, il s’agit d’offrir un package de rémunération attractif et cohérent avec les responsabilités d’un membre de conseil d’administration. A ce titre, la prévoyance professionnelle est un élément à ne pas négliger. Cela permet aussi de garantir une égalité de traitement entre les membres du conseil d’administration qui ont potentiellement différents statuts professionnels comme évoqués ci-dessus. En effet, des administrateurs délégués par leur entreprise et, dont la rémunération est reversée à leur employeur, ne sont nullement péjorés en termes de prévoyance professionnelle. A l’inverse, les personnes qui exercent ces fonctions en tant qu’indépendant ont un traitement différent qui peut avoir des conséquences à long terme, en particulier si elles sont relativement jeunes. Si aujourd’hui, environ 1/3 des administrateurs ont moins de 50 ans, cette proportion devrait augmenter à l’avenir pour intégrer des profils plus jeunes et plus au fait des changements technologiques, au vu des défis liés aux transformations digitales et aux enjeux du numérique.

Une démarche gagnant-gagnant

Les entreprises qui mettent en place un plan de prévoyance professionnelle pour leurs administrateurs améliorent ainsi leur rémunération globale afin d’attirer et de conserver des talents. Cela favorise également l’engagement de personnes plus jeunes, comme dans notre exemple Julie, dans le but de diversifier la constitution de leur conseil. Ces « relativement » jeunes personnes ne doivent ou veulent pas être pénalisées si une partie de leurs revenus n’est pas assuré dans le cadre de la prévoyance professionnelle, que ce soit pour l’invalidité, le décès et pour la retraite.

La constitution d’un plan de prévoyance spécifique et sur mesure pour les administrateurs s’évalue et se discute entre une direction d’entreprise et son conseil d’administration, en principe avec l’aide d’un spécialiste.

 

 

Judith Granat
Directrice de la Division marketing, conseil et communication chez Retraites Populaires

Planification financière : votre futur s’organise dès maintenant !

Depuis plus de 20 ans à Retraites Populaires, j’ai très souvent de futurs retraités qui viennent me trouver et qui, au moment de devoir choisir la forme de leurs prestations de retraite, me disent : mon collègue me conseille de prendre tout le capital, mais un ami me suggère d’opter pour une rente de retraite. Il est possible que ces choix correspondent aux besoins de leur collègue ou de leur ami, mais ne s’adaptent pas forcément à leur propre situation ! Cela reste une décision très personnelle… Comment prendre les meilleures décisions que ce soit pour votre prévoyance, votre bien immobilier ou encore pour votre patrimoine ?

La planification financière permet une clarification de votre situation actuelle et future de ces trois points

Prenons justement l’exemple de la retraite. Outre les aspects de loisir et d’occupation à la retraite, il est important de prendre des décisions en ce qui concerne l’aspect financier. Finalement, sous quelle forme est-ce que vous allez toucher vos prestations de retraite ? La planification financière permettra de déterminer quel choix sera le plus judicieux dans votre situation, c’est-à-dire d’opter pour une rente de retraite ou un capital ou encore une combinaison des deux. Avec les possibilités offertes par la plupart des caisses de pension de partir en retraite anticipée, la planification permettra également de déterminer le meilleur moment pour débuter cette nouvelle étape de vie.

D’autres décisions importantes devront être prises

Vous êtes peut-être propriétaire de votre maison, de votre appartement. Est-ce que les charges liées à votre bien seront toujours supportables lorsque les revenus baisseront ? Faut-il prévoir des amortissements plus importants dans le but de conserver votre bien à la retraite ? Devoir vendre subitement son bien immobilier dans lequel vous avez toujours vécu peut s’avérer une décision difficile. La planification financière vous aidera également à prendre les bonnes décisions.

Vous avez peut-être du patrimoine, vous souhaitez optimiser un maximum l’utilisation de ces capitaux, en y associant les aspects fiscaux. Prenons par exemple les rachats d’années de cotisations 2e pilier. Cette opération consiste à injecter des fonds dans votre caisse de pension dans le but de compenser des éventuelles années manquantes ou alors de financer une retraite anticipée. Non seulement ces possibilités de rachat sont analysées, mais elles seront également planifiées. En effet, en fonction du choix des prestations à la retraite ou, avant la retraite, de l’acquisition d’un bien immobilier au moyen des avoirs de votre caisse de pension, la planification des rachats peut être différente. Si vous souhaitez encaisser tout ou partie de votre capital dans un délai de moins de 3 ans après votre dernier rachat, votre caisse de pension refusera le paiement. Il est toujours intéressant de constater l’économie fiscale qui pourrait être réalisée, mais la planification de ces opérations est primordiale.

Qu’adviendra-t-il de votre patrimoine au moment de votre succession ? Qui sont les héritiers légaux ?

Vous vous posez probablement ces questions. Que vous soyez marié, lié par un partenariat enregistré, seul ou en concubinage, sans oublier les familles recomposées, il est important de prendre des dispositions en matière de succession si vous souhaitez privilégier certaines personnes. Le but de la planification successorale est de vous rendre attentif sur la manière dont votre patrimoine sera réparti après votre décès si aucune disposition n’est prise. Vous recevez des recommandations sur les possibilités d’aménagement de votre succession (répartition des bénéfices du mariage, modifications des parts d’héritages, constitution d’un usufruit, etc.). Il sera ensuite probablement nécessaire d’aller trouver un notaire afin de formaliser ces recommandations.

Il n’y a pas que des décisions de retraite à prendre !

Vous êtes encore loin de la retraite ? Il ne faut pas négliger les aspects de la prévoyance en cas d’invalidité ou de décès. Que ce soit par suite de maladie ou d’accident, le niveau des prestations diffère. L’analyse de votre situation et l’apport de recommandations peut s’avérer nécessaire en vue de combler une éventuelle lacune de prévoyance.

Vous souhaitez faire l’acquisition d’un bien immobilier, mais avec toutes les directives mises en place, il y a de quoi en perdre son latin ! L’analyse permet d’être certain que vous pourrez tenir les charges liées au bien de vos rêves et que votre apport de fonds propres est suffisant. Si tel ne devait pas être le cas, des recommandations sur le coût maximum à ne pas excéder ou alors sur la manière dont vous pouvez constituer vos fonds propres vous sont apportées.

La planification financière vous permettra d’avoir une vue d’ensemble de votre situation et de prendre les meilleures décisions au bon moment.

Comment va se dérouler cette planification financière ? Après une analyse de votre situation familiale, patrimoniale, des conditions de retraite prévues par votre caisse de pension, de vos besoins, etc., différents scénarios sont élaborés. Ils nécessiteront un suivi et une mise en place de recommandations et de mesures afin vous puissiez atteindre l’objectif souhaité. Parfois la situation professionnelle et/ou personnelle change, dans ce cas un accompagnement et une adaptation des mesures est indispensable.

Une planification financière est une prestation qui est en général payante. Le coût peut varier d’un prestataire à un autre (banque, assurance, prestataire indépendant, etc.). Il dépendra également de vos besoins et de l’ampleur du mandat. Vous bénéficiez ainsi d’un conseil pointu et d’une analyse de votre situation financière dans sa globalité.

Planifier au mieux votre prévoyance pour construire votre avenir sereinement :

Les différents modules d’une planification financière

Analyse de votre situation de prévoyance Détecter les lacunes en cas de décès et d’invalidité et comment les combler
Analyse de l’acquisition d’un logement Déterminer la faisabilité de votre projet immobilier
Analyse de la situation fiscale Optimiser les rachats d’années de cotisations dans la caisse de pension
Analyse de votre situation de retraite Déterminer vos revenus à la retraite
Planification des revenus à la retraite Élaborer des scénarios pour choisir le meilleur moment pour votre départ à la retraite
Votre situation hypothécaire à la retraite Analyser votre capacité à faire face aux charges et planifier les amortissements
Planification de la succession Assurer une transmission sereine de votre patrimoine
Planification du remboursement des capitaux de la prévoyance Optimiser votre fiscalité
Aide à l’établissement du budget Planifier vos revenus et vos dépenses
Cotisations AVS si vous êtes sans activité lucrative Estimer les cotisations AVS en cas de retraite anticipée

Police de libre passage : Quelles solutions existent sur le marché et laquelle choisir ?

Dans ces moments sans précédent de crise sanitaire le quotidien de chacun et chacune a été bouleversé et plusieurs secteurs de l’économie durement touchés. Les premiers signes de chômage sont réels. Voici la question que les chômeurs se posent actuellement « comment placer mon avoir de libre passage suite à la perte de mon emploi ».

A ce jour, ces personnes ont le choix entre différentes solutions, selon le régime prévu par la loi sur la prévoyance professionnelle (LPP) soit sur un compte de libre passage de type bancaire, soit sur une police de libre passage auprès d’une compagnie d’assurance.

Voici ci-après un tableau récapitulatif entre les différentes formes de libre passage existant sur le marché et leurs caractéristiques.

Il faut savoir que si la caisse de pension actuelle est sans nouvelle de l’assuré depuis 6 mois cette dernière a l’obligation de transférer son avoir auprès de l’institution supplétive.

Pour toutes ces solutions, lorsque le chômeur aura retrouvé un emploi, il aura l’obligation de transférer son avoir, y compris les intérêts accumulés durant cette période intermédiaire, dans sa nouvelle caisse de pension. Si l’assuré avait opté pour une solution liée à des fonds de placement, ces derniers devront être réalisés au prix du marché.

Quelques questions doivent être abordées afin de choisir la bonne solution : Est-ce un chômage de courte durée ? Est-ce un transfert dans un libre passage pour un surplus ? Est-ce un début d’une activité d’indépendant ? Est-ce un départ de la Suisse ? Ou encore une retraite anticipée ?

Face à toutes ces questions et possibilités, il est important de pouvoir être conseillé par un professionnel connaissant l’ensemble des solutions de libre passage existantes sur le marché.

En conclusion, dans ces temps incertains prenons les bonnes décisions et en toute connaissance de cause pour son avoir de libre passage.

Fondation bancaire Fondation de prévoyance
Type de placement Compte épargne, Compte lié à des fonds de placement Police avec épargne garantie,
Police liée à des fonds de placement
Taux d’intérêt Solution épargne :
Entre 0 et 0.2%, en 2020
Solution épargne :
Entre 0.1% et 0.6%, en 2020
Performance
Solution liée à des fonds
Performance dépendra des indices boursiers et de la stratégie de placement choisie. Performance dépendra des indices boursiers et de la stratégie de placement choisie.
Stratégie de placement Dépendra du profil d’investisseur et répondant à la loi sur l’OPP2. Dépendra du profil d’investisseur et répondant à la loi sur l’OPP2.
Garantie :
ÉpargneFonds 
Maximum CHF 100’000.00 par personne

Contre-valeur du fonds d’investissement, évolutif selon le marché L’avoir de libre passage reste dans la fortune du fonds.

100% garanti dans la plupart des cas.

Contre-valeur du fonds d’investissement, évolutif selon le marché L’avoir de libre passage reste dans la fortune du fonds.

En cas de décès  Montant accumulé restitué Possibilité d’inclure un risque décès pour ses proches.
Possibilité d’inclure une rente de veuf/veuve pour son conjoint ou concubin.
Versements d’excédents
Aucun Selon le résultat de la compagnie d’assurance
Versement sous forme de rente
Pas possible Possibilité offerte par certaines fondations de prévoyance de choisir entre une rente ou un capital. Un mixte des deux solutions est également envisageable.
Retrait en capital
Possible sous certaines conditions.

  • Âge légal de la retraite 65 ans pour un homme et 64 ans pour une femme ou 5 ans avant l’âge légal
  • Devenir indépendant
  • Acquisition de son propre logement ou amortissement de la dette hypothécaire
  • Départ définitif de la Suisse sous certaines conditions.
  • Au bénéfice d’une rente AI à 100%
Possible sous certaines conditions.

  • Âge légal de la retraite 65 ans pour un homme et 64 ans pour une femme ou 5 ans avant l’âge légal
  • Devenir indépendant
  • Acquisition de son propre logement ou amortissement de la dette hypothécaire
  • Départ définitif de la Suisse sous certaines conditions.
  • Au bénéfice d’une rente AI à 100%
Transfert dans une autre institution de prévoyance
Possible en tout temps Possible en tout temps
Imposition
Imposition lors de la prise du capital, séparée des autre revenus à un taux préférentiel, se référer aux lois cantonales Imposition lors de la prise du capital, séparée des autre revenus à un taux préférentiel, se référer aux lois cantonales