Pénurie d’énergie : comment les entreprises peuvent-elles s’y préparer ?

À peine sorties de la crise du Covid, les entreprises font déjà face à un nouveau défi de taille avec les difficultés d’approvisionnement en énergie annoncées pour cet hiver et l’augmentation des prix qui en découle. Si la Confédération a de son côté prévu différentes étapes de mesures et émis des recommandations, les entreprises peuvent également anticiper et se préparer au mieux en suivant plusieurs conseils.

 

De multiples raisons qui mènent à une pénurie

Les difficultés d’approvisionnement en énergie sont la conséquence de plusieurs causes, indépendantes les unes des autres. Pour le gaz par exemple, la Suisse est fortement dépendante de l’étranger et la guerre en Ukraine ainsi que les sanctions contre la Russie ont créé des conflits autour de son exportation, avec une réduction massive des volumes et une augmentation des prix. Quant à l’électricité, là aussi notre pays dépend de l’importation et, en ce moment, la moitié des centrales nucléaires françaises sont à l’arrêt. Quant à l’énergie hydraulique, le manque de précipitations a engendré un niveau très faible.

 

Plusieurs niveaux de mesures prévus par la Confédération

Afin d’éviter les pénuries, différents niveaux de mesures sont prévus par la Confédération, allant du moins au plus contraignant pour l’économie et la population. Actuellement, nous en sommes encore à la première étape, à savoir des appels à réduire sa consommation. Un site internet a été créé dans le but d’offrir des recommandations d’économie d’énergie, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. Il s’agit de gestes relativement simples d’application qui peuvent faire une différence.

 

Un site internet a été créé dans le but d’offrir des recommandations d’économie d’énergie.

 

Si la situation devait continuer à se dégrader, la Confédération pourrait ordonner des restrictions de consommation, par exemple pour les piscines, les installations de climatisation, les ascenseurs et escalators, ou encore les éclairages de vitrines et enseignes lumineuses. Les installations biocombustibles pourraient également subir une commutation sur le mazout. Le troisième niveau est un contingentement pour les gros consommateurs, c’est-à-dire les obliger à réduire leur consommation en prétéritant le moins possible leur activité. Enfin, pour l’électricité, la dernière étape est un délestage, soit des coupures ponctuelles pour tout le monde dans une région et durant un temps défini.

 

10 conseils d’économies d’énergie pour les entreprises

Il est évident que si ces mesures devaient entrer en vigueur, les entreprises feraient partie des premières cibles impactées. Et même si les pires scénarios, tels que le contingentement et le délestage, ne devaient pas se produire – ce que nous espérons – les augmentations de prix restent bien réelles. Tous les fournisseurs d’électricité l’ont d’ores et déjà annoncé pour 2023, aussi bien pour les ménages que pour les entreprises. Face à cette réalité, et pour éviter que la situation ne se dégrade davantage, ces dernières peuvent prendre les devants et agir dès maintenant.

 

Même si les pires scénarios ne devaient pas se produire, les augmentations de prix restent bien réelles.

 

Pour ceux qui ne sauraient pas par où commencer, ou ce qui est faisable concrètement, l’Agence de l’énergie pour l’économie (AEnEC) a ressorti cinq conseils pour réduire rapidement sa consommation d’électricité et cinq autres pour sa consommation de combustibles, illustrés par des vidéos. Pour chaque mesure, le pourcentage d’économie escompté est indiqué, permettant ainsi de faire des choix pour les entreprises qui n’ont pas les moyens ou la possibilité d’appliquer l’ensemble des conseils.

 

Les entreprises fortement impactées auront besoin de mesures d’aide

Malgré les recommandations appliquées par les entreprises pour anticiper les pénuries et les hausses de prix, il est inévitable que des conséquences économiques se fassent ressentir. La Confédération est actuellement en train d’analyser ces possibles répercussions et les mesures qui devront être prises le cas échéant. À l’heure actuelle, le SECO a déjà transmis une lettre d’information aux entreprises concernant le droit aux indemnités en cas de réduction de l’horaire de travail (RHT) dans le contexte actuel sur le marché de l’énergie. Toutes les informations à ce sujet peuvent être retrouvées sur le site de travail.swiss.

 

Il devient toujours plus évident que notre pays doit se préparer et investir massivement, afin d’empêcher que de pareilles situations ne se reproduisent les prochains hivers.

 

Des solutions doivent être trouvées, aussi sur le long terme

S’il est important de trouver des solutions à court terme pour cette année, il devient toujours plus évident que notre pays doit se préparer et investir massivement, afin d’empêcher que de pareilles situations ne se reproduisent pour les prochains hivers. Plusieurs solutions sont évoquées, notamment l’accélération de l’investissement dans les énergies renouvelables. Des recherches ont également lieu autour de la fusion thermonucléaire, qui libère une quantité d’énergie bien plus grande que la fission et ne produit pas de déchets radioactifs. Dans tous les cas, nos besoins en énergie ne vont pas diminuer dans les années à venir, bien au contraire, avec notamment l’électromobilité en plein développement. Il est ainsi clair que des solutions devront être trouvées afin que notre pays soit moins dépendant de l’étranger.

Evitons que l’imposition minimale ne péjore trop l’attractivité de la Suisse

En octobre 2021, l’OCDE a publié les lignes directives du projet d’imposition des grandes entreprises internationales, qui ont été acceptées par 137 Etats membres, dont la Suisse. Le projet, élaboré conjointement par l’OCDE et le G20, introduit notamment un taux d’imposition minimal de 15% pour les grandes entreprises répondant à certains critères. En Suisse, le Conseil fédéral est en train de préparer la mise en œuvre de cette réforme. Si l’impact sur la compétitivité de notre place économique ne fait pas de doute, il faudra que les recettes supplémentaires soient allouées en priorité au maintien de l’attractivité de notre pays.

 

L’OCDE introduit un taux d’imposition minimal de 15%

En 2019, le peuple suisse a voté sur la réforme de la fiscalité des entreprises, aussi bien au niveau fédéral que cantonal. À peine trois ans plus tard, ce sujet est à nouveau au cœur des discussions politiques. Le projet mis sur pied conjointement par l’OCDE et le G20 vise à amoindrir, voire éviter, la concurrence fiscale entre les Etats. Il est basé sur deux piliers, mais le premier ne concerne qu’une petite dizaine d’entreprises en Suisse, c’est surtout le second auquel il faut prêter attention. Il vise à introduire un taux d’imposition minimal de 15% pour les entreprises internationales qui atteignent au moins 750 millions d’euros de chiffre d’affaires par année.

 

Le projet vise à introduire un taux d’imposition minimal de 15% pour les entreprises internationales qui atteignent au moins 750 millions d’euros de chiffre d’affaires par année.

 

Une réforme qui touche 200 sociétés suisses

En Suisse, cette réforme va ainsi toucher environ 200 sociétés qui répondent à ces critères, ainsi que 2’000 à 2’500 filiales de groupes étrangers. Dans le canton de Fribourg, le Conseil d’Etat estime que 30 à 70 entreprises seront concernées. Pour les autres, et notamment toutes les PME, rien ne va changer, les taux d’imposition resteront ceux qu’elles connaissent actuellement selon leur canton d’établissement. Les entreprises concernées continueront à être imposées comme les autres mais devront également payer un impôt complémentaire afin d’atteindre le seuil de 15% imposé par l’OCDE.

 

Il est important que la Suisse s’aligne au plus vite

La Suisse n’avait pas d’autre choix que de s’aligner sur cette nouvelle réforme. Car même dans le cas où l’imposition complémentaire ne se ferait pas dans notre pays, nos entreprises internationales seraient tout de même taxées à l’étranger pour atteindre ces fameux 15%. Non seulement la Suisse perdrait des recettes complémentaires au profit d’autres pays, mais nos entreprises impactées se retrouveraient face à des démarches administratives importantes et un manque de sécurité juridique. Il était donc essentiel que la Suisse mette elle aussi en œuvre ce taux minimal d’imposition, malgré les aspects négatifs qu’il va entraîner.

 

En Suisse, cette réforme va toucher environ 200 sociétés ainsi que 2’000 à 2’500 filiales de groupes étrangers.

 

Le Conseil fédéral souhaite une mise en œuvre rapide

Les prochaines étapes de la mise en œuvre de cette réforme vont aller très vite, car tant que la Suisse n’est pas alignée aux autres pays, elle prend le risque de voir ses entreprises taxées à l’étranger. C’est pourquoi le Conseil fédéral a mis les modalités d’application en consultation accélérée jusqu’à fin avril dernier. Pour la suite, toujours dans un souci de rapidité, le mécanisme proposé est une révision constitutionnelle permettant d’autoriser les traitements différenciés entre les entreprises concernées par la réforme et les autres. Cette modification sera soumise au vote du peuple, probablement en juin 2023. Si elle est acceptée, le Conseil fédéral établira ensuite des ordonnances de mise œuvre à appliquer dès le 1er janvier 2024. Cette manière de faire est quelque peu particulière, mais un processus législatif ordinaire sera lancé dans la foulée, permettant d’aboutir à une loi fédérale et à des législations cantonales.

 

Les grandes entreprises jouent un rôle économique essentiel

Bien que cette réforme ne concerne pas les PME et qu’elle ne s’applique finalement qu’à un nombre restreint d’entreprises suisses, il est important de la garder à l’œil en raison de son impact sur la place économique en général. Car il ne faut pas oublier que les grandes entreprises internationales offrent non seulement de nombreuses places de travail mais collaborent et donnent du travail à nos PME régionales. Il est donc primordial pour la Suisse de rester compétitive et de continuer à attirer et garder ces sociétés sur notre territoire.

 

Les grandes entreprises internationales collaborent et donnent du travail à nos PME régionales.

 

La perte de compétitivité devra être compensée

Cette réforme fiscale aura en effet des impacts négatifs sur la compétitivité de la place économique suisse, cette dernière perdant un avantage concurrentiel important pour les entreprises internationales. Si notre pays présente d’autres points forts indéniables, notamment la qualité de nos infrastructures, de nos formations et de notre main-d’œuvre, il reste pénalisé par ses coûts en comparaison de nos voisins européens. Il sera donc essentiel que les recettes supplémentaires qui découleront de cette augmentation de l’imposition, estimées à 1 à 2,5 milliards de francs et perçues en majorité par les cantons, servent en priorité à maintenir l’attractivité de notre place économique. Pour ce faire, il conviendra d’évaluer diverses mesures compensatoires, leur applicabilité et leurs effets sur l’économie. Il sera néanmoins essentiel de s’assurer que les instruments choisis soient compatibles avec les règles de l’OCDE.

Le congé paternité, était des lieux un an après son entrée en vigueur

Voté par le peuple suisse le 27 septembre 2020, le congé paternité de deux semaines est entré en vigueur le 1er janvier 2021. Un peu plus d’une année plus tard, il est intéressant de faire un premier bilan, en se basant sur une étude réalisée par Travail.Suisse, mais également sur la situation des pays qui nous entourent. Tout en n’oubliant pas que s’il est important de s’adapter aux évolutions sociétales, il reste essentiel de prendre en compte les besoins et contraintes des entreprises, et notamment des PME.

 

Congé paternité : votation et entrée en vigueur

Pour rappel, la proposition de deux semaines de congé paternité était ressortie du Parlement en réponse à une initiative populaire qui en demandait quatre. Le peuple suisse a accepté cette proposition en votation le 27 septembre 2020, à 60,3%. Le congé paternité est ainsi entré en vigueur le 1er janvier 2021. Le peu de temps écoulé entre les résultats de la votation et l’application a demandé une adaptation rapide des caisses de compensation, mais aussi des entreprises, dont les employés pouvaient potentiellement prendre ce congé dès cette date. Pour rappel, les ayants-droits sont les pères exerçant une activité lucrative. Ils peuvent bénéficier de ce congé de deux semaines dans les six premiers mois suivant la naissance de leur enfant.

 

Pour une petite structure avec peu de personnel, libérer un employé durant plusieurs semaines peut devenir un véritable casse-tête.

 

Une étude sur l’état des lieux et la satisfaction des employés

En 2021, suite à cette entrée en vigueur, Travail.Suisse a réalisé une étude pour évaluer la mise en œuvre et la satisfaction liée à ce congé. Plusieurs chiffres et données intéressants peuvent être retrouvés dans ce document, à commencer par le nombre de jours de congé accordés aux travailleurs. 65% des hommes interrogés bénéficient du minimum légal, soit 10 jours ouvrables, 19% peuvent prendre entre 11 et 19 jours et 16% plus de 19 jours. Les conditions peuvent varier selon les entreprises – les multinationales pouvant souvent se permettre d’être plus généreuses – et selon les secteurs d’activités. Ainsi, l’artisanat, les cantons et le domaine de la santé s’en tiennent au minimum légal. De l’autre côté, ce sont les secteurs de l’industrie pharmaceutique et les branches de l’informatique et de la communication qui sont les plus généreux.

 

Les conditions peuvent varier selon les secteurs d’activités. Ainsi, l’artisanat, les cantons et le domaine de la santé s’en tiennent au minimum légal.

Outre cet état des lieux, le rapport de Travail.Suisse vise également à évaluer la satisfaction à l’égard du congé paternité de deux semaines. Les résultats sont intéressants car il ressort clairement une différence d’appréciation selon l’âge des répondants. Ainsi, si 57% des 46 ans et plus se disent extrêmement ou très satisfaits, ce taux baisse à 41% chez les 30-45 ans et à 38% chez les 16-29 ans. Ces chiffres démontrent bien les changements de notre société et les revendications qui augmentent avec les nouvelles générations.

 

Quelle est la situation chez nos voisins ?

Pour la Suisse, cette votation a représenté un pas assez important, faisant passer le congé paternité d’un jour à dix. Mais qu’en est-il des pays qui nous entourent ? Les pays nordiques sont pionniers, avec la Norvège qui était le premier pays au monde à avoir instauré un congé paternité, en 1993. Le pays offre maintenant un congé parental de 49 ou 59 semaines. Viennent ensuite les Finlandais, avec 54 jours, et les Islandais, avec deux mois de congé paternité. La Suède offre 48 jours de congé, aux pères comme aux mères.

 

Dans le reste de l’Europe, l’Espagne offre 16 semaines aux pères depuis 2021 et le Portugal 5 semaines. La France a également adopté une nouvelle réforme en 2021, offrant 28 jours de congé paternité, dont 7 sont obligatoires. La Belgique et le Luxembourg sont au même niveau que la Suisse, avec 10 jours. Les pays les moins généreux sont l’Italie avec 7 jours et la Grèce avec 2 jours.

 

L’idée du congé parental fait son chemin

Plutôt qu’un congé paternité, certains pays, comme l’Allemagne notamment, privilégient un congé parental, à se partager entre les deux conjoints – avec un certain nombre de semaines minimum obligatoire pour chacun. En Suisse, le projet n’est pas d’actualité sur le plan fédéral, mais cela n’empêche pas l’idée de faire son chemin, notamment dans les cantons romands. À Genève par exemple, les Vert’libéraux ont annoncé en décembre passé avoir récolté assez de signatures pour une initiative cantonale demandant un congé parental de 24 semaines. Autre exemple, dans le canton de Vaud, le Parti socialiste a lancé au début de cette année une initiative pour un tel congé de 34 semaines.

 

En Suisse, le projet d’un congé parental n’est pas d’actualité sur le plan fédéral, mais cela n’empêche pas l’idée de faire son chemin, notamment dans les cantons romands.

 

Les besoins des entreprises ne doivent pas être oubliés

Il est évident que la société évolue et que les demandes actuelles, provenant majoritairement des nouvelles générations, ne doivent pas être ignorées. Cependant, il ne faut pas non plus oublier les besoins et contraintes des entreprises. Pour une petite structure avec peu de personnel, libérer un employé durant plusieurs semaines peut devenir un véritable casse-tête. De nombreuses entreprises relèvent les difficultés à recruter de la main d’œuvre qualifiée, y compris lorsqu’il s’agit d’un remplacement de quelques semaines. Il ne faut pas non plus oublier qu’en Suisse, les PME représentent plus de 99% des entreprises, et 90% comptent 10 employés ou moins. Ainsi, s’il est certain que le chapitre des congés parentaux n’est pas clos et qu’il faudra s’adapter à l’évolution de la société, il ne faudra pas non plus occulter les difficultés que ces absences peuvent représenter pour les entreprises.

Commissions trop élevées pour les nouvelles cartes de débit Mastercard et Visa

Récemment, de nouvelles cartes de débit hybrides Mastercard et Visa ont fait leur apparition, permettant également les achats en ligne et à l’étranger. Les consommateurs peuvent utiliser une seule carte pour toutes leurs transactions, aussi bien physiques que digitales. Mais le revers de la médaille se trouve du côté des petits commerçants, qui doivent assumer des commissions bien plus élevées qu’avec les cartes de débit standards (Maestro). La Fédération des Entreprises Romandes (FER) a interpellé et rencontré le Service de surveillance des prix (SPR) et va continuer de suivre le dossier de près.

 

Des cartes de débits pour les transactions physiques et digitales

Ces dernières années, les méthodes de paiement utilisées sont toujours plus digitales. Cartes et applications mobiles sont privilégiées au détriment de l’argent liquide, une tendance encore accentuée avec la pandémie. Entreprises phares des cartes de crédit, Mastercard et Visa ont récemment lancé une nouveauté : une carte de débit hybride, qui peut également être utilisée pour les achats en ligne ainsi qu’à l’étranger. Une concurrence féroce à la traditionnelle Maestro, qui est peut-être vouée à disparaître, les banques distribuant volontiers ces nouvelles cartes de débit à leurs clients.

 

Les petits commerçants pénalisés par les nouvelles commissions

Mais si pour les consommateurs ces nouvelles cartes s’avèrent très pratiques, les commerçants sont quant à eux confrontés à une forte augmentation des frais prélevés. En effet, là où la carte Maestro prélève un montant forfaitaire de 26 centimes par transaction, les nouvelles cartes de débit Mastercard et Visa prélèvent de nouvelles commissions. Elles ajoutent notamment une commission d’interchange payée aux banques ainsi que des frais de système de carte touchés par Mastercard et Visa. Les petits commerçants sont les principaux lésés dans cette situation, n’ayant pas de marge de manœuvre pour négocier ces prix à la baisse. Tout cela dans un contexte déjà difficile face à la pandémie et les conséquences qu’elle engendre depuis bientôt deux ans.

 

Les petits commerçants sont les principaux lésés dans cette situation.

 

La FER interpelle le Service de surveillance des prix

Face à cette situation, la Fédération des Entreprises Romandes (FER) a transmis un courrier le 20 juillet dernier au Service de surveillance des prix, et plus précisément à M. Stéphane Meierhans, surnommé « Monsieur Prix ». Elle a fait part de ses inquiétudes quant à cette situation et a demandé que des analyses et correctifs de prix à la baisse soit effectués, pour se rapprocher des frais liés à la Maestro. Dans son courrier, la FER a également évoqué les coûts liés aux systèmes de terminaux de paiements pour lesquels il serait bon de faire une analyse.

 

Système de pourcentage et de plafonnement

Suite à cette interpellation, M. Meierhans a répondu à la FER en date du 16 août 2021. Il souligne que ces nouvelles cartes utilisent un nouveau modèle de commissions qui fixe les frais non plus en fonction d’un forfait, mais du pourcentage du prix payé. Cela a pour effet que les frais pour les faibles transactions sont moins élevés. Afin d’éviter des montants bien trop importants pour les grands achats, le Service de la surveillance des prix a déjà réussi à fixer un plafonnement des frais de transaction. Cependant, il souligne que les autres éléments relevés par la FER ne sont pas du ressort du SPR. Les conditions liées aux commissions d’interchange sont régies par la Commission de la concurrence (COMCO) et les terminaux de paiement relèvent de la politique de concurrence.

 

Ces nouvelles cartes utilisent un nouveau modèle de commissions en fonction du pourcentage du prix payé.

 

Rencontre en novembre et suite du dossier

Quelques mois après ces échanges de courriers, la FER et le SPR se sont rencontrés en présentiel, lors d’une séance organisée le 19 novembre dernier à Berne. M. Meierhans a ainsi assuré qu’il suivait le dossier de près, une analyse d’observation du marché étant au cours auprès de la COMCO qui devrait statuer d’ici fin janvier. La FER compte se tenir informée des résultats de cette analyse et de la suite du dossier, et elle n’est pas la seule. En effet, l’USAM a également rencontré M. Meierhans et Swiss Retail Federation a annoncé être intéressée par cette problématique. Il est certain que des adaptations devront être faites car en l’état actuel, le risque est que les petits commerçants doivent refuser ces cartes ou reporter les frais sur les clients.

Comment le code QR s’est (ré)invité dans notre quotidien

Technologie très utile mais néanmoins peu utilisée dans la vie de tous les jours il y a encore deux ans, le code QR fait aujourd’hui partie intégrante de notre quotidien. La pandémie de coronavirus l’a remis sur le devant de la scène, démontrant par la même occasion son utilité et ses avantages. Menus des restaurants, inscriptions en ligne, paiements sans contact et, plus récemment encore, certificat Covid, il est difficile de passer une journée sans voir ou même utiliser un code QR.

 

Une technologie qui a presque trente ans

Le code QR, pour « Quick Response », a été créé il y a presque trente ans, en 1994. C’est un ingénieur en chef au Japon, Masahiro Hara, qui l’a inventé afin de pouvoir suivre le chemin de pièces détachées dans l’industrie automobile. C’était une importante avancée technologique, permettant une lecture plus rapide et le stockage de 100 fois plus de données que dans un code-barre UPC traditionnel. Quelques années plus tard, le code QR a été passé sous licence libre, permettant à de nombreuses autres entreprises d’en bénéficier, tout d’abord au Japon, puis dans le reste du monde. À la fin des années 2000, il débarque dans la vie du grand public grâce à l’arrivée des smartphones qui permettent de le scanner et d’accéder à son contenu – principalement des adresses web.

 

Des entreprises conquises mais pas les utilisateurs

Avant la pandémie de coronavirus, les codes QR étaient certes déjà présents dans l’espace public, mais bien moins utilisés qu’aujourd’hui. Car si les entreprises étaient friandes de cette nouvelle technologie, notamment pour leur marketing, ce n’était pas forcément le cas des utilisateurs. En effet, les codes QR étaient visibles partout : sur les publicités et affiches, dans les musées, sur les vitrines des commerces ou encore sur les emballages de divers produits. Toutes les entreprises et marques voulaient utiliser cette technologie à la mode et ne pas manquer le coche.

 

Les codes QR étaient visibles partout: sur les publicités et affiches, dans les musées, sur les vitrines des commerces ou encore sur les emballages de divers produits.

 

Mais du côté des utilisateurs, l’engouement n’était pas le même car l’utilisation de ces codes QR n’était pas si facile : il fallait télécharger une application spéciale pour pouvoir les scanner, sans compter que la connexion internet des smartphones était encore très lente. Et, dans leur empressement de suivre la tendance, les entreprises oubliaient parfois de l’utiliser à bon escient et le contenu proposé n’était souvent pas à la hauteur des désagréments liés au scannage des codes QR. Toutes ces raisons expliquent ainsi que le soufflet soit vite retombé et que ce code-barre dimensionnel soit quelque peu tombé dans l’oubli durant plusieurs années, du moins en Europe.

 

Remis sur le devant de la scène par le Covid-19

L’évolution technologique des smartphones a facilité l’utilisation des codes QR par la population. Désormais, plus besoin d’application tierce, l’appareil photo intégré dans les nouveaux téléphones portables suffit à scanner et accéder en un clic à l’URL contenue dans le code. Il a donc refait son apparition dans de nombreux domaines, y compris sur les affiches des candidats en politique, et même sur nos transactions bancaires, avec la nouvelle facture QR, mise en place en juin 2020 et qui remplace peu à peu les bulletins de versement rouges et oranges.

 

Mais c’est l’arrivée du Covid-19 qui a vraiment relancé l’utilisation des codes QR à grande échelle. En tant que moyen hygiénique permettant de transmettre une grande quantité d’information, il a fait partie intégrante des mesures sanitaires de lutte contre la pandémie. Par exemple, les menus en papier des restaurants ont été remplacés par des versions digitales à scanner, idem pour de nombreux formulaires d’inscription. L’argent liquide a lui aussi été mis de côté au profit de paiements numériques, dont l’application Twint, qui utilise elle aussi la technologie des codes QR. Ces derniers ont également été utilisés dans différents établissements afin d’enregistrer les coordonnées des clients à table. Et, depuis quelques mois, il accompagne nos pièces d’identité dans notre vie quotidienne, étant l’élément principal du certificat Covid qui permet, depuis le 13 septembre dernier, l’accès à de nombreux lieux de loisirs.

 

L’argent liquide a été mis de côté au profit de paiements numériques.

 

La prudence reste de mise

Maintenant que les smartphones permettent une utilisation efficace et rapide des codes QR, leurs avantages sont d’autant plus flagrants qu’il y a 20 ans. Car ces petits carrés peuvent contenir une grande quantité de données variées – sites web, images, textes, vidéos, téléchargements d’applications, paiements, etc. C’est une solution simple et rapide pour partager un grand nombre d’informations, d’autant plus qu’avec la pandémie, pratiquement tout le monde sait maintenant les utiliser. Cependant, comme pour tout ce qui touche le numérique, il convient de rester prudent et de prêter une attention particulière à la cybersécurité. En effet, comme le code QR redirige directement sur une page web, il existe un risque d’ouvrir une URL malveillante. Il ne faut donc pas oublier de toujours faire bien attention à la source du code scanné pour éviter d’éventuels pièges de hackers.

Les assurances sociales: un secteur en constante évolution

Les assurances sociales représentent un mécanisme essentiel pour notre fonctionnement économique et social. Ces dernières années, plusieurs changements importants ont eu lieu dans ce secteur qui nous touche toutes et tous. À la FPE à Bulle, nous gérons également une Caisse de compensation, la FER CIGA, et sommes donc aux premières loges pour observer et appliquer ces évolutions et c’est l’occasion de donner un aperçu des changements importants récents et à venir.

 

Défi 2020 : APG COVID-19

Début 2020, quelques adaptations ont eu lieu dans les assurances sociales, par exemple dans les cotisations AVS. Dans le canton de Fribourg, l’entrée en vigueur de la réforme de la fiscalité des entreprises, votée en 2019, a apporté une augmentation des allocations familiales. Mais ce qui a surtout impacté cette année, et qui a représenté un défi inédit pour les caisses de compensation, c’est la création de l’allocation pour perte de gain (APG) COVID-19, afin de faire face aux répercussions économiques négatives de la pandémie.

 

Les APG COVID-19 ont représenté un défi inédit pour les caisses de compensation.

 

Jamais une nouvelle prestation n’avait été mise en place aussi rapidement. Par exemple, au début de la crise, le Conseil fédéral annonçait des mesures de soutien économiques en conférence de presse le vendredi après-midi. Ensuite, il fallait pouvoir être à même de répondre aux nombreuses demandes des affiliés dès le lundi matin, alors que les formulaires officiels de la Confédération n’étaient souvent pas encore sortis. Le programme informatique de traitement des demandes devait inévitablement être adapté, et une nouvelle charge de travail incombait au personnel des caisses de compensation pour traiter une grande quantité de demandes en des temps records.

 

Congé paternité : nouveauté

Suite à la votation populaire du 27 septembre 2020, depuis le 1er janvier de cette année, les pères peuvent bénéficier d’un congé paternité de 14 indemnités journalières, prises en charge par les allocations pour perte de gain (APG). Concrètement, les pères exerçant une activité lucrative ont droit à un congé de paternité de deux semaines dans les six premiers mois suivant la naissance de leur enfant. Ils touchent, à titre d’allocation pour perte de gain, 80% du revenu moyen soumis à l’AVS qu’ils réalisaient avant la naissance, mais au plus 196 francs par jour.

 

Depuis le 1er janvier de cette année, les pères peuvent bénéficier d’un congé paternité de 14 indemnités journalières.

 

Prestation pour proches aidants

Une autre nouvelle prestation, qui est entrée en vigueur le 1er juillet 2021, est la loi fédérale pour soutenir les proches aidants. Elle permet un congé indemnisé de 14 semaines, à prendre en bloc ou en jours isolés durant une période de 18 mois maximum, pour la prise en charge d’un enfant mineur gravement malade ou victime d’un accident. Financée par les APG, il s’agit là, comme pour le congé paternité, d’une nouvelle prestation à mettre en place et à traiter par les caisses de compensation.

 

Réforme AVS à venir

Si ces nouvelles prestations se sont ajoutées petit à petit au cahier des charges des caisses de compensation, le secteur des assurances sociales sera fortement chamboulé par l’important projet de réforme des 1er et 2ème piliers. Ce dernier n’a pas encore abouti et est toujours en discussion après l’échec de la votation « Prévoyance vieillesse 2020 » en 2017, mais il est évident qu’une forme ou une autre devra être adoptée d’ici quelques temps. Les caisses de compensation doivent s’y préparer car il ne fait aucun doute qu’il faudra faire face à de nombreux changements et à une charge de travail supplémentaire.

 

Le secteur des assurances sociales sera fortement chamboulé par l’important projet de réforme des 1er et 2ème piliers.

 

Digitalisation des services

Outre l’évolution et l’ajout de prestations, les assurances sociales font également face à un défi que rencontrent nombre d’entreprises : la digitalisation de leurs services. C’est un processus délicat car les données traitées sont sensibles et doivent être protégées à 100%. Cela demande du temps et des ressources humaines et techniques, mais c’est un travail essentiel, dans une société qui est toujours plus digitale. Du côté de la FER CIGA par exemple, une plateforme de e-services est accessible en tout temps et gratuitement pour les affiliés, leur permettant un accès aux institutions du 1er et du 2ème pilier pour gérer simplement leur personnel. Ces démarches digitales permettent un gain de temps dans la charge administrative des employeurs et sont toujours plus demandées par les clients. Les caisses de compensation se doivent donc de mettre en place les outils adéquats pour répondre aux attentes des entreprises.

 

Cet aperçu démontre bien que le secteur des assurances sociales est en constante évolution, en particulier ces deux dernières années, et que de prochains défis de grande envergure attendent encore les caisses de compensation.

Quelle place pour les femmes dans les milieux politiques et économiques en 2021?

2021 a marqué les 50 ans de l’obtention du droit de vote fédéral des femmes en Suisse. Un demi-siècle plus tard, les revendications des femmes restent d’actualité, comme l’a notamment démontré la grève du 14 juin 2019, même si la situation évolue. Dans les milieux politiques, le nombre de femmes augmente régulièrement comme nous l’avons encore constaté lors des récentes élections. Un rapport sorti en mars 2021 montre que c’est également le cas dans les entreprises. En tant que députée fribourgeoise au Grand Conseil depuis 2007 et Directrice d’une Fédération Patronale et Economique, j’ai la chance d’observer ces évolutions de près.

 

Des pionnières inspirantes

Avec les 50 ans du droit de vote des femmes, de nombreux articles de presse ont récemment mis en lumière des femmes pionnières. Parmi elles, j’ai pu découvrir avec fascination l’histoire d’une fribourgeoise, Liselotte Spreng. Très engagée dans le mouvement pour le droit de vote des femmes, présidant même l’Association fribourgeoise pour le suffrage féminin dès 1967, elle a surtout été la première fribourgeoise élue à Berne, au Conseil national. Tout cela en 1971, quelques mois seulement après l’acceptation du suffrage féminin.

 

50 ans plus tard, nombre record de femmes en politique

Depuis 1971, le nombre de femmes actives en politique a continué d’évoluer avec un record atteint lors des dernières élections fédérales de 2019 (41,2% de femmes au Conseil national et 28,3% au Conseil des Etats). En ce qui concerne le canton de Fribourg, cette augmentation a également été visible. Par exemple pour le Grand Conseil, lors de mon arrivée en 2007, nous étions 24 femmes à siéger sur 110 membres. Un chiffre qui a ensuite chuté à 21 en 2011, pour remonter à 33 lors des dernières élections en 2016, ce qui représente 30% de l’ensemble de la députation. Les prochaines élections auront lieu en novembre 2021 et il semble très probable que ce pourcentage augmente encore. Plus d’informations au sujet de la représentation des femmes dans la politique fribourgeoise sont disponibles dans la brochure ci-dessous:

 

Bureau de l’égalité hommes-femmes (BEF) – Femmes et politique dans le canton de Fribourg 1971-2018

 

Bien entendu, si cette évolution durant les 50 dernières années est réjouissante, elle reste relativement lente et du chemin doit encore être parcouru pour renforcer la présence des femmes dans les milieux politiques, là où se prennent les décisions qui façonnent notre avenir.

 

Être une femme peut ouvrir des portes

Nous avons tendance à considérer le statut de femme comme un frein, que ce soit dans une carrière professionnelle ou en politique. Mais cela peut aussi être une opportunité qui offre des perspectives, par exemple quand le renforcement de la présence féminine est souhaité dans certains milieux. Lorsque cela arrive, il ne faut pas hésiter à saisir cette opportunité. De mon côté, au sortir de mes études, en 1995, ma première fonction publique accessoire a été celle de juge assesseur auprès du Tribunal d’arrondissement de la Glâne puis de la Gruyère. A ce moment-là, c’est sans doute le fait d’être une femme, en plus de ma formation de juriste, qui m’a ouvert cette porte.

 

Que ce soit dans la vie politique, économique ou associative, des occasions sont offertes aux femmes de s’engager pour influencer l’évolution de notre société.

 

Autre exemple personnel, j’ai fait mes premiers pas en politique en 2007 en adhérant à un parti et en étant élue quelques mois plus tard au Grand Conseil et ce, sans aucune expérience politique préalable. Afin de donner suite aux sollicitations, j’ai saisi cette occasion de m’investir au profit de la collectivité. J’estime avoir eu beaucoup de chance d’accéder rapidement à cette fonction politique et mon statut de femme active au sein des milieux économiques n’y est certainement pas étranger.

 

Une évolution encourageante dans l’économie

Et justement, dans les milieux économiques, où en est-on ? En tant que Directrice d’une Fédération Patronale et Economique, je suis avec intérêt l’évolution de la représentation des femmes dans les fonctions dirigeantes. C’est donc avec satisfaction que j’ai pris connaissance en mars dernier des résultats du schillingreport, qui étudie chaque année la composition des directions et conseils d’administration des cent employeurs suisses les plus importants, ainsi que les cadres supérieurs du secteur public, sous l’angle de la diversité des genres. Les résultats 2021 sont encourageants, avec des pourcentages encore jamais atteints jusqu’à présent.

 

Ainsi, dans les directions, la proportion de femmes a augmenté pour la première fois de trois points de pourcentage (+30%), passant de 10% à 13%. Dans le secteur public, le nombre de cadres supérieures se monte même à 21%. Et la proportion de femmes nouvellement nommées au sein des directions n’a jamais été aussi importante, se montant à 26% en 2020, soit un poste vacant sur quatre. Parallèlement, dans les conseils d’administration, la proportion de femmes a aussi atteint son niveau le plus élevé avec 24%. Sur la base de ces résultats, le constat de Schillingreport est réjouissant : « Après une longue phase de sensibilisation à la diversité des genres, la plupart des entreprises ont maintenant pris conscience des enjeux ».

 

En 2020, parmi les cent plus grands employeurs en Suisse, un poste de direction vacant sur quatre a été attribué à une femme, un taux qui n’avait encore jamais été atteint.

 

Les femmes doivent saisir les opportunités et prendre leur place

Il est ainsi satisfaisant de voir que l’évolution va dans le bon sens, avec des augmentations significatives ces derniers temps. Des pionnières nous ont ouvert la voie. Nul doute que cette tendance va se poursuivre ces prochaines années, avec plus de femmes à la fois dans les postes dirigeants des entreprises, mais également engagées en politique. De mon côté, j’encourage toutes les femmes intéressées à oser, à prendre des risques et à se faire confiance. Nous avons encore trop tendance à nous mettre nous-mêmes des barrières, en pensant que d’autres personnes sont plus aptes que nous. Il nous appartient de faire évoluer cet état d’esprit, d’être réceptives et de saisir les opportunités qui se présentent. Car, que ce soit dans la vie politique, économique ou associative, des possibilités sont offertes aux femmes de s’engager pour participer activement à l’évolution de notre société.

 

La formation continue : une alliée essentielle

De nos jours, le marché du travail, et plus généralement la société, subissent de fortes transformations, notamment en raison des nouvelles technologies, mais aussi de notre rapport à la vie professionnelle. Ainsi, le temps où nous apprenions un métier pour toute notre vie semble révolu. Dans ce contexte en mutation, la formation tient un rôle fondamental, que ce soit celle de base, qui est essentielle et en règle générale de qualité, mais également la formation continue, qui doit être encouragée. Petit aperçu de la situation actuelle avec l’exemple du canton de Fribourg, qui peut encore améliorer son offre.

 

Un rempart face au manque de main d’œuvre qualifiée

Il n’y a pas si longtemps encore, la vie professionnelle était relativement linéaire, avec un métier appris à la sortie d’école et exercé durant toute sa vie. Avec les avancées technologiques, mais également les changements sociétaux, cette vision du travail s’est modifiée, devenant de moins en moins souvent la norme. Pour accompagner cette évolution et s’y adapter, la formation continue constitue une alliée de taille qui doit être encouragée, par les employeurs et les pouvoirs publics.

 

Le temps où nous apprenions un métier pour toute notre vie semble révolu.

 

Les changements technologiques et sociétaux ne sont pas les seuls leviers qui poussent au développement des formations continues pour adultes. J’ai déjà abordé ce sujet dans l’un de mes précédents articles, le manque de main d’œuvre qualifiée est une réelle problématique actuelle, qui ne va faire que s’amplifier dans les années à venir. Il est certain que la formation, de base et continue, est l’une des solutions à cet enjeu important pour notre économie.

 

Employeurs et employés sont bénéficiaires de la formation continue

Grâce à la formation continue, les professionnels peuvent atteindre différents buts, selon leurs objectifs et perspectives professionnels. Tout d’abord, elle leur permet de rester à jour dans leur poste actuel. En effet, avec l’avancée des nouvelles technologies, un métier peut fortement évoluer en très peu de temps, il est donc important de se maintenir à la page pour ne pas être dépassé. Pour aller plus loin, la formation continue est une alliée indéniable pour tous les professionnels qui souhaitent évoluer dans leur emploi et/ou leur entreprise, afin de viser des postes à responsabilité ou plus spécialisés. Enfin, elle est également incontournable pour quiconque souhaite se réorienter en cours de carrière, que ce soit par envie ou par nécessité. De nouveaux métiers émergeant sans cesse, ce dernier objectif ne doit pas être sous-estimé, car la formation de base ne suffit pas toujours à combler les nouveaux besoins des entreprises. En effet, selon une étude publiée par Dell et l’Institut pour le futur, un think tank californien, 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore.

 

« Selon une étude publiée par Dell et l’Institut pour le futur, 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore. »

 

S’il est clair à travers ces trois exemples que la formation continue apporte de nombreux avantages et plus-values aux employés, c’est également le cas pour les employeurs. Ces derniers bénéficient en effet des nouvelles compétences acquises par leurs collaborateurs et collaboratrices, ainsi que de personnes plus qualifiées sur le marché de l’emploi. Nous sommes donc face à une responsabilité partagée entre les employés, qui sont appelés à se former tout au long de leur vie professionnelle afin de rester compétitifs, et des employeurs, qui doivent pouvoir compter sur des collaborateurs qualifiés et compétents.

 

Les adultes aussi peuvent bénéficier de conseil de carrière

Si les atouts de la formation continue sont indéniables, encore faut-il savoir vers qui se tourner pour obtenir des renseignements et conseils sur les différentes possibilités de cours, de débouchés, de point de situation sur leur carrière, ou encore de réorientations. Si les centres d’orientation professionnelle sont bien connus auprès des jeunes en fin de scolarité, le rôle des centres de carrière pour le soutien à la formation des adultes l’est beaucoup moins. Pourtant, ce volet de leurs activités existe bel et bien et devrait être renforcé de manière significative, afin de devenir une référence auprès des collaborateurs souhaitant se former.

 

La formation continue constitue une alliée de taille qui doit être encouragée.

 

Le canton de Fribourg peut faire mieux

Prenons comme exemple concret la situation dans le canton de Fribourg. Actuellement, le Service d’orientation professionnelle et de la formation d’adultes (SOPFA) est à disposition de l’ensemble de la population pour fournir de tels renseignements. Cependant, depuis quelques temps, la demande dépasse les ressources disponibles, créant des temps d’attente bien trop longs pour obtenir le suivi recherché. Bien que le conseil de carrière aux adultes soit encore peu connu du grand public, la tendance ne faiblit pas, créant un engorgement bien réel auquel il est important de remédier.

 

Pour répondre à cette problématique, le SOPFA a établi, il y a quelques temps déjà, une stratégie visant à développer deux centres de conseil aux adultes, l’un à Bulle et l’autre à Fribourg, avec un lieu spécifique dédié, du personnel et des prestations pointues. Même s’il est compréhensible que de telles démarches prennent du temps, il devient aujourd’hui urgent de passer à la concrétisation de ce projet.

 

Les prochaines années seront peut-être décisives, car le Secrétariat d’Etat à la Formation, à la Recherche et à l’Innovation (SEFRI) a prévu de mettre des moyens à disposition pour tous les cantons pour la période 2021-2024, ce qui permettra à pratiquement tous les cantons romands, y compris Fribourg, de mettre en place les structures nécessaires. Et de prendre exemple sur d’autres cantons, comme celui de Berne, qui ont développé des concepts aboutis de centres modernes, attrayants et digitaux qui sont efficaces et rencontrent un vif succès auprès du public cible. Les solutions existent donc, reste encore à les appliquer grâce à une volonté politique qui doit prendre conscience de ces enjeux.

Le plan de relance fribourgeois est-il suffisant?

Début septembre, Fribourg a été le premier canton romand à présenter un plan de relance pour soutenir directement l’économie et les citoyens, ainsi que pour renforcer la compétitivité face à la crise du coronavirus. Doté d’un montant de 50 millions de francs, auquel s’ajoutent 60 millions de baisses fiscales en faveur des personnes physiques afin d’augmenter le pouvoir d’achat des Fribourgeois et d’encourager la consommation, ce plan prévoit 25 mesures et doit être validé par le Grand Conseil en octobre. Visant à soutenir de nombreux domaines différents, ce plan donne lieu à discussion, mais il a au moins le mérite d’exister.

 

Le premier plan de relance en Suisse romande

En présentant son plan de relance début septembre, le canton de Fribourg a fait office de pionnier. Doté d’une enveloppe de 50 millions de francs à répartir dans 25 mesures, ce plan vient compléter les mesures d’urgences mises en place par le Conseil d’Etat, telles que le soutien aux baux commerciaux et les bons d’achat Kariyon, et pourrait ne constituer qu’un premier pas, la crise étant malheureusement loin d’être terminée.

 

L’une des particularités de ce plan est d’englober de nombreux secteurs, avec comme objectif d’éviter les faillites et de conserver les emplois en maintenant la compétitivité du canton. Construction, recherche et développement, formation, durabilité, digitalisation, consommation, agriculture, tourisme, commerce local, sport et culture, voici autant de domaines qui seront concernés par l’enveloppe de l’Etat fribourgeois.

 

La digitalisation est l’un des domaines soutenus par le Conseil d’Etat fribourgeois dans son plan de relance.

 

Des questions importantes à se poser

Il est évident que la crise que nous vivons actuellement est extraordinaire, notamment car elle touche pratiquement tous les secteurs de notre économie, ce qui peut rendre la mise en place d’un plan de relance plutôt compliquée. Quels domaines soutenir ? Pour quels montants ? Durant quelle période ? De plus, les cantons doivent également veiller et parfois attendre sur ce qui se décide au plan fédéral, pour compléter leurs propres mesures le cas échéant.

 

Le Conseil d’Etat fribourgeois a fait un choix et a privilégié un plan large, en répartissant le montant total entre plusieurs secteurs différents. Plusieurs voix se sont élevées en soulevant le fait que le plan de relance risque de manquer d’efficacité, car les mesures sont trop dispersées pour être payantes. D’autres se plaignent de l’absence de certains axes ou de l’insuffisance des moyens alloués. Difficile donc de satisfaire tout le monde et de décider quels domaines doivent être soutenus ou non.

 

Un plan de relance encore un peu timide

RTS, Le 12h30, 07.09.20, “Le plan de relance économique du canton de Fribourg: Interview d’Olivier Curty”

Si ce plan de relance est un bon début, permettant de préserver les emplois et la compétitivité du canton de Fribourg, il reste cependant encore un peu timide. La crise économique n’étant de loin pas terminée, il doit en effet plutôt être vu comme une première base, plutôt que comme une fin en soi. Car le montant avancé de 50 millions ne représente finalement que 0,3% du PIB cantonal.

 

En plus du montant engagé, la répartition de l’enveloppe est sujette à discussions aux yeux de certains. Dans le secteur de la construction par exemple, des investissements devant de toute façon être réalisés par le Conseil d’Etat, la question se pose de savoir s’il s’agit de fait d’un plan de relance. A priori, l’objectif est louable d’accélérer les investissements étatiques avec des mesures pragmatiques et efficaces qui peuvent être mises en œuvre très rapidement. Relevons d’autres éléments positifs dans les mesures annoncées, notamment les aides à la recherche et développement, à l’innovation, à la digitalisation et à la formation qui serviront à façonner le futur des entreprises, même au-delà de la crise. Ces secteurs sont des axes essentiels pour la compétitivité du canton.

 

Les cas de rigueur ne doivent pas être oubliés

Montants assez élevés ou non, mesures trop larges ou pas assez, il faudra probablement un recul de plusieurs mois pour évaluer si le plan de relance fribourgeois est le bon pour soutenir l’économie et les citoyens. Cependant, une remarque qui peut déjà être faite avec certitude est qu’il ne faut pas oublier en parallèle, ce sont les cas de rigueur.

 

Le Conseil d’Etat n’a pas encore proposé les mesures qu’il envisage pour venir en aide aux secteurs précis qui souffrent particulièrement de la crise, car il est dans l’attente de décisions fédérales. Une solution consiste à réaffecter une partie des aides d’urgence non-utilisées pour soutenir ces cas de rigueur avec un montant significatif à disposition du Conseil d’Etat. Ces mesures sont attendues avec impatience et ne doivent pas trop tarder pour éviter de mettre les entreprises concernées dans des situations insurmontables. Il revient également au Grand Conseil de se prononcer à ce sujet en octobre.

 

Le Conseil d’Etat n’a pas encore proposé les mesures qu’il envisage pour venir en aide aux secteurs précis qui souffrent particulièrement de la crise.

 

Dans tous les cas, même si ce plan de relance n’est pas la panacée et qu’il est certainement perfectible, il a au moins le mérite d’exister. Cela dit, aucun plan de relance décrété par la politique ne sera aussi efficace et pérenne qu’une prise de conscience collective, responsable et durable. Nous pouvons tous sciemment y contribuer en investissant, en achetant, en consommant local et en utilisant notre pouvoir d’achat prioritairement dans notre région. A nous de jouer, car nous avons entre nos mains le meilleur plan de relance possible.

Les coulisses de la crise au sein d’une fédération patronale

La crise du coronavirus a bouleversé le quotidien des entreprises, tous secteurs confondus. Les fédérations patronales et associations faîtières n’ont pas fait exception. Pour informer, soutenir et indemniser leurs membres le plus rapidement possible, elles ont dû faire preuve de réactivité et de capacité d’adaptation. Comme exemple, voici le retour d’expérience de ces derniers mois à la FPE-CIGA à Bulle.

 

Un relais politique pour toutes les entreprises

Face à une crise telle que le coronavirus, les fédérations patronales se doivent de défendre les intérêts de leurs membres, quelles que soient la taille et les activités de ces entreprises. Chaque Fédération est en contact direct avec les autorités de son canton, auprès desquelles elle intervient activement pour demander des solutions pour les entreprises, et elle est le relai de ces inquiétudes sur le plan fédéral. Pour la FPE-CIGA, cela s’est traduit par des discussions avec la Direction de l’économie et de l’emploi de Fribourg afin de rapporter les préoccupations de nos membres. Nous avons également fait remonter les problèmes concrets rencontrés par les entreprises à nos organisations faîtières, leur demandant d’intervenir auprès du Conseil fédéral.

 

L’importance de la communication digitale

Au pic de la crise sanitaire, le flux d’informations liées au coronavirus était continu, avec de nouvelles mesures et instructions – fédérales ou cantonales – presque quotidiennes. Ce n’était pas simple pour les entreprises de s’y retrouver. Les fédérations patronales ont joué un rôle de soutien important pour leurs membres, triant les informations pour les rendre claires et concises. Si les permanences téléphoniques ont été largement sollicitées par les affiliés, un autre levier a démontré toute son importance : la communication digitale. Elle a constitué un allié de taille durant cette crise, permettant une réactivité et une régularité essentielles dans la transmission d’informations.

Nombre d’entreprises ont dû améliorer leur présence digitale durant cette période.

À la FPE-CIGA par exemple, le coronavirus nous a forcés à accélérer quelque peu nos dispositifs de communication digitale. Nous avons ainsi rapidement mis en place une page spéciale sur notre site internet et multiplié les newsletters informatives ainsi que les publications sur les réseaux sociaux. Nombre d’entreprises ont également dû améliorer leur présence digitale durant cette période et ont découvert des manières de communiquer qui pourront être perpétuées au-delà de la crise.

 

Un défi pour le service juridique

En dehors de la communication, le service juridique a été particulièrement sollicité par les entreprises durant ces mois d’incertitude. Les questions et situations entraînées par le coronavirus n’étant encore jamais arrivées auparavant, les réponses n’étaient pas toujours évidentes et beaucoup de cas complexes ont été soumis. Nombre d’entreprises se sont tournées vers les fédérations patronales et leurs services juridiques pour poser leurs questions, permettant également de décharger les hotlines spécifiques mises en place par le canton. Nos juristes ont œuvré rapidement pour soutenir concrètement nos membres, faisant également face à des questions pour lesquelles il fallait se référer aux ordonnances fédérales et directives qui évoluaient constamment.

 

La mise en place des APG COVID-19

Il a fallu répondre sans délai aux indépendants et entreprises qui se renseignaient sur les démarches à entreprendre.

Les Caisses de compensation, comme la CIGA à Bulle, ont aussi dû relever de nombreux défis durant ces derniers mois, avec la mise en place rapide de nouvelles mesures de soutien, notamment les allocations pour perte de gain (APG) COVID-19. Durant la crise, il a été courant que le Conseil fédéral fasse des annonces de mesures économiques le vendredi après-midi. Les formulaires et informations pour ces aides émanant de la Confédération devaient ensuite être disponibles et fonctionnels dès le lundi matin, afin de répondre sans délai aux indépendants et entreprises qui se renseignaient sur les démarches à entreprendre. À la CIGA, cette rapidité a demandé un grand effort logistique et organisationnel, avec la constitution d’une équipe dévolue aux APG COVID-19 pour traiter les nombreuses demandes des affiliés et surtout pour que ces derniers puissent être indemnisés au plus vite.

 

Télétravail et retour au bureau

En tant qu’entreprise privée, la FPE-CIGA a elle aussi été impactée directement par la crise, une partie de nos activités étant de gérer des mandats de gestion d’associations professionnelles et économiques et de manifestations de grande ampleur. L’annulation des événements a chamboulé le quotidien de nos activités, comme cela a été le cas pour de nombreuses entreprises, nous forçant à prendre des dispositions internes dans l’intérêt de nos collaborateurs.

 

Durant cette période, le télétravail et les visioconférences ont été de mise pour les activités quotidiennes de la FPE-CIGA. Ces pratiques n’étant pas totalement en place dans nos services avant la crise, elles ont dû être intégrées à une vitesse record dans le secteur des assurances sociales qui, au premier abord, ne s’y prêtait pas vraiment. Ces nouvelles pratiques vont très certainement trouver une place plus importante dans le monde professionnel après la crise, modifiant durablement nos habitudes.

Il faut disposer de structures d’accueil performantes pour que l’économie puisse fonctionner normalement.

Depuis le 11 mai, tous les collaborateurs et collaboratrices sont de retour dans les locaux de la FPE-CIGA, avec les mesures d’hygiène et de distance nécessaires mises en place. Cela n’a été possible qu’avec la réouverture des écoles et des crèches, ce qui démontre toute l’importance de disposer de structures d’accueil performantes si nous souhaitons que l’économie puisse se remettre en marche et fonctionner normalement. Il s’agit de l’un des sujets mis en lumière par la crise et qui devra trouver une réponse politique forte et convaincante, dans l’intérêt des familles et de l’économie.