Que choisir: les deux carrés de chocolat ou la plaque entière?

4% d’intérêt en 2022 pour Groupe Mutuel Prévoyance-GMP

En psychologie, il a été démontré qu’un enfant à qui l’on offre le choix entre deux carrés de chocolat immédiatement ou la plaque entière dix minutes plus tard choisit invariablement la première option. En prévoyance professionnelle, la problématique est un peu différente, parce que la plaque entière sera distribuée tôt ou tard. Mais, en fin d’année 2021, le défi posé aux conseils de fondation portait sur le nombre de carrés à distribuer immédiatement ou à conserver dans le garde-manger, en prévision de temps peut-être un peu plus durs, pour l’année en cours ou la suivante. Explications.

2021, encore une année hors norme!

En 2021, alors que la population souffrait des mesures contraignantes auxquelles elle était soumise périodiquement et que certains petits commerces préféraient cesser toute activité, les marchés boursiers s’envolaient encore une fois vers des sommets jamais atteints.

C’est dans ce contexte de niveau record des marchés – le SMI a largement dépassé les 12’000 points en fin d’année – et d’une inflation naissante dont on ne sait encore pas grand-chose à moyen terme, qu’il fallait décider de la part du revenu 2021 à attribuer immédiatement sur les comptes individuels des assurés du 2ème pilier.

Différentes stratégies suivies par les caisses

Les caisses de pension ont ainsi poursuivi différentes stratégies. Il y a d’une part celles dont la situation imposait de toute manière une correction des paramètres techniques et la reconstitution des réserves en priorité. Et d’autre part il y a celles qui ont décidé, en priorité, de distribuer des taux d’intérêt élevés à leurs assurés. Dans tous les cas, les assurés profitent des excellents exercices du 2ème pilier. Cela que ce soit à court terme par l’intérêt supplémentaire attribué, ou alors à long terme, quand une partie des profits est allouée au renforcement des réserves et provisions.

Dans le test psychologique du chocolat, cette seconde solution correspond à la plaque entière, mais un peu plus tard.

La vision à long terme offre une garantie supplémentaire de sécurité. Lorsque l’objectif de réserve de fluctuation de valeur est couvert à 100%, la fondation est mieux armée pour supporter les variations des marchés. De la sorte, elle protège mieux ses assurés et les entreprises affiliées en les préservant d’une problématique d’assainissement en cas de difficultés.

Fin 2021, les différentes caisses de pension communes et collectives – qui regroupent un grand nombre de PME sans lien direct entre elles – ont choisi diverses voies. L’observation du marché donne ainsi une vaste palette de taux, le dilemme restant inchangé : favoriser à court terme la rémunération des assurés ou conserver une solide capacité de risques pour la caisse de pension.

Situation financière totalement saine

Dans ce contexte, le conseil de fondation de Groupe Mutuel Prévoyance-GMP avait l’avantage de disposer dès le départ d’une situation financière totalement saine, avec des paramètres techniques à jour, un taux technique de 1,5% et une réserve de fluctuation de valeur complètement dotée. Sans parler, au surplus, de son excellent ratio entre actifs et rentiers, de l’ordre de 1 rentier pour 17 actifs.

Le conseil de fondation de GMP a ainsi décidé de servir un intérêt de 4% sur les comptes d’épargne des assurés en 2022 tout en conservant un degré de couverture élevé. Les assurés bénéficieront donc toujours d’une rémunération de leurs avoirs de vieillesse parmi les plus élevées du 2ème pilier.

On peut dire qu’ils reçoivent ainsi plusieurs carrés de chocolat immédiatement et la plaque entière à brève échéance!

 

L’experte de ce blog – Marlène Rast

En possession d’un bachelor en économie et d’un Executive MBA en management, Marlène Rast veille sur les activités de prévoyance professionnelle du Groupe Mutuel depuis 1994. Entourée d’une vingtaine de collaborateurs spécialisés dans le 2ème pilier, elle gère des caisses de pension d’entreprise ou de corporation de droit public, ainsi que la fondation collective du Groupe Mutuel qui regroupe 2’700 employeurs situés dans toute la Suisse.

Et si, pour une fois, je lisais bien mon certificat de prévoyance?

Le premier trimestre de chaque année correspond traditionnellement à la période d’établissement des certificats individuels du 2ème pilier. Habituellement, à réception de ce document, je jette un rapide coup d’œil à la rubrique d’épargne accumulée sur mon compte au 1er janvier, avant de mesurer l’ampleur de l’écart jusqu’à la somme prévue pour ma retraite. Puis, me disant que « tout peut changer d’ici-là », je classe ce document, pour l’oublier définitivement jusqu’à l’année suivante. Pratiquez-vous comme moi?

 

Chaque donnée est importante

L’état du compte d’épargne constitue probablement la donnée la plus consultée. Le certificat contient l’indication au 1er janvier, les bonifications d’épargne de l’année en cours et les intérêts crédités durant l’année. La mention du taux d’intérêt est pertinente, elle vous permet de vérifier si le rendement offert par votre caisse de pension dépasse le 1% défini par le minimum LPP et d’évaluer les opportunités ainsi offertes.

Une période propice aux rachats pour améliorer sa prévoyance

En 2020, malgré le contexte économique morose, les marchés boursiers ont offert des rendements appréciables aux caisses de pension et des attributions d’intérêts intéressantes ont pu être faites. Par exemple, avec un taux d’intérêt de 3% dans le 2ème pilier, il existe un avantage non négligeable à transformer l’épargne traditionnelle d’un compte bancaire en un rachat sur le compte de prévoyance.

La rubrique relative à l’état des comptes informe également sur la part minimum LPP inclue dans l’avoir total, ainsi que sur les bonifications annuelles. Un écart important entre ces deux chiffres démontre la générosité du plan de prévoyance auquel l’entreprise a souscrit.

Dans le même ordre d’idée, le financement permet de vérifier la répartition des cotisations entre l’employeur et ses employés. Dans le 2ème pilier, les salariés participent aux décisions par l’intermédiaire de la commission LPP de l’entreprise, composée du même nombre de représentants des employés et de l’employeur. Les membres de cette commission doivent être connus et sont en principe mentionnés sur le certificat de prévoyance.

 

Les prestations assurées

Le certificat contient également des informations sur les prestations d’invalidité et de décès, aussi bien au niveau de la somme assurée que des différents délais d’attente. Les règles relatives à la coordination entre les assurances sociales prévoient que les prestations cumulées ne doivent pas dépasser 90% du gain perdu.

De ce fait, les prestations d’invalidité et de décès du 2ème pilier sont ajoutées aux rentes de l’assurance invalidité ou survivant dans le cas où le sinistre est lié maladie. En cas d’accident, l’assurance selon la LAA intervient aux côtés du 1er pilier, alors que le 2ème pilier n’intervient que de manière subsidiaire et limitée au minimum LPP.

Enfin, le certificat de prévoyance mentionne de nombreuses informations supplémentaires dont il faut vérifier l’exactitude. La date de naissance, par exemple, peut être erronée en raison d’une simple erreur de saisie, mais elle conditionne de nombreux calculs, dont celui des prestations de retraite. Il est donc utile de faire rectifier sans tarder toute erreur constatée.

Une explication supplémentaire?

La configuration des caisses de pension est vaste et diverse. Dans tous les cas, vous trouverez un gestionnaire au sein même de votre caisse de pension qui pourra soit vous renseigner directement soit vous fournir les coordonnées de la personne la plus à même de vous expliquer vos couvertures de prévoyance.

N’hésitez pas, de temps en temps, à faire appel à des conseils éclairés, ils vous permettront non seulement de comprendre mais peut-être d’améliorer votre situation.

 

L’experte de ce Blog – Marlène Rast

En possession d’un bachelor en économie et d’un Executive MBA en management, Marlène Rast veille sur les activités de prévoyance professionnelle du Groupe Mutuel depuis 1994. Entourée d’une vingtaine de collaborateurs spécialisés dans le 2ème pilier, elle gère des caisses de pension d’entreprise ou de corporation de droit public, ainsi que la fondation collective du Groupe Mutuel qui regroupe 2’700 employeurs situés dans toute la Suisse.

Réussir sa stratégie de placement en 2020

En mars 2020, les marchés s’effondrent puis se reprennent progressivement. Comment une caisse de pension peut-elle conduire ses investissements alors que tous les signaux de l’activité sont au rouge ?

Quel choc! En à peine un mois, entre fin février et fin mars 2020, le Swiss Market Index a perdu plus de 27% et l’indice des fonds immobiliers suisses 20%! Même l’indice des obligations en francs suisses n’a pas pu se targuer d’être une valeur refuge puisque celui-ci a vu sa valeur se déprécier de 6%.

Pourtant, tout semblait aller bien. L’année 2019 avait apporté son lot de bonnes surprises, et en début 2020 les marchés continuaient sur leur lancée. Les taux bas semblaient démontrer que les alternatives se limitaient aux actions, cotées ou privées, ainsi qu’à l’immobilier.

Certains signes de surchauffe, que l’on pouvait éviter de voir en se cachant les yeux, étaient toutefois déjà présents en fin d’année dernière: une tendance régulière à l’abaissement des ratings obligataires, la poursuite du soutien des banques centrales et la valorisation des marchés, pour n’en citer que quelques-uns.

Le casse-tête des placements du 2ème pilier en période de Covid-19

La nature du choc vécu cette année n’était évidemment pas prévisible. Une caisse de pension se doit pourtant d’essayer de l’atténuer, en adoptant une politique anticyclique. Après une année extraordinaire en termes de résultats, Groupe Mutuel Prévoyance a abordé le nouvel exercice avec une sous-pondération en actifs risqués et une attribution supplémentaire à sa réserve de fluctuation de valeur. L’endettement des entreprises étant déjà très élevé, une attention particulière a été portée sur les débiteurs obligataires et sur les sociétés cotées avec une situation bilancielle faible.

Les expériences passées ont démontré que lorsque les signaux d’activité sont au rouge et que la panique s’installe, il est trop tard pour réagir. Durant ces périodes, les seules réactions positives sont une politique d’information claire envers le Conseil de Fondation et le maintien de la feuille de route que constitue la stratégie de placement.

Voir en chaque crise une opportunité

La situation actuelle, malgré la reprise de tous les types d’actifs, n’est pas rassurante. Le cocktail «baisse des entrées fiscales – augmentation de l’endettement» ne laisse pas entrevoir un avenir radieux à court terme. Pourtant, le train semble changer de locomotive et certaines petites révolutions nous poussent à envisager prudemment la lumière au bout du tunnel:

  • création de nouvelles chaînes de valeurs
  • adaptation des entreprises existantes
  • décisions sur la politique climatique
  • bond technologique en rapport avec la santé
  • essort de la communication digitale
  • utilisation rationnelle de l’énergie
  • renouvellement d’infrastructures obsolètes
  • approche plus humaniste de la globalisation

Comme chaque crise nous l’a démontré par le passé, cette année particulière est fertile en opportunités. L’art de la prévoyance constitue alors à savoir les saisir, les intégrer et les accompagner tout au long de leur évolution.

 

L’expert de ce blog – Gérald Mayoraz

Après avoir travaillé à Genève, Zurich et Toronto dans le domaine bancaire de l’asset management, Gérald Mayoraz est revenu dans son Valais natal. Titulaire d’un diplôme fédéral d’analyste financier et de gestionnaire de fortune, il est actuellement CIO au sein du Groupe Mutuel. A ce titre, il conduit le département de gestion des capitaux de l’entreprise.