Les brevets et diplômes fédéraux, des incubateurs d’excellents cadres pour les entreprises

Alors que l’on ne cesse, à juste titre, de dire que l’on doit revaloriser la formation professionnelle, n’oublions pas de dire que grâce aux titres de brevets et diplômes fédéraux qui y sont directement rattachés, c’est une des meilleures filières pour occuper une fonction de cadre dans l’économie.

Les brevets et diplômes fédéraux sont certainement les titres de la formation supérieure les plus ancrés dans la tradition de formation helvétique, juste après le CFC. Une récente enquête 2019 de la Confédération démontre que ces parcours de formation, sanctionnés par un examen fédéral, s’adressent avant tout aux personnes exerçant une activité professionnelle. 98% des personnes en formation se trouvent déjà sur le marché du travail, avec un taux de chômage de 0,8%, autant dire le plein emploi.  Toutes ces personnes, hommes et femmes ont pour objectif de développer leur carrière professionnelle afin d’occuper un poste de cadre, quel que soit le secteur d’activité. Pour l’immense majorité (plus de 90%) ces personnes travaillent à plein temps.

En toute logique, la presque totalité des candidats entament une formation supérieure dans leur domaine d’activité, ce qui correspond bien à leur projet professionnel de progresser en responsabilités. Au sortir de la formation 2/3 des personnes ayant obtenu un brevet ou un diplôme fédéral occuperont une position dirigeante. On doit se réjouir que ce cursus de formation qui permet à des détenteurs de CFC ou de maturité professionnelle d’obtenir, avec quelques années de pratique, un titre de formation de niveau tertiaire B soit de même niveau qu’un bachelor universitaire (tertiaire A) permet réellement de faire de réelles carrières professionnelles.

La question que l’on est en droit de se poser est de savoir comment peuvent coexister les brevets et les diplômes avec d’autres formation dans un système de « lifelong learning ». Quelle formation peut-on faire après un diplôme fédéral pour continuer à se former en gardant un parcours cohérent en « reconnaissance » professionnelle ?  C’est toute la question des formations continues CAS-DAS-MAS ou des MBA que l’on peut aussi considérer parfois comme des concurrents aux brevets et diplômes fédéraux. Quel but visent ces formations continues ? Quelle place dans un plan de carrière ? Quel financement possible ou souhaitable ?

C’est ce que j’aborderai dans mon prochain blog.

La formation continue sous pression de la digitalisation ?

La formation continue des collaborateurs est un thème qui, depuis toujours, a été mis en avant par le monde économique  comme une nécessité, mais aussi comme un acte relevant avant tout de la responsabilité individuelle.

Cet évident souci de conserver, pour chacun, son employabilité ne se concrétise pas toujours dans les faits et la formation continue en Suisse n’est pas une réalité vécue par tous de la même façon, pour de nombreuses raisons soit personnelles soit économiques. L’arrivée sur le devant de la scène médiatique du thème de la digitalisation de l’économie et de notre société a donné une nouvelle impulsion au sujet de la formation continue, comme si on découvrait une nouveauté : « les compétences professionnelles sont vite obsolètes et il faut sans cesse les remettre à jour », avec l’adjonction désormais résolument moderne de : « sinon une IA ou un robot aura vite fait de vous remplacer ». On peut donc se réjouir que 125 employeurs représentant plus de 550’000 employés s’engagent dans le projet #LifelongLearning. Mais on devrait aussi rappeler à tous les employeurs et aux responsables RH que former un collaborateur à de nouvelles tâches coûte souvent bien moins cher que de s’en séparer pour engager une personne avec de nouvelles compétences, digitalisation ou pas.